Meilleur qualité pour la version 1981
(VOSTFR)
La légende du Joueur de flûte de Hamelin, tout le monde la connaît, après qu’elle est devenue au XIXe siècle une source d’inspiration pour les poètes et les écrivains, puis les peintres et les illustrateurs, un compositeur d’opéras en 1879, et enfin les cinéastes au siècle suivant à partir de 1903 ; nous avons tous vu un jour les films de Jacques Demy ou de Jiri Barta s’y rapportant. Il s’agit bien d’une légende, en effet, car l’histoire prend sa source dans un événement lointain et obscur du Moyen Âge germanique, dans une petite ville du duché de Brunswick-Lunebourg nommée Hameln (sans le i). Que s’y est-il passé exactement le 26 juin 1284 ? Nul ne le saura jamais, et je me garderais bien d’entrer dans le détail des différentes conjectures sur le sujet, car il est obscur à souhait et a suscité depuis deux siècles pas mal d’intérêt et même de petites controverses entre chercheurs médiévistes. Toujours est-il que 130 enfants de la vielle furent emmenés ce jour-là et que l’on ne revit jamais ; l’hypothèse qui semble avoir aujourd’hui la faveur des spécialistes est celle du départ de jeunes gens vers la Poméranie, sous l’impulsion d’un lokator, sorte de recruteur chargé d’organiser la colonisation des terres orientales. Quoiqu’il se soit passé à Hameln en 1284 le jour de la Saint-Jean-et-Paul, cela marqua fortement l’esprit des habitants qui en firent alors une sorte d’année zéro, certaines archives de la ville évoquant l’événement par le compte exact du temps écoulé depuis. On fabriqua plus tard, pour orner l’église de la place du marché (Marktkirche) un vitrail illustrant ce que l’on souhaitait ne pas oublier ; détruit par la suite, ce vitrail n’est connu que par son ekphrasis. En tout cas, que ce soit dans la première source écrite à nous être parvenue (vers 1440) ou sur le vitrail de l’église, il est bel et bien question d’un étrange jeune homme « beau et bien habillé » (bariolé sur les sources iconographiques) qui entra dans la ville et « se mit à jouer d’une flûte d’argent du plus magnifique genre », et que les enfants se mirent à suivre dans une sorte d’envoûtement. Notez qu’il n’est pas encore question des rats, ceux-ci n’intervenant que plus tard ; mais de la chronique nous sommes déjà entrés dans la légende, et c’est probablement par le croisement de cette dernière avec une autre, dont le thème aurait été l’expulsion des rats, que l’on passera durant le siècle suivant à l’élaboration de ce qui allait progressivement devenir une fable.
THE PIED PIPER OF HAMELIN 1969
Les récits de la légende commencent à se multiplier à partir du milieu du XVIe siècle, consécutivement à l’invention de l’imprimerie et à sa diffusion dans le Saint-Empire romain germanique ; on compte alors une dizaine de sources datant de cette époque, parmi lesquelles la chronique du comte von Zimmern (vers 1560) est la première à mentionner les rats, ainsi que la duperie dont est victime le mystérieux joueur de flûte à qui l’on refuse de donner la récompense promise. L’adjonction de cet épisode de dératisation, qui sera désormais indissociable de la légende, fait prendre à celle-ci deux tournants décisifs : d’une part une discrète irruption du surnaturel, les rats n’étant pas connus pour être sensibles à la musique, et d’autre part le basculement de la légende vers la fable, puisque la relation de causalité entre les deux épisodes du récit ouvre la voie à une morale que ne formule pas encore tout à fait explicitement Zimmern mais qui viendra plus tard au XIXe siècle conclure les formulations plus littéraires. Une remarque importante au sujet de cette apparition des rats : on a donc d’une part le fait que l’histoire met désormais un pied dans un domaine fantastique situé aux confins de l’étrange, et d’autre part une ambiance très trouble qui naît de l’attitude de cet inquiétant joueur de flûte, dont la vengeance cauchemardesque et disproportionnée entame un des plus forts tabous de la société, le meurtre des enfants. Or ces deux éléments conjugués me semblent clairement placer cette légende parmi les précurseurs de la fameuse « inquiétante étrangeté » que formalisera un jour Freud sur la base d’un conte d’Hoffmann. Encore des Teutons, tiens donc… je vous invite d’ailleurs à aller voir de quel terme allemand l’inquiétante étrangeté est la traduction, ça vous rappellera quelqu’un. Bref, pour en revenir au milieu du XVIe siècle, c’est de là aussi que proviennent les mentions du devenir des 130 enfants envoûtés une fois sortis de la ville : ils disparaîtront désormais dans un trou ouvert par le mystérieux flûtiste dans une montagne ou colline des environs, lieu déjà évoqué dans la source de 1440 mais avec quelques mystères sur sa nature et localisation exacte. Un autre détail venant enrichir le récit fait son apparition dans une chronique de 1553, celui de l’enfant infirme qui n’a pas été englouti et qui revient pour témoigner auprès des habitants ; ces enfants sont d’ailleurs deux à l’origine : l’un aveugle et l’autre muet. Et donc, tous les éléments sont cette fois-ci réunis pour permettre de composer une version complète et canonique de cette légende ayant pris la tournure de fable : cette synthèse sera réalisée en 1605 par Richard Verstegen, un traducteur anglais résidant aux Pays-Bas ; son texte sera également la porte d’entrée de cette légende germanique vers la culture anglo-saxonne. Et c’est de quelques années auparavant, en 1592, que remonte la première source iconographique ayant survécu jusqu’à nos jours : il s’agit d’une aquarelle d’Augustin von Moersperg inspirée par le fameux vitrail (détruit en 1660) de la Marktkirche, et que vous retrouverez dans le bonus de cet envoi ; vous noterez d’ailleurs qu’elle ne contient pas d’allusion aux rats. Pour en revenir à Verstegen, il apporte également un nouvel élément au récit avec son allusion à une possible destinée des 130 enfants après leur engloutissement au sein de la montagne, évoquant leur réapparition en Transylvanie sur la foi d’une sorte d’enquête ethnographique ; ainsi cet auteur du début du XVIIe siècle semble en accord avec les médiévistes modernes en accréditant implicitement la thèse d’une déportation de jeunes gens en vue d’une colonisation des terres orientales. Quant à savoir si je vais enfin finir par parler de cinéma : oui, je vais y venir ; mais auparavant, puisque tout va tourner autour de lui, il me faut dire quelques mots du poème de Robert Browning.
Faisons maintenant un saut de 200 ans pour arriver au début du XIXe siècle, en pleine période romantique, où la légende du Joueur de Flûte va ressurgir sous forme littéraire et entamer une réelle diffusion internationale. Bien sûr, tout commence en Allemagne : un poème de Goethe en 1803, et puis surtout une version composée par les inévitables frères Grimm en 1816, dans le cadre des Légendes allemandes. Toutefois, si les célèbres Contes de l’enfance et du foyer compilés par les deux frères rencontreront un franc succès qui dépassera largement les frontières allemandes, il n’en va pas de même pour leurs Légendes allemandes qui vont rester quant à elles relativement confidentielles, et ne seront d’ailleurs même pas traduites dans les pays anglo-saxons. En France, c’est Prosper Mérimée qui fait connaître en 1829 cette étrange histoire qui nous occupe ; dans les pays de l’Est de l’Europe, le texte des frères Grimm était connu, mais on verra naître un siècle plus tard en 1915 sous la plume de l’écrivain tchèque Viktor Dyk une version assez singulière de la légende, d’inspiration sombre et faustienne, intitulée Krysar (un titre qui dit quelque chose aux cinéphiles). Mais ce qui nous intéresse ici est la diffusion de cette histoire du Joueur de flûte dans la sphère anglo-saxonne : le texte de référence y sera écrit en 1842 par le célèbre poète anglais Robert Browning dans son recueil de poèmes Dramatic lyrics, au sein duquel The pied piper of Hamelin va connaître un énorme succès qui a perduré jusqu’à nos jours ; il va sans dire que c’est ce poème qui va inspirer au siècle suivant toutes les adaptations cinématographiques produites en Angleterre ou aux Etats-Unis. La source principale de Robert Browning est on ne peut plus claire ; il s’agit du texte de Richard Verstegen dont j’ai parlé au paragraphe précédent, et les détails communs qui en attestent sont nombreux : le conflit sur les dates (1376 au lieu de 1284), l’enfant boiteux qui revient témoigner (ils étaient généralement deux, voir plus haut), l’hypothèse d’une réémergence en Transylvanie, certaines formulations communes (« do his worst »), etc. Il est possible par ailleurs que Robert Browning ait eu connaissance de la version des frères Grimm, étant donné qu’il avait voyagé en Allemagne durant l’année 1834. Regorgeant de jeux de mots plaisants et de métaphores amusantes, ce long et beau poème sur la légende du Joueur de flûte est vite devenu un grand classique de la littérature enfantine ; Browning l’aurait d’ailleurs écrit pour distraire le petit garçon malade d’un de ses amis, et il conclue le texte par une morale explicite qui déplace la légende du côté de la fable. Le nom de la ville allemande – Hameln – étant difficilement prononçable pour les non-germaniques, il semble que ce soit le poète anglais qui ait pris l’initiative de lui intercaler un « i », à la fois pour en faciliter l’élocution mais aussi car cela lui procurait une rime adéquate vers le début du texte. Les deux premiers films que je vous propose ce mercredi sont des mises en image directe de The pied piper of Hamelin tel que l’a écrit Robert Browning : dans les deux cas, le texte récité par le narrateur est très exactement celui du poème de 1842. Si je prends la peine de préciser cela, c’est que je crois qu’il convient pour ces deux adaptations de se focaliser autant sur le son que sur l’image ; car si la traduction française vous fera nécessairement perdre la saveur de la belle langue poétique de Browning, la narration de la voix-off en anglais vous permettra en revanche de percevoir l’extraordinaire musicalité du poème de Browning, et ainsi de pouvoir entrevoir sa richesse littéraire. Bref, au-delà du simple fait de présenter des adaptations animées de la légende du Joueur de flûte de Hamelin, il vous faut voir davantage ma proposition de cette semaine – dont vous aurez la suite la semaine prochaine – comme plus précisément relative à des adaptations du poème de Robert Browning. Bref, en d’autres termes, mieux vaut ne pas avoir à l’esprit Krysar de Jiri Barta ; nous sommes là dans un univers beaucoup plus enfantin, ce qui n’empêche pas à cette version plus classique d’avoir sa part d’inquiétante étrangeté, comme je l’ai déjà relevé plus haut. Et afin de se mettre davantage à hauteur d’enfant, il y a un mode d’expression cinématographique qui est à privilégier parmi tous : le film d’animation.
THE PIED PIPER OF HAMELIN 1981
NOUVEAU LIEN
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Après qu’ils se sont connus à ITV, concurrente de la BBC dans le paysage télévisuel public britannique, les animateurs (au sens vidéo) et producteurs Mark Hall et Brian Cosgrove créent en 1970 la société Stop Frame, qui renaît ensuite en 1976 sous le nom de Cosgrove Hall. Le studio produit diverses séries animées pour ITV, puis commence à se lancer en 1978 par des projets plus ambitieux de type « TV specials », c’est-à-dire des formats de téléfilms. Jusqu’ici cantonnée à l’animation 2D, Cosgrove Hall se lance en 1979 dans la production de « stop motion » avec Cinderella ; leur chef-d’œuvre viendra en 1983 avec The wind in the willows d’après Kenneth Grahame. Entre les deux, le studio va perfectionner sa technique d’animation de marionnettes en réalisant en 1981 The pied piper of Hamelin, d’après Robert Browning comme vous l’avez compris. Le film ne contient pas de dialogues proprement dits entre les personnages, et repose uniquement sur la narration du poème en voix-off confiée à Robert Hardy, un acteur de télévision peu connu par chez nous mais très célèbre outre-manche. Même s’il n’atteint pas le niveau de The wind in the wollows, il n’y a rien à redire à la qualité de ce petit film d’une demi-heure réalisé avec goût, et dont les choix visuels s’accordent au mieux au poème de Browning ; en particulier, même si elle s’adresse aux enfants, cette adaptation ne sacrifie rien au caractère inquiétant que revêt cette légende : c’est déjà beaucoup. Le second film de ce programme repose lui aussi sur le principe d’une récitation et d’une mise en image du poème de 1842 ; il s’agit là encore d’une production britannique, mais outre qu’il est antérieur à celui de Cosgrove Hall (1969), il est également d’un format beaucoup plus court et réalisé avec des moyens beaucoup plus modestes, et l’on voit bien le côté très rudimentaire de l’animation. Il m’a été difficile de trouver des informations sur cet obscur court-métrage : réalisé par un certain Allan Smith, il s’agit vraisemblablement d’un film éducatif conçu au seul usage des établissements scolaires anglais. Il semble en outre que la partie visuelle animée n’ait été conçue que dans un second temps : à l’origine, il s’agissait d’un disque vinyle du label Argo, sorti en 1968 et destiné enfants, dans lequel on entendait Peter Ustinov lire des poèmes de Robert Browning, Lewis Carroll et Hillaire Belloc ; cet enregistrement débutait par The pied piper of Hamelin, pour lequel on aurait donc conçu par la suite une mise en image. Il est évident que c’est la présence d’Ustinov au générique qui donne un attrait à ce court-métrage oublié, absent de toutes les filmographies de l’acteur que j’ai pu consulter ; mais compte tenu de ses faibles moyens, le film se montre d’une facture tout à fait acceptable. Notons qu’il existe par ailleurs de nombreux enregistrements du poème de Robert Browning par des acteurs réputés : nous venons de voir le cas de Robert Hardy et Peter Ustinov, mais des lectures de The pied piper of Hamelin furent également enregistrées avec les voix de Boris Karloff, Orson Welles, Laurence Oliver, Gene Kelly, Ingrid Bergman, Peggy Ashcroft et plus récemment par Anton Lesser et David Tennant ; cet impressionnant palmarès en dit long sur la notoriété du poème de Browning dans la culture anglo-saxonne.
Le troisième film d’animation que je vous propose est The pied piper, produit en 1933 par le studio de Walt Disney ; contrairement aux deux précédentes, cette adaptation ne fait que se baser sur le poème de Robert Browning, n’en propose pas une récitation littérale mais en fait une réinterprétation musicale qui, comme on va le voir, tend à s’éloigner quelque peu de l’original. Le film fait partie de la célèbre série des Silly Symphonies initiée par Disney à l’avènement du parlant, et dont le succès fut croissant jusqu’au point d’orgue que fut The three little pigs, sorti deux mois avant le court-métrage qui nous intéresse ici. L’année précédente (1932) avait représenté un tournant crucial pour le studio de Disney, avec d’une part le passage de la Columbia à la United Artists pour son contrat de distribution, et surtout d’autre part avec la signature d’un contrat d’exclusivité de deux ans avec la société Technicolor pour l’utilisation de son tout nouveau procédé trichrome, le premier du genre à pouvoir retranscrire à l’écran la gamme complète des couleurs. Sorti en septembre 1933, The pied piper est intéressant dans la mesure où il est parfaitement représentatif de cet aspect que je qualifierais d’artistiquement clivant des productions Disney de la grande époque : éblouissantes sur la forme, elles sont en revanche assez agaçantes sur le fond. Commençons par le premier aspect : ce petit film est une merveille technique et esthétique qui éblouit par la qualité de son animation, tout autant que par le goût de sa composition graphique – on notera en particulier le soin apporté par Ferdinand Horvarth au dessin des arrière-plans – sans oublier le travail épatant de Leigh Harline, qui composait les chansons de toutes les Silly Symphonies durant toutes ces années 30 ; il n’y a vraiment rien à redire, c’est un véritable enchantement, d’une haute qualité visuelle que la splendeur du Technicolor des premiers temps met superbement en valeur. En revanche, sur le fond, c’est une toute autre histoire… Comme il n’aura de cesse de le faire durant toute sa carrière de producteur de films pour enfants, c’est avec un acharnement méthodique que Walt Disney entreprend de gommer un à un tous les aspects troubles de son sujet ; or comme on l’a vu, la légende du Joueur de flûte n’en manquait pas, et ils étaient encore largement présents dans le poème de Browning. Il est tout à fait exaspérant de constater à quel point le célèbre producteur de dessins animés est parvenu ainsi à vider complètement le récit de toute cette inquiétante étrangeté qui en faisait toute la substance. Il est vrai que Robert Browning avait commencé lui aussi à lisser les tournures les plus sombres de l’histoire originelle, par exemple en laissant entendre c’est pour rejoindre une sorte d’Eden que les 130 enfants se retrouvent engloutis par la montagne, bien que quelques vers plus loin l’auteur anglais utilise le mot « prison » pour désigner ce supposé monde paradisiaque. Disney pousse quant à lui bien trop loin dans son film cette funeste logique d’affadissement ; ainsi les rats ne finissent plus noyés dans la Weser, mais rejoignent eux aussi leur monde paradisiaque qui prend l’aspect d’un gigantesque fromage dans lequel ils s’engouffrent avec gloutonnerie… Quant au petit garçon infirme, il n’est pas question cette fois-ci qu’il soit privé du bonheur vers lequel se précipitent les autres enfants : il finit lui aussi par entrer dans ce monde merveilleux, qui évoque ici fortement ce Pays des jouets vers lequel partait Pinocchio dans le livre de Collodi ; sauf que cette fois-ci, bien sûr, personne ne terminera transformé en baudet. Deux remarques pour finir sur ce court-métrage réalisé par Wilfred Jackson : au niveau des personnages, c’est la première fois que le studio Disney donnait une place prépondérante à des figures humaines plutôt qu’à des animaux ; le résultat fut de ce point de vue assez mitigé, notamment en ce qui concerne l’expressivité de ces personnages. Cela n’échappa pas à ceux qui travaillèrent sur le film, notamment au scénariste Ted Sears, qui eut la clairvoyance de se montrer rétrospectivement très critique à ce sujet ; or l’enjeu était important, car un an plus tard Disney allait se lancer dans la folle entreprise de Snow White and the seven dwarfs, et les équipes techniques du studio surent donc sur quel plan il allait leur falloir impérativement progresser pour réussir le pari audacieux qu’était ce projet de long-métrage. Enfin, en homme d’affaire avisé, Walt Disney savait qu’il était lucratif de viser le marché des produits dérivés, comme cela était déjà le cas pour le personnage Mickey, et depuis peu pour ses Silly Symphonies suite au succès de The three little pigs ; ainsi The pied piper eut droit dans les mois qui suivirent à sa déclinaison en jeu de société et en livre de contes.
THE PIED PIPER 1933
Non, c’est pas fini, y’a un bonus ! Comme je l’ai dit en introduction, avant d’être cinématographiques les adaptations de la légende du Joueur de flûte furent littéraires mais aussi graphiques ; c’est donc un bonus sous forme de dossier iconographique que je vous propose pour terminer. Dans ce domaine, l’œuvre qui fait autorité est la réédition du poème de Robert Browning en 1888 chez George Routledge and sons, agrémentée de 32 magnifiques illustrations réalisées par Kate Greenaway, une des grandes figures de l’illustration à l’ère victorienne. Pour restituer au mieux son superbe travail à l’aquarelle, Greenaway bénéficia en cette fin du XIXe siècle des progrès de la chromoxylographie accomplis grâce au travail du graveur Edmund Evans, spécialisé dans la reproduction des couleurs. Vous trouverez donc dans un dossier toutes ces illustrations tels qu’elles apparaissent dans l’édition originelle (ainsi que d’autres reproductions pour certaines d’entre elles) et vous pourrez ainsi par la même occasion prendre connaissance du texte de Robert Browning. Dans ce bonus, vous trouverez également, compilées pêle-mêle dans un autre dossier, un certain nombre d’autres illustrations, dessins ou peintures en lien avec la légende du Joueur de flûte, toutes datées du XIXe siècle ou bien du début du XXe, ainsi que des images canoniques que j’ai évoquées dans ma présentation, notamment l’aquarelle de 1592 et une reconstitution hypothétique du fameux vitrail détruit en 1660. Enfin, j’ai mis dans un troisième dossier trois images issues des archives Disney : ce sont des croquis, dessins ou celluloïds ayant servi à la conception de The pied piper en 1933.
LIEN regroupant les 3 versions + Bonus
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Le fichier vidéo que je vous propose pour le film de Cosgrove Hall est d’une qualité très moyenne, peut-être issu d’un enregistrement VHS ; en particulier, les couleurs délavées ne rendent malheureusement pas justice à la qualité de l’œuvre, mais l’ensemble reste néanmoins regardable. En ce qui concerne le sous-titrage, j’ai effectué une traduction du poème de Robert Browning qui empreinte pour l’essentiel à celle réalisée par J. Girardin pour une édition de 1889 intitulée Le joueur de flûte, et qui n’est autre que la version française de la fameuse édition de 1888 illustrée par Kate Greenaway ; je me suis contenté de retraduire certaines phrases qui me semblaient trop s’éloigner du texte originel, ou bien il s’agit à d’autres endroits d’adaptations que j’ai dû faire à cause des contraintes de timing imposées par le sous-titrage. Bien entendu, j’ai réemployé cette traduction pour sous-titrer le second court-métrage anglais, qui est quant à lui d’une qualité vidéo acceptable, malgré une résolution un peu faiblarde. Quant au film de Walt Disney, il s’agit d’un DVDrip de bonne qualité et qui restitue avec tout le faste qui leur est dû les superbes teintes du Technicolor trichrome ; quant au sous-titrage, je l’ai effectué par traduction directe des sous-titres anglais, avec un retiming complet, le plus soigné possible et tout et tout. Bref, je ne me fiche pas de vous, hein, ne serait-ce que parce que le Joueur de flûte de Hamelin, eh ben c’est pas du pipeau… Ouais, bon ok, j’vais m’coucher.
Un partage et une traduction de









