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(VOSTFR)
Réalisation : F.W. Murnau
Casting : George O’Brien, Janet Gaynor, Margaret Livingston
Durée : 97 min
Année : 1927
Pays : USA
Genre : Drame
Une femme de la ville, qui passe ses vacances à la campagne, séduit un fermier et le convainc de tuer son épouse. Une allégorie sur le bien, le mal, l’amour et le destin.
FAN EDIT 1927/2026 TINDERCUT
MKV HDRIP 1080p 2.72 Go VOSTFR
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On y est, dernier film programmé du cycle muet. Enfin, dernier… pour l’instant en tout cas. L’Aurore est un film qui a eu un succès essentiellement critique, d’où sa présence dans les tops des meilleurs films de l’histoire du cinéma. L’engouement du public est resté modeste, mais le film a marqué l’industrie, essentiellement par la qualité de ses efforts techniques. Un très grand soin a été apporté à la fluidité des plans, au point qu’on peut y voir un précurseur des fameux « plans séquences » modernes (à minima, des travellings sur rail) qui permettent une immersion à l’époque sans comparaisons. C’est une nouvelle démonstration de la maîtrise formelle de Murnau qui, à défaut de servir un scénario particulièrement marquant, se révèle un brillant exercice de style.
Je n’avais jamais vu L’aurore avant de me lancer dans l’aventure du remontage. Il s’agit du seul muet que j’avais prévu de remonter avant même de l’avoir vu. Décision probablement un peu étrange, mais il s’agit du troisième Murnau que je réadapte, je commence à connaître le bestiau, et surtout son perfectionnement technique tout à fait délicieux. Mais ici, je dois apporter quelques réserves. Certes, le film a une réputation irréprochable et demeure le plus connus de ce réalisateur avec son Nosferatu. Mais il faut dire que le scénario comporte des faiblesses. Il s’agit d’un drame amoureux qui prend des atours de thrillers durant ses séquences clés. Mais on tient également ici un ancêtre de ce qu’on appellera le Mélodrame. Les situations sont parfois beaucoup trop exagérées et surtout la progression émotionnelle du récit n’est pas logique. Les réactions de certains personnages principaux défient la logique, juste pour servir l’émotion que le scénario veut explorer. C’est un film qui n’ajoute des péripéties que pour ajouter de nouvelles émotions à son répertoire, sans qu’elles servent à autre chose qu’un ascenseur émotionnel. Et on les ressent, les émotions. Le film n’est pas mauvais du tout, il est même assez radical dans certaines propositions, mais il n’a pas la profondeur d’un Faust ou des films de Pabst ou Lang. C’est un drame purement divertissant. Je lui préfère personnellement la Montagne Sacrée. Mais ceci étant dit, le film est d’une beauté formidable. Toutes ses scènes sont belles, les plans séquences sont très bien conçus, l’esthétique est envoutante et sert complètement le propos dramatique qui décuple les différentes émotions. La séance est très belle, et la maestria technique a particulièrement bien fait vieillir le film.
Alors, qu’est ce qui a changé ? Rien dans les images. Comme pour la Montagne Sacrée, je me suis donné pour objectif de faire le film le plus beau possible. Il fallait arracher le cœur des spectateurs en décuplant les émotions par de la musique sublime. Pour ne pas reproduire les choix de la Montagne Sacrée, je suis plutôt allé vers le Spleen et le Jazz. La musique principale du film viendra donc de Sigur Ros. Accompagné par Darkside, Golfrapp, Yan Tiersen, Clann, Pierre Desprats et Cinematic Orchestra. Et une petite intrusion de Spiritualized. Une bande son intense et planante qui devrait vous envoûter dans un bad trip doux-amer à l’image du film. Les images ont été teintées comme sur les précédentes modernisations, avec pas mal de nuances pour laisser les contrastes du noir et blanc s’exprimer. J’ai particulièrement travaillé les incrustations sur ce film, pour avoir plusieurs types de filtres qui se superposent et ainsi obtenir une coloration d’image complexe qui a diversifié l’esthétique. Le résultat devrait vous plaire, il est magnifique. Une piste bruitage (avec beaucoup d’ASMR) complète la densité sonore pour vous immerger comme jamais dans cette nouvelle pépite du cinéma muet, qui vous fera naviguer en eaux troubles avec quelques tensions qui vous arracheront le cœur. Bon visionnage !
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VORACINEPHILE








