TWISTED PAIR

 (VO + SRT)


Réalisation : Neil Breen

Scénario : Neil Breen

Casting : Neil Breen, Sara Meritt, Siohbun Ebrahimi, Denise Bellini

Durée : 89 min

Année : 2018

Pays : USA

Genre : Science-fiction


Cale et cade, deux jumeaux identiques, vivent une vie normale à passer du temps à la plage avec leur chien jusqu’au jour où ils sont choisis par une intelligence supérieure qui les arrachent à leur famille et les transforme en humanoïdes hybrides dotés de pouvoirs. L’intelligence leur demande ensuite de combattre le mal et les démons de l’humanité. Mais Cale rate les épreuves et se fait retirer ses pouvoirs.



MKV WEBRIP 1.18 Go VO + SRT

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01 Neil Breen aime l’aigle, symbole d’une Amérique qu’il va nettoyer de sa corruption

02 Neil le lover, même devant un fond vert

03 Neil en pleine exhibition de son acting incroyablement novateur

04 Le choix éclairé du trucage rudimentaire, comme au temps de l’ORTF en 1967

05 Neil Breen n’est pas le genre d’homme qui prend de bonnes résolutions

06 Neil Breen offre un spectacle généreux en explosions

07 Quand Neil Breen se regarde dans les yeux, il est en train de regarder au delà de toi

08 La barde de Neil Breen n’est pas plus réelle que le monde qui nous entoure, il nous donne l’indice

09 Neil Breen est omnipresent dans son univers, il passe d’un film à l’autre pépouze

10 Quand les ordinateurs, vecteurs de fakes news à la solde des corrompus explosent, même l’air au dessus s’embrasse

11 Tirer dans les roupettes à bout portant, la passion de Neil Breen, le titan vengeur

Critique de JOE PATRONI


Il en va de Neil Breen comme de la fin d’un monde qui s’en vient.


Filmer le délitement du monde

Le résultat de l’accélération du monde vers un néant de renoncement, son appauvrissement culturel autant que moral, sa corruption, son voyage vers un enfer auto-(dé)généré, Neil Breen en fait la matrice de son œuvre.

Une œuvre que les philistins trouveront forcément risible, car elle expose en pleine lumière la vérité crue de notre destin suicidaire, sans gants, sans concession. Et c’est bien là la force énigmatique du cinéma de Neil Breen.


Filmer la lutte

Dans le voyage cinématographique de Neil Breen, on distingue clairement une évolution, une écriture en perpétuelle transformation. Une évolution en phase avec son époque. Partant de la forme la plus classique de filmage, le Maître se dirige vers une abstraction qui nous oblige à ouvrir les yeux sur nous-mêmes. La forme est en adéquation avec le temps.


La croisée des chemins

Du classicisme des débuts à son dernier manifeste numérique souvent incompris, il suit les formes les plus sinueuses des modes de communication, partant du film argentique à une forme proche de l’abstraction du cloaque numérique de TikTok et autres gouffres de perdition.

Dans cette trajectoire, il fallait un croisement, un repère qui nous guide vers une autre forme de narration, plus sophistiquée, moins confortable, une étape, un entre-deux, un twist, un repère.


Twisted Pair

Dans ce qui, pour moi, est le Magnum Opus du messie 3.0, quintessence d’un art en perpétuelle renaissance, Neil Breen se dédouble, comme en conscience de l’image dissociée qu’il donnait à voir aux yeux incrédules du monde. Comment rechercher la pureté dans l’holocauste des humains corrompus qui hantent la diégèse breénienne depuis les origines.


Mutation

Dès lors, la forme de sa cinégénie amorce une hybridation Mouvement/Image fixe, quelque part entre David Lynch, qui aurait découvert AdobeStock, et l’ouverture de son champ imaginaire vers l’infini. Ainsi, le visionnaire du futur a bien intégré les codes du blockbuster pour mieux les retourner. Twisted Pair devient l’anti-Avengers, film vain qui cache son vide philosophique par des effets spéciaux chèrement créés pour nous détourner du vide abyssal de son propos.

La forme devient le dernier des soucis de Neil Breen, dont le cinéma ne s’adresse pas à l’œil, mais à l’âme.


Déconstruction/Domination

Dans ce métrage, tout est dualité. Le fond contre la forme, le haut contre le bas, les perspectives contre la bidimensionnalité des arrières-plans. Neil Breen paie de sa personne pour nous offrir des séquences d’actions inédites dans son cinéma, et même dans l’histoire.

Il crée une forme de mouvement immobile, de puissance molle, d’accélérations amorphes. Une expérience que nous vivons tous différemment selon notre bagage culturel. La vérité du cinéma est mise à nu, l’artifice n’en est plus un. Même les explosions ici spectaculaires, sont des ponctuations d’un discours politique fort.


Brutalité

On y retrouve toujours, mais sous une forme double, le vengeur du genre humain qui combat les méchants en leur tirant à bout portant dans les roupettes, ou ne laissant derrière lui que cendres et décombres, mais pour faire le bien. Breen, tel un Che du 21eme siècle, n’a d’autre discours que celui de la justice. Infaillible et toujours impitoyable envers les sbires du mal.

Il est l’observateur, le messager et le bourreau, et ce depuis son premier film. Toujours la même histoire. Neil Breen aime les humains. S’il avait été milliardaire, il aurait sans doute fait le bien autour de lui, quitte à employer la force, ou briguer le pouvoir suprême tel un Trump du côté lumineux. Avec son charisme indéniable, il lui aurait été plus simple de créer une religion, trouver des légions d’adeptes et de mener une guerre sainte contre le mal. Mais Neil Breen est d’abord un raconteur d’histoires.


Le corps et l’esprit

Regarder ce film est une nécessité que l’on ne saisit qu’à la fin du voyage.

Une fois que le message agit physiquement sur le corps, car il ne faut pas se bander les yeux, ce film (et sa suite encore plus) a un ressenti physique dont on n’imagine pas l’ampleur avant de l’avoir vu, le temps s’étire, se contracte, et le vertige est total.


Spirale

Nul n’est le même avant et après ce visionnage.

Le cerveau est soumis à toutes sortes de distorsions, tel un test d’effort cérébral. Il veut rester à contempler le mystère tandis que le corps veut prendre la fuite dans un instinct de préservation. Ceux qui cèdent ne sont pas à blâmer ni à moquer, mais ceux qui dominent leur cerveau reptilien parviennent à un niveau de sublimation intellectuelle rare.

C’est là où le cinéma de Neil Breen atteint ce pour quoi il existe : LA vérité.


Héritage

Le cinéma de Neil Breen est un croisement qui cristallise des influences nobles, telles que David Lynch pour son étrangeté, Eric Rohmer pour ses dialogues définitifs (souvent répétés pour plus de signification), Michael Bay pour l’action spectaculaire et Kevin Bourdin pour son approche de la philosophie.

Une fois ces noms étalés telle de la confiture, il faut se rendre compte que ces références ressortent brisées, écrasées, reconstruites, et tel un démiurge, Neil Breen transcende la forme même du cinéma.


Bon film/bon voyage

C’est un voyage, un périple, que nous propose le maître.

Une étape d’une œuvre infinie.

Voyez le vertige.

Critique Nanarland : 

https://www.nanarland.com/chroniques/aux-portes-du-nanar/experimental/twisted-pair-la-chronique-de-nanarland.html


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JOE PATRONI

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