FAN REMASTER
(VOSTFR)
Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Avec tous ceux que je célèbre, il fallait bien que j’y passe également. Alors pour ce jour qui m’est particulier, j’ai décidé de vous offrir la toute première traduction que j’ai réalisé… presque 4 ans de retard. À l’époque, en sortant d’un confinement je recherchais désespérément un sous-titre français pour ce film, le seul du duo qui n’en bénéficiait pas. Pas moyen. Alors j’ai décidé de prendre les choses en main avec les moyens du bord et j’ai attaqué dans le vif. Presque 4 ans après ce moment et une bonne centaine de projets, les choses ont bien évolué. Merci Uncle Jack d’avoir refusé de le traduire, ta réponse fût mon étincelle pour me lancer dans l’aventure. J’aime toujours autant ce film si particulier qui est ma manière d’acte de naissance au sein du peuple de l’ombre des traducteurs amateurs…
Pour le menu, je vous ai fait la totale. En dénichant un rip intégral du coffret dvd édité chez Camera Obscura en 2011. Le sous-titre du film, celui du commentaire audio de Christian Klesser et Marcus Stiglegger ainsi que tous les bonus ont été traduits en français. Bonne exploration à vous !
Merci à Elsa Grassy et Vanlocke sans qui cette publication ne serait pas ce qu’elle est…
Réalisation : Gualtiero Jacopetti & Franco Prosperi
Casting : Christopher Brown, Michelle Miller, Jacques Herlin
Durée : 107 min
Année : 1975
Pays : Italie
Genre : Drame, Comédie, Fantastique, Adaptation, Burlesque, Surréaliste
Candide, jeune homme en mal d’amour et éternel chercheur dans les pages de l’immortel roman classique de Voltaire, se retrouve expulsé d’un château tout à fait confortable après que son affection pour la fille du baron, Cunégonde, est allée un peu trop loin dans les cuisses de celle-ci au goût de son père. Candide se lance alors dans une odyssée fantastique à travers l’espace et le temps, des champs de bataille de l’est et de l’ouest aux bras de la Sainte Inquisition et directement dans le Manhattan moderne, toujours sur les talons de son seul véritable amour qui, cependant, a succombé à la sexualité de groupe et à la drogue depuis longtemps. Enfin, Candide voit le monde qu’il a essayé de comprendre pour ce qu’il est vraiment : un reflet immoral de ses habitants dégénérés.
MKV FANREMASTER 1080p 3 Go VOSTFR
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MKV DVDRIP 1.87 Go VOSTFR
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Mondo Candido présente des images colorées pour l’épiphanie, imprégnées à parts égales de génie et de folie. Le dernier film de Gualtiero Jacopetti (son coréalisateur Franco Prosperi nous a ensuite offert le brillant film d’exploitation animale Wild Beasts) est un chef-d’œuvre délirant, un voyage sauvage rempli de rencontres étranges sur la merveilleuse musique du compositeur Riz Ortolani, et finalement une preuve finale de la théorie de Jacopetti selon laquelle l’homme est déjà devenu un chien. Mondo Candido dans son étrange héritage.
(VO + SRT)
AROUND THE WORLD IN 15 YEARS
Doc sur l’histoire de Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi (117 min)
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A FAREWELL TO MONDO
Entretien avec Franco Prosperi (21 min)
https://1fichier.com/?pcgivsa8c4bnjk51sbie
JUST “UNE CONNERIE” ?
Exposé de Federico Caddeo sur Voltaire (28 min)
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MAKING UP VOLTAIRE
Entretien avec Pier Antonio Mecacci, directeur des effets spéciaux (27 min)
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La B.O
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Voici le texte du livret accompagnant l’édition dvd, retranscrit et traduit :
La première fois que j’ai parlé à Gualtiero Jacopetti, c’était en 2005, et j’étais très nerveux car je ne savais pas à quoi m’attendre. Jacopetti a toujours été présenté comme le diable en personne, et je craignais d’avoir affaire à quelqu’un de difficile et d’inaccessible. Le trouver a été facile : son adresse et son numéro de téléphone étaient dans l’annuaire et la maison qu’il habitait était la même que celle qu’il avait toujours habitée. Lorsque je l’ai appelé pour la première fois, j’ai été frappé par sa voix. Elle était si ferme et si calme et ses manières étaient paysannes et gentilles – il a la gentillesse des temps passés. Il ne ressemblait pas du tout au fameux « homme à scandales » dont j’ai tant lu et entendu parler. Il ne semblait pas être la même personne qui a été attaquée à la fois par la droite et par la gauche, accusée de racisme, de fascisme, de cynisme et de tous les autres « -ismes » qui existent. Je parlais à un homme sympathique de 85 ans, à l’esprit des plus lucides et qui a tant d’histoires à raconter.
Lorsqu’on s’est rencontré en personne, toutes mes impressions ont été immédiatement confirmées, et ce fut le début d’une relation qui s’est renforcée avec le temps. Il était si passionné dans tout ce qu’il disait, et c’était beau de voir que ses yeux, de temps en temps, avaient le même regard brillant que sur les photos des 50 années précédentes, qu’il gardait si soigneusement et qu’il me montrait avec tant de fierté. Cette rencontre m’a immédiatement montré à quel point les accusations portées contre lui étaient ridicules et infondées. J’avais en face de moi un homme à l’intelligence très vive et brillante. Un homme curieux, profond, fascinant, qui a encore beaucoup de choses à dire, et pas seulement sur son passé. Un homme qui a vécu une vie extraordinaire faite de voyages, de découvertes, d’aventures, de succès incroyables, d’échecs terribles, de femmes magnifiques, de scandales, de tragédies, d’accidents, et qui voulait toujours faire et apprendre de nouvelles choses, se sentir vivant. Il m’a dit qu’il lisait quatre journaux par jour parce que sa soif de connaissances était plus grande que jamais – et qu’il lisait autant de livres que possible parce qu’il avait perdu de nombreuses années de lectures à cause de tout le temps qu’il passait à voyager à travers le monde. Il avait l’habitude de se plaindre du fait que les jours sont trop courts pour faire tout ce qu’il veut faire, même s’il a plus de quatre-vingt-dix ans.
Le premier mot qui me vient à l’esprit lorsque je pense à Gualtiero est « liberté ». La chose la plus belle de toutes les fois où j’ai eu le privilège de partager avec lui l’idée de « liberté » qu’il m’a transmise, c’est que Gualtiero Jacopetti a toujours été un homme libre, dans le sens le plus noble du terme. Toutes les étiquettes qu’on lui a collées ne sont que des tentatives infructueuses d’entraver son extraordinaire intelligence et son indépendance. Il ne s’est jamais plié à la volonté des autres, il a toujours été libre et fier de ses choix, même les plus extrêmes, et il a toujours assumé les conséquences de ses actes. Il a été critiqué, combattu, arrêté, humilié, diffamé, boycotté, mais il est resté fidèle et loyal à lui-même et à ses idées. C’est un véritable homme d’un autre temps. La rumeur qui le dépeint comme un homme cynique et sans pitié est absolument fausse. Gualtiero est un homme d’une extrême douceur, capable d’élans de générosité et de tendresse qui laissent pantois.
Un jour, nous étions avec lui dans sa maison en Toscane et nous avons passé un très bon moment ensemble. Nous avons dîné avec l’un de ses plus vieux amis, un homme qu’il connaissait depuis toujours – ils ont même fait la guerre ensemble. Voir Gualtiero dans toute la plénitude de sa fragilité et ressentir son émotion lorsqu’ils se sont remémorés certaines scènes de leur passé est quelque chose que je garderai toujours en mémoire. Quand il était jeune, Gualtiero était un homme incroyablement beau, mais je pense que ce jour-là, avec ses mains légèrement tremblantes, son visage ridé, ses yeux larmoyants et sa voix fêlée par l’émotion, il était bien plus beau qu’à 30 ans.
Pendant que j’écris ces lignes, Gualtiero ne va pas très bien et, malheureusement, il est hospitalisé. Il a maintenant 92 ans et il commence à sentir son poids diminuer, mais nous espérons tous qu’il ira bientôt mieux et qu’il nous surprendra encore une fois.
Quoi qu’il en soit, merci beaucoup pour toute la liberté que tu m’as enseignée, Gualtiero.
Franco Prosperi est une autre personne extraordinaire. Il a quitté Rome il y a de nombreuses années et vit aujourd’hui non loin de Naples, à l’intérieur d’un parc naturel – le seul endroit où quelqu’un comme lui peut vivre, au fin fond de la campagne, entouré d’animaux et de ses souvenirs. Il possède une belle maison où il vit avec « Hame », sa chienne. « Hame » signifie « abandonné » en swahili, car il l’a trouvée il y a de nombreuses années, alors qu’elle était encore jeune, et depuis lors, ils sont toujours ensemble. Il a toujours la plus grande joie de vivre et une énergie inépuisable qui rend ses 83 ans encore plus extraordinaires.
Franco possède un jardin incroyable, et lorsqu’il vous invite à vous y promener avec lui, il vous fait toujours sourire lorsqu’il pointe le doigt vers sa gauche et, avec la même nonchalance qu’il vous montrerait un buisson de roses, il vous dit : « Tu vois ça ? C’est un œuf de dinosaure. Climati me l’a donné, il vient du Nevada » Si vous connaissez Franco Prosperi, vous savez aussi qu’avoir un œuf de dinosaure dans son jardin est tout à fait normal pour quelqu’un comme lui.
Sa maison est remplie de souvenirs extraordinaires d’une vie entière d’aventures qu’il a passée à voyager à travers le monde pour satisfaire sa soif de connaissances et son amour de la nature. Les murs sont remplis de centaines d’objets qu’il a rapportés d’Afrique et de tous les autres endroits qu’il a visités. Il a une histoire à raconter sur chacun d’entre eux, et lorsqu’il le fait, ses yeux brillent. Un jour, je me suis retrouvé avec lui devant un mur où il a accroché des objets rituels africains. Il m’a montré des sarbacanes avec lesquelles on tire des fléchettes au curare, des petites flèches, des instruments de musique, des petites lances et un objet non identifié qu’il m’a mis dans les mains. Lorsque je lui ai demandé à quoi il servait, il m’a répondu comme s’il me racontait la chose la plus naturelle du monde : « Oh oui, cela vient d’une tribu d’Afrique de l’Est. C’est un gode en bois qu’ils utilisent pour des déflorations rituelles ».
Chaque fois que nous parlons d’un de ses films et que nous mentionnons une certaine séquence, il a toujours une histoire à raconter et un objet à montrer. » Tu vois ce boomrang ? C’est dans Savage Man, Savage Beast, les Aborigènes s’en servaient pour tuer les chauves-souris géantes. » Un jour, il parle des hippopotames et dit : « Regarde là-bas. Tu vois ce crâne ? C’est celui du célèbre hippopotame d’Africa Addio. Après la chasse, ils me l’ont offert. « Il me dit alors : « Oh, mais tu n’as encore rien vu ! », et me montre une gigantesque défense d’éléphant. Il suffit alors de regarder un autre mur pour retrouver un autre souvenir et une autre histoire. « C’est un crâne de buffle. Cette bête était sur le point de me tuer, mais un chasseur portugais qui était avec nous l’a tué avant qu’il ne puisse me faire du mal.”
Franco a risqué sa vie des dizaines de fois, et lorsqu’il en parle, il le fait toujours avec légèreté, comme s’il vous racontait simplement une histoire drôle. Il a survécu à tous les dangers. Une fois, il était à bord d’un petit avion qui s’est écrasé – « Ce n’est pas grave, je n’ai pas été blessé, seul mon short a été déchiré ». Il a été dans le coma après une rencontre trop rapprochée avec un requin – « Eh bien, oui, mais seulement pendant 3 heures ». Mais avant tout, on peut dire qu’il a vraiment vécu sa vie à fond.
Aujourd’hui, il a 83 ans, et passer du temps avec lui, le voir si serein, si heureux, si en paix avec l’univers, vous fait dire : « Comme j’aimerais être comme lui si j’atteignais un jour son âge. »
Et c’est aussi ce que je pense.
Federico Caddeo
Et pour ceux que ça intéresse, voici les propos sur le film que tiennent Sébastien Gayraud et Maxime Lachaud dans leur livre “Reflet dans un oeil mort” :
Mondo Candido (1975) est le dernier film en date de la collaboration Jacopetti et Prosperi. C’est à ce jour leur seule tentative commune de fiction. Production résolument à part dans leur œuvre, elle en résume toutes les thématiques et en constitue un aboutissement sur un plan esthétique.
Ce film, »monstrueux » dans tous les sens du terme, est un film somme qui donne la clef de la pensée de leurs auteurs. C’est un manifeste existentiel, un constat définitif sur la condition humaine. Jacopetti a, d’ailleurs, revendiqué l’influence de Voltaire comme étant une de ses lectures de chevet dès son plus jeune âge. Élève surdoué, il avait très tôt établi un parallèle entre la morale pessimiste du philosophe des Lumières et les soubresauts de I’Histoire européenne.
Cette comédie noire, adaptation unique en son genre de Candide, reprend presque à la lettre la trame narrative du conte. La première partie se déroule au XVIIIème siècle dans un château renaissance donnant une vision grotesque du paradis terrestre. Le héros, Candide (Christopher Brown), en est rapidement chassé à cause de son amour pour Cunégonde (Michelle Miller). Il va alors effectuer un voyage dans un monde en proie au chaos.
Sitôt enrôlé dans l’armée bulgare, iI découvre la guerre et l’lnquisition. Il devient la proie de toutes sortes de calamités mais il est réconforté dans son malheur par le philosophe Pangloss qui lui affirme en toutes circonstances que « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ».
Le récit fait toutefois très vite télescoper film en costume et documentaire contemporain. Candide traverse ainsi les conflits israélo-arabes, la guerre en Irlande et les États-Unis. Il rencontre dans son périple des personnalités comme Attila, déguisé en rocker sataniste, Henry Kissinger, Christophe Colomb ou Davy Crockett.
Ce traitement fantasque est la conclusion de la démarche esthétique des films précédents. Si certains critiques avaient souligné à propos des Négriers la comparaison avec Fellini, cette filiation devient ici flagrante. En ce sens, Mondo Candido vient éclairer ce qui pouvait passer pour obscur dans la vision de ses auteurs. Surchargé, onirique, à la fois vulgaire et lyrique, profondément italien dans sa sensibilité, il renvoie en permanence à une imagerie qui prend ses racines dans un fond culturel bien précis: le baroque.
On pense également à Jodorowsky dans le côté psychédélique du film, son aspect délirant et débridé. Toutefois, il s’agirait ici d’un Jodo grinçant, plus porté sur le vitriol que sur les acides, et parfaitement anti-utopique dans son raisonnement intellectuel. Mondo Candido réussit ce curieux mélange d’être à la fois typique des années 70 avec sa musique easy listening, ses paysages colorés et ses figurants nus, et d’en représenter en même temps la totale négation sur le plan idéologique.
La scène finale du film est à ce titre éloquente, puisque Cunégonde trouve refuge dans une communauté de hippies. Ces derniers sont figurés à l’écran par une horde de vieillards séniles au milieu de tentes pourrissantes. On retrouve encore ici le nihilisme de Jacopetti et Prosperi, ce refus de croire en une possible évolution de l’humain.
Ainsi, le dénouement du film diffère de façon radicale avec celui du conte de Voltaire. Le petit jardin où Candide et ses compagnons trouvaient enfin le repos de l’âme est ici transposé en une rivière de boue où les personnages hébétés contemplent avec incompréhension les derniers symboles des idéaux humains emportés par les flots. Le héros voit son double plus jeune qui lui fait signe sur l’autre rive. Il l’appelle désespérément mais ce dernier ne le voit pas. Le film se termine sur l’impression d’un monde absurde, où les pires atrocités vont recommencer dans un cycle sans fin.
Pas de transmission de sens. Pas de futur pour l’humanité. Juste la vision pathétique d’une espèce condamnée à une vie végétative, absente à elle-même comme à autrui, figée dans la mort avant même d’avoir commencée à vivre.
Images terribles, assassines, et pourtant transcendées par une pure rhétorique de mise en scène. Mondo Candido, à l’instar des autres films de Jacopetti et Prosperi, constitue une expérience de cinéma peu commune, puisqu’il pousse le spectateur à appréhender la force d’un dispositif en contraste avec l’âpreté de son discours. Il y a un rapport étrange, ambigu lui aussi, entre d’un côté cet amour du cinéma, cette foi démesurée dans le medium qui transpire dans chaque plan et de l’autre le sentiment de vide que laissent ces œuvres après leur vision.
Cette dichotomie est la base de leur cinéma, elle constitue cette zone d’ombre qui empêche leurs films de tomber dans la totale gratuité ou l’insignifiance. Elle nourrit ce questionnement qui reste au fond la seule dialectique valable dans l’art en général et le cinéma en particulier.
Au cours de leur carrière de réalisateurs, Jacopetti et Prosperi ont tout vu et tout entendu. Ils ont poussé le cinéma dans ses derniers retranchements en même temps qu’ils ont, en leur époque, expérimenté une forme inédite d’horreur à la fois sur un plan graphique et moral. Ils ont récolté des tombereaux d’injures, ont été déclarés ennemis publics d’un milieu culturel dont ils étaient à la fois les épouvantails et les fous du roi. Ils laissent derrière eux une poignée de films qui restent encore aujourd’hui des objets déconcertants, inquiétants et hors normes.
Des objets étranges, comme tombés de nulle part.
Les critiques de l’époque ont argumenté sur la volonté essentiellement commerciale de leur démarche. Cette seule explication ne tient pas la route si l’on prend en compte la folie et l’authentique dangerosité de leur démarche. De même que l’ambiguïté de leur vision du monde, le pourquoi de leur motivation reste la propriété exclusive de ces cinéastes mercenaires qui auront été tout à la fois artistes et escrocs, poètes et fouilles-merde, moralistes et nihilistes.
Un partage et une traduction de
& VORACINEPHILE pour le remaster




































