17 janvier 1934, il y a 90 ans naissait le réalisateur Donald Cammell. Artiste sulfureux et provoquant, portraitiste de renom, proche des stones et figure du swinging london des 60’s. Il est connu pour avoir coréalisé avec Nicolas Roeg le film culte « Performance ». J’ai découvert ce curieux personnage via une évocation de ce dernier dans un entretien de Sébastien Gayraud (merci à lui!) notamment par sa mort, en étrange manière de légende urbaine qui fait écho au meurtre final de « Performance ». J’ai creusé et l’envie m’est rapidement venue d’en faire une centralisation. J’ai traduis « L’oeil du tueur » (pour l’anonyme qui a fait le repack, merci à lui !), les deux versions de « Wild Side », « The Argument » et « The Ultimate Performance » (Portrait documentaire sur Cammell qui vous permettra d’en apprendre plus à son sujet), ces traductions peuvent être encore grandement améliorées. Si d’aventure quelqu’un a une meilleure maîtrise de la langue de Shakespeare que moi, il est le bienvenue pour corriger ce que j’ai essayé d’exhumer.
Un grand merci à Vanlocke pour ses relectures et corrections, éclairantes et salvatrices !
Conseil / Avertissement : Pour « Wild Side » je vous recommande absolument de voir la director’s cut en premier car la version studio (et encore plus en VF) est une abomination totale, plus d’informations en bas.
1970 : PERFORMANCE
Chas, un gangster violent et psychotique de l’Est de Londres, a besoin d’un endroit où se cacher après un coup qui n’aurait jamais dû être commis. Il trouve la couverture parfaite sous la forme d’une maison d’hôtes dirigée par le mystérieux M. Turner, ancienne superstar du rock, qui cherche la bonne étincelle pour raviver son talent fané.
MP4 HDLight 1080p 1.62 Go x265 VO + SRT
https://1fichier.com/?fsxzsf42pwedlcxzempk
Version 264
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« Performance » a été initialement conçu par Donald Cammell sous le nom de « The Performers » et devait être une aventure légère et swingante des années 60. À un moment donné, l’ami de Cammell, Marlon Brando (avec qui il a collaboré plus tard sur le roman publié à titre posthume « Les Tigres de la mer de Chine ») devait jouer le rôle de gangster qui est devenu « Chas ». À cette époque, l’histoire impliquait un gangster américain caché à Londres. James Fox, auparavant choisi pour des rôles plutôt haut de gamme, a finalement remplacé Brando et a passé plusieurs mois dans le sud de Londres, parmi la pègre, à travailler son rôle.
Au fur et à mesure que le projet évoluait, l’histoire est devenue beaucoup plus sombre. Cammell a été fortement influencé par l’écrivain argentin Jorge Luis Borges (un portrait de Borges sur la couverture d’un livre peut être vu à un moment crucial du film) alors qu’il a remanié le scénario pour créer un film intense et intellectuel traitant des questions de crise d’identité. Les théories d’Artaud sur les liens entre le spectacle et la folie ont également influencé Cammell.
Il était prévu que les Rolling Stones écrivent la bande originale, mais en raison de la nature complexe des relations sur le plateau de tournage, cela n’a jamais eu lieu.
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1977 : GENERATION PROTEUS
Un scientifique crée Proteus, un super ordinateur organique doté d’une intelligence artificielle qui devient obsédé par les êtres humains, et en particulier par la femme du créateur…
Film disponible chez l’UFSF :
https://muaddib-sci-fi.blogspot.com/2012/02/generation-proteus-demon-seed-1977-fr.html
Version mHD trouvée sur le net
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1987 : L’OEIL DU TUEUR
Dans l’Arizona, plusieurs meurtres de jeunes femmes riches portent les signes distinctifs d’un tueur en série…
MKV HDLight 1080p 3 Go MULTILANGUES
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Le film a de nombreux atouts. Il possède un formidable sens de l’espace. L’aspect néo-giallo du film est accentué par le regard étranger que Cammell porte sur la représentation d’un lieu américain peu familier. Les premières scènes de paysages désertiques naturels, du type de ceux que l’on voit dans les westerns, sont remplacées par une autoroute et des traces d’exploitation minière industrielle. Comme dans de nombreux giallo, les traques et les meurtres se déroulent en plein jour, plutôt que sous le couvert de l’obscurité.
Le film a souvent l’aspect d’une publicité télévisée calculée et « sexy », ce qui interagit de manière perverse avec la nature immensément effrayante et sexuellement sadique des meurtres, qui sont filmés de manière glacée mais spectaculaire. L’utilisation du point de vue subjectif dans les scènes de meurtre est présente afin de préserver l’anonymat du tueur tout en soulignant le rôle de voyeur du spectateur ; ici, c’est fait de manière peu commune, car ces scènes sont inconfortablement voyeuristes à l’extrême.
Le film est également accompagné d’une excellente musique de Rick Fenn et de Nick Mason, de Pink Floyd…
B.O de Nick Mason & Rick Fenn
https://1fichier.com/?dnw2ywqv66ono5m4j1wr
Donald Cammell apporte un point de vue extérieur sur la ville de Tucson, en Arizona, que l’on voit ici. Comme Jacques Demy avec « Model Shop », Antonioni avec « Zabriskie Point » et Wim Wenders avec « The End of Violence » et « Paris, Texas », Cammell est un Européen qui porte un regard étranger sur une région occidentale contemporaine des États-Unis, révélant une imposante étrangeté en rendant ses paysages naturels et architecturaux froids, inquiétants et oppressivement ouverts, faisant écho au vide spirituel d’une culture matérialiste.
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1995 : WILD SIDE
Une comptable de banque, qui travaille au noir comme call-girl, se retrouve mêlée à la vie d’un blanchisseur d’argent, de sa femme séduisante et de son garde du corps qui la fait chanter pour qu’elle aide le FBI à le piéger avec son dernier plan de blanchiment d’argent…
MKV DVDRIP 1.40 Go VF
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MKV DVDRIP 1.42 Go VO + SRT perso
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DIRECTOR’S CUT
MKV DVDRIP 1.09 Go VO + SRT perso
https://1fichier.com/?09r2n2uz5gunhsy19ves
Jamais une Director’s cut et une version studio n’ont été aussi différentes . . .
Comme son titre l’indique, ce film a connu une histoire mouvementée depuis sa sortie initiale en 1995. En effet, il devrait peut-être faire partie des cours d’études cinématographiques en tant que leçon des choses sur les énormes différences que le montage image et le montage sonore peuvent apporter à un film.
La société de production Nu Image qui a financé le film à l’origine était spécialisée dans les films d’exploitation. Lorsque Cammell leur a remis son montage de 3 heures, ils ont été horrifiés et lui ont repris le film pour le remonter complètement dans un format qu’ils estimaient mieux adapté à leur marché. Comme le note China Kong dans le documentaire « Donald Cammell : The Ultimate Performance », « ils ont complètement rejeté le style de montage. Ils ne le comprenaient pas. Ils voulaient arriver au sexe beaucoup plus vite. Ils en voulaient plus et ne voulaient rien savoir d’autre de l’histoire ». Le monteur en chef Frank Mazzola ajoute : « Ils ont envoyé une note de service inter-bureaux disant qu’il ne fallait pas de flash-forwards, pas de flashbacks, pas de coupes de moins d’un mètre ». Le résultat final était, comme on pouvait s’y attendre, peu imaginatif – une autre addition oubliable aux étagères à bas prix du vidéoclub local et aux programmes télévisés de fin de soirée, coincés entre les publicités pour les agences de placement et les préservatifs. Cammell, dégoûté, retira son nom du générique et se suicida peu de temps après la sortie de son film massacré.
Avant sa mort, cependant, il avait eu des discussions approfondies avec son monteur de longue date, Frank Mazzola, sur le format qu’il voulait donner à Wild Side et c’est sur la base de ces discussions que Mazzola a remonté le film. Si l’on compare les deux films, il est préférable de commencer par visionner le montage du réalisateur, avec sa narration non linéaire, ses meilleures explications sur les motivations des personnages et les performances plus soignées des acteurs. On est alors en excellente position pour apprécier la médiocrité de la version de 1995. Le critique Brian Pendreigh résume bien la situation : « Le film de Nu Image est un désordre intrigant, un film mineur imparfait, alors que la nouvelle version est un compagnon efficace de Performance ».
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1999 : THE ARGUMENT
Perdu depuis près de 30 ans, ce court métrage inédit fût retrouvé en 1996 après la mort de Donald Cammell par Frank Mazzola (le monteur de « Performance » et « Wild Side »). En 1971, Donald Cammell commença des essais pour un long métrage qui ne se fit jamais mais dont il résulte un court-métrage très intriguant.
AVI WEBRIP 210 Mo VO + SRT perso
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Un réalisateur (Kendrew Lascelles) est perdu dans le désert de Mojave avec son actrice principale (interprétée par Myriam S. Gibril, qui joue Isis dans « Lucifer Rising » de Kenneth Anger) qui ne se plie pas à ses desideratas. Commence alors un duel métaphysique, entre le réalisateur et son actrice dans une atmosphère magique où s’opère une fusion entre l »homme et la nature… Un film enivrant dont la mise en image n »est pas sans rappeler Kenneth Anger.
« The Argument » explore une préoccupation typiquement Cammellienne sous une forme très comprimée, la question de l’identité sexuelle… Comme « Performance », « The Argument » est une fantaisie allégorique filmée de façon réaliste. Le paysage est le paysage de l’esprit, hermaphrodite : collines en forme de seins, formations rocheuses en forme phallique… La photographie de Vilmos Zsigmond est remarquable…
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1998 – DONALD CAMMELL : THE ULTIMATE PERFORMANCE
(Kevin Macdonald & Chris Rodley)
MP4 WEBRIP 720p 1 Go VO + SRT perso
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Kevin MacDonald et Chris Rodley ont produit et réalisé ce documentaire britannique sur la vie et la carrière frustrée de Donald Cammell, surtout connu pour sa collaboration avec Nicolas Roeg sur « Performance » (1970). Les acteurs principaux de Performance, Mick Jagger et James Fox, sont interviewés ainsi que Roeg, Barbara Steele, Cathy Moriarty et le cinéaste d’avant-garde Kenneth Anger, qui a fait appel à Cammell pour son film Lucifer Rising (1973). MacDonald et Rodley retracent la carrière de Cammell, depuis ses débuts comme portraitiste à Paris jusqu’à des films tels que Génération Proteus, L’oeil du tueur et The Wild Side avec Anne Heche et Christopher Walken, sondant le côté sombre de la « personnalité dissociative » de Cammell qui a provoqué son suicide en 1996 à Hollywood…
Un partage et une traduction de
Merci a Uncle Jack pour la B.O de « White of the eye »
















