DAHMER

 FAN EDIT

(HD-VF)


Créée par Ryan Murphy, Ian Brennan 

Casting : Evan Peters, Richard Jenkins, Penelope Ann Miller 

Durée : 168 min

Année : 2022

Pays : USA

Genre : Drame, Thriller, Biopic


Histoire : Le parcours du cannibale de Milwaukee, l’un des tueurs en série les plus connus aux Etats-Unis : de son enfance difficile à sa condamnation en 1992, et comment l’incompétence et l’apathie de la police lui ont permis de poursuivre ses crimes durant plusieurs années.



THE FANCUT FILM

MKV HDRIP 1080p 4.43 Go VF

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Probablement un des évènements audiovisuels les plus marquants de l’année 2022, la série Dahmer a fait de gros efforts de sobriété et de travail des détails pour livrer une des œuvres d’étude psychologique de serial killer les plus complètes possible. Tout en essayant de désamorcer la polémique autour de l’exploitation des victimes, ce qui semble avoir marché, vu qu’il n’y a pas eu le retour de la mode Dahmer lors de l’halloween de l’année. J’ai aimé cette série, essentiellement pour les performances d’acteurs et le registre émotionnel. Pourquoi ce fan cut : pour effectuer une synthèse de la série, dont la qualité des épisodes est variable car parfois très éloignés de leur sujet, ou trop éparpillés. C’est par exemple le cas de l’épisode 6 (le meilleur de la série, qui se concentre sur la relation entre Dahmer et une de ses victimes sourde, ce qui occasionne beaucoup de séquences muettes) ou le 7 (le plus mauvais de la série, focalisé sur la voisine qui entend des bruits et qui subit le mépris de la police). J’ai donc fait un gros travail de tri pour condenser les 10h de la série en moins de 3h, et je suis très satisfait du résultat, on retrouve la chronologie et les évènements principaux tout en conservant une part importante des portraits psychologiques.


Cette version se focalise sur le cœur familial de l’intrigue. Il me semble que c’est la spécificité la plus intéressante de cette œuvre, qui en plus du serial killer s’intéresse aussi à sa famille (pour ses origines et les conséquences). C’est là le cœur de l’œuvre, et par-dessus se rajoutent deux autres thématiques nettement plus politiques/polémiques : le sort des familles des victimes et Black Lives Matter. Pour cette dernière thématique, le côté militant de la série est évident, chaque épisode contient son lot de mépris de la police et de racisme plus ou moins direct. Ce n’est pas très surprenant de la part de Ryan Murphy (ni de Netflix), qui nous a habitué à la formule dans chacune de ses productions depuis ses débuts (Nip Tuck, souvenez vous, autre excellente série un peu trash). Cet aspect reste présent dans le montage, mais a été réduit au strictement factuel pour conserver le climat global sans rentrer dans le militantisme insistant. Enfin, la question des familles des victimes. Elles sont assez peu présentes dans ce montage, essentiellement au moment du procès, celle de la victime Konerak (le mineur de 14 ans) étant nettement la plus présente car victime à 2 reprises des agressions de Dahmer. L’ambition de la série était d’offrir autant de temps aux victimes et à leurs familles qu’à Dahmer, pour dissiper les soupçons d’exploitation et pour tenter de partager le traumatisme. Très louable intention, mais dans le résultat, on peut lancer le débat : avait-on besoin de subir aussi du militantisme lors de leurs apparitions ? N’est-ce pas là que serait la véritable exploitation des victimes de cette œuvre, utiliser leur histoire (et leur couleur) pour y rajouter une mise en scène politique clairement engagée (qui plus est hors sujet, le cas Dahmer ne relevant pas du racisme mais de fantasmes sexuels déviants, donc à l’opposé des mécaniques de « haine ») ? Dommage, en voulant combattre l’invisibilisation des victimes, de sacrifier une certaine pudeur vis-à-vis de leur image (car nous sommes bien dans une représentation, bien qu’on puisse remarquer une certaine fidélité de reconstitution de la série, à voir dans le générique).


En bref, pour tenir mes objectifs de durée, je n’ai conservé là aussi que l’essentiel, le parcours des familles enchaînant bonheur, traumatisme et tentative de reconstruction étant présent ici en plus des différentes polémiques (procès…) que la série détaille. Si elles sont bien présentes et qu’elles ajoutent un contexte, l’intérêt de cette version est fondamentalement les liens entre Jeffrey Dahmer et sa famille, et l’évolution de ceux-ci. Ce sont clairement les personnages les mieux écrits, les plus nuancés et ceux qui développent les thèmes les plus intéressants de la série (origine de la monstruosité, quête de réponses, culpabilité, rédemption, ect…). Et dans leur cas notons le, aucun militantisme politique, leur complexité suffisant à justifier l’intérêt du spectateur. Sur la durée de la série, c’était le choix de montage le plus approprié et finalement celui qui se révèle le plus satisfaisant. J’ai aussi retiré la séquence de meurtre finale, pour rester dans l’absence de violence choc que la série avait mise en place sur toute sa durée (cela rend la séquence à la morgue encore plus forte). Seul regret : je n’ai pas pu mettre une seconde de l’épisode 6. Comme je l’ai dit, épisode hors sujet (la narration est mise en pause pour se focaliser sur cet arc précis), mais excellente mise en scène et cette thématique d’un amour sincère qui offre une chance de rédemption au psychopathe, thématique presque classique du genre des films de serial killers (le dernier Maniac, Hannibal…)… Une excellente digression totalement en dehors de ce que je voulais conserver. Une nouvelle occasion de réécrire que ces tentatives ne sont pas des réécritures des œuvres originales, mais des variations qui changent de point de vue ou qui tentent de lisser certains aspects problématiques, de faire du tri pour en faire ressortir quelque chose de plus. Si vous n’avez pas vu la série (ou que vous ne prendrez pas le temps de la revoir), cette version est un condensé efficace. Mais la série a aussi des bons moments à offrir et qui lui restent propres. Je vous recommande les deux pour vous faire un avis. Bon visionnage.


Un partage de

VORACINEPHILE

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