LES PIONNIERS DU FAR-WEST + THE ORE RAIDERS

 COURT-METRAGES

(VOSTFR)


Voici deux courts westerns muets qui n’ont sans doute rien de mémorable, loin s’en faut, mais qui pourront permettre à néanmoins à une poignée d’aficionados irréductibles de passer une petite heure agréable. Car à défaut de se montrer intellectuellement très stimulantes, ces deux oeuvrettes ont au moins le mérite de ne pas être ennuyeuses, se présentant comme des petits films d’action certes sans grand intérêt, mais sans temps morts non plus. N’oublions pas que dans les années 20, le genre vit encore sa tendre enfance, et n’affiche en général pas d’autres intentions que de fournir de la distraction bon marché à un jeune public pas trop exigeant. Bref, on est rassurés par avance : tout ira dans l’ordre, c’est-à-dire que les cow-boys seront sans peur et sans reproche, les Indiens seront méchants, et le héros finira par passer la bague au doigt de la jeune et jolie héritière du propriétaire terrien. C’est-y pas beau, la vie ?


LES PIONNIERS DU FAR-WEST (1923)


MP4 DVDRIP 652 Mo (34 min) VOSTFR

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Tourné en 1923, « Pioneer trails » est un produit de la Vitagraph Company of America, qui fut un des tout premiers studios de cinéma américain, et même le plus prolifique durant la période qui a précédé la Première guerre mondiale. Fondée en 1897 à Brooklyn par J. Stuart Blackton et Albert E. Smith, cette société de production sera finalement revendue en 1925 à Warner Bros, après presque trois décennies de bons et loyaux services : on doit notamment à cette firme pionnière, concurrente d’Edison, la paternité du premier long-métrage américain (titre cependant contesté ; il s’agit d’une « Vie de Moïse » sortie en 1909), ainsi que celle du tout premier film d’animation en stop-motion (« The Humpty Dumpty circus » en 1898). En outre, Vitagraph a construit en 1906 dans l’état de New York un studio vitré, considéré comme ayant été le tout premier studio de cinéma américain moderne ; la compagnie déménagera cinq ans plus tard pour la Californie. « The pioneer trails » est donc une production tardive de la firme, laquelle s’était cependant très tôt familiarisée avec le western : en effet dès 1903, Joseph Delmont avait tourné pour la Vitagraph une multitude de petits films d’une seule bobine relevant de ce genre cinématographique. Quant au metteur en scène David Smith, qui a réalisé « The pioneer trails », il n’est autre que le frère d’Albert E. Smith, le patron de la compagnie. Son nom semble aujourd’hui à peu près oublié des cinéphiles ; il est pourtant l’auteur de plusieurs dizaines de films remuants placés sous le signe de l’aventure, et on lui doit notamment une première adaptation du célèbre roman de Rafael Sabatini, « Capitaine Blood », 11 ans avant celle de Curtiz. De nombreux films de David Smith ont pour premier rôle féminin Alice Calhoun, qu’on retrouve ainsi sur l’affiche de « The pioneer trails », dont seules les spectaculaires scènes d’ouverture valent le détour : on songe notamment à « The covered wagon », sorti la même année et que j’avais présenté sur ce blog, au point que je suis allé vérifier de visu si, à tout hasard, David Smith n’aurait pas utilisé des stock-shots que la Vitagraph serait allé racheter à la Paramount ; à première vue il semble que non… C’est d’autant plus curieux qu’on observe un réel décalage, en qualité et en gabarit de production, entre cette vigoureuse première partie et la seconde, faite d’une intrigue mélo-policière beaucoup plus pesante. Autre fait étrange, auquel je n’ai pas trouvé d’explications : plusieurs sources (AFI, imdb) mentionnent au sujet de ce film une longueur de 7 bobines, alors que la copie mise à disposition par le distributeur Harpodeon ne dure que 36 minutes. Or si l’on ne constate pas de manque apparent dans le déroulé de l’histoire, on ne peut que constater que le rythme de la première partie est anormalement élevé, que ce soit au niveau du montage (on se croirait dans un serial sous amphétamines) que pour la vitesse de défilement. Bizarre… Pour conclure, un dernier mot sur la firme Vitagraph : après son rachat par la Warner, cette dernière l’utilisa pour la production de courts-métrages sonores, et changea donc son nom en Vitaphone, ce qui nous renvoie à un post que j’avais consacré aux premiers essais du cinéma parlant et au court-métrage « A plantation act ». Comme je le mentionnais, « The pioneer trails » a été édité par Harpodeon, et l’on dispose donc d’une copie de bonne qualité numérique, dont les seuls défauts sont dus à la vétusté de la pellicule (griffures, taches, etc). Pour le sous-titrage, il s’agit d’une traduction personnelle des intertitres anglais, dont je pense qu’ils ne sont pas d’origine.


THE ORE RAIDERS (1927)


MP4 DVDRIP 451 Mo (26 min) VO + SRT

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Second film de cette semaine, « The ore raiders » est un court-métrage pour lequel vous auriez tort de vous emballer trop vite, dès lors qu’on vous aura dit qu’il a été réalisé par William Wyler : les grands aussi ont commencé petits, et même parfois très petits… D’origine allemande, le futur célèbre réalisateur émigre à New York au tout début des années 20 et débute comme simple coursier à la Universal. Il rejoint ensuite les studios californiens de la compagnie, gravit petit à petit les échelons en commençant à réaliser, à partir de 1925, des petits westerns à deux bobines, sans ambition particulière et dont « The ore raiders » est un bon représentant. Il faudra attendre 1929 pour que Wyler commence à réellement se faire un nom avec le remarquable « Hell’s heroes », premier film parlant de la Universal à être tourné en extérieur. Pour l’instant, nous ne sommes encore qu’en 1927, et « The ore raiders » met en scène les exploits croquignolesques d’un ranger incarné par Fred Gilman, un de ces westerners oubliés qui ont enchaîné durant les années 20-30 un nombre invraisemblable de séries Z ; oui, vous savez, le genre de cowboy pas encore chantant mais qui parle déjà à son cheval, enfin bref… Tout cela est d’une naïveté très enfantine, l’enquête menée par notre justicier sans aucun intérêt mais comme elle permet tout de même à Wyler de se faire la main sur quelques discrets effets de mise en scène, on ne va pas aller chipoter pour les 20 minutes que ça dure. Après tout, vous ne risquez pas grand-chose : s’il faut vous rassurer, le méchant sera confondu avant la fin et l’aimable donzelle finira sur le cheval du valeureux héros ; bref après ça, on peut aller faire dodo tranquille. Sous-titrage effectué par mes soins, d’après les intertitres anglais, le tout sur un fichier vidéo de qualité pas terrible.



Un partage et une traduction de


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