+ BONUS
(VOSTFR)
Réalisation : Allan Dwan
Casting : Douglas Fairbanks, Marjorie Daw, Frank Campeau
Durée : 69 min
Année : 1917
Pays : USA
Genre : Comedie, Aventure
L’histoire d’un homme d’une petite ville qui est obsédé par les exploits de d’Artagnan.
M4V DVDRIP 887 Mo VOSTFR
https://1fichier.com/?kmik42k375g96ecsig3y
Pas encore tout à fait remis des exploits tonitruants de Douglas Fairbanks dans le « Robin des Bois », que je vous avais proposé il y a quelques temps, j’ai décidé de remettre à l’honneur ce remuant phénomène avec cette fois deux productions de plus petite envergure, toujours avec Allan Dwan derrière la caméra. Car si la période des grandes fresques fastueuses pour lesquelles l’acteur est encore connu aujourd’hui ne démarre qu’en 1920 avec « Le signe de Zorro », l’ascension fulgurante de Douglas Fairbanks à Hollywood, où il a débuté en 1915, l’aura déjà propulsé dès la fin des années 1910 vers des sommets de popularité, une popularité qu’il partage alors avec Charles Chaplin et Mary Pickford. Ce formidable succès lui permet de devenir rapidement le producteur de ses films, comme c’est le cas ici pour « A modern musketeer ». Cette volonté d’indépendance artistique, mais aussi de maximisation des bénéfices (on ne perd pas le nord !), se manifeste en réaction à la montée en puissance des studios dans la mécanique financière du 7e art ; cela aboutira en 1919 à la création par Fairbanks, Chaplin, Pickford et Griffith de la United Artists, une société de distribution dont la bonne santé sera due pour l’essentiel au succès des films de Douglas Fairbanks. Ce dernier fit de Mary Pickford sa femme, et de Chaplin son ami ; outre cette complicité entre les deux monstres sacrés, on peut noter l’étrange similarité caractérisant leurs notoriétés respectives, en cela que dans l’esprit du public, leur identité civile se confondit avec celle de leur personnage à l’écran. Et à ce propos, vous remarquerez sans aucun doute la présence dans les deux films proposés ici de curieux plans au cours desquels Douglas Fairbanks se tourne face caméra pour échanger des sourires complices avec le spectateur… Etrange phénomène que cette fusion des personnalités, plus fréquent à l’époque du cinéma muet que par la suite, et que les titres français des films de la période qui nous occupe (1915-1919) traduisent parfaitement : « Douglas ceci », « Douglas cela ». Dès lors, il n’est pas étonnant de retrouver dans toute cette première partie de la carrière hollywoodienne de Fairbanks des traits scénaristiques communs, notamment dans la caractérisation du personnage principal, exactement comme ce fut le cas pour Chaplin.
Mélange de comédie et de film d’aventures, « A modern musketeer » surprend par sa construction compliquée, notamment dans sa première partie, qui fait montre de divers registres de narration et de temporalité. L’ébouriffante séquence d’ouverture, sorte de film dans le film, et qui anticipe sur ce que seront les grandes fresques en costume que fera Fairbanks dans les années 20, relève d’une réalité fantasmée qui ne semble pas tant issue des écrits d’Alexandre Dumas que de ce qu’en recrée l’imagination du héros Ned Thacker. Il s’ensuit une nouvelle séquence d’action, tout aussi virtuose et déjantée, dont le but est de déplacer la première dans une réalité cette fois bien réelle et contemporaine. Puis la narration fait une nouvelle pirouette, en enchaînant sur un flashback qui fait remonter le récit à la naissance du personnage. Enfin, le retour au présent s’effectue sous la forme d’un montage alterné visant à introduire le personnage féminin, et dont le point de convergence s’effectue au premier tiers du film, avec la rencontre des deux protagonistes ; la narration devient ensuite classiquement linéaire. Il n’y a pas de virtuosité particulière dans la complexité de cet enchaînement de procédés, mais disons plutôt que l’on sent la volonté du réalisateur d’éprouver certaines techniques narratives, dans ces années 1910 où, après tout, le cinéma en est encore à essayer de créer sa grammaire : « Naissance d’une nation », de Griffith, ne datait que de deux ans auparavant. Et dans le même ordre d’idée, on notera par instant de curieuses expérimentations portant sur le cadre, plus précisément sur le format : ainsi ces quelques secondes tournées en… cinémascope (!), et un peu plus tard, tout aussi fugitivement, un resserrement horizontal du cadre. Toute cette variété de techniques induit également une variété des genres cinématographiques, à une époque où justement ceux-ci ne sont pas encore clairement définis : débutant par une séquence de cape et d’épées, le film enchaîne sur la comédie de mœurs, le film catastrophe (la scène de l’ouragan), tandis que toute la dernière partie relève clairement du western, dans les décors naturels du Grand Canyon soigneusement photographiés par Victor Fleming. Bref, dans tous les cas, c’est le dépaysement garanti.
UNE AVENTURE À NEW-YORK (1916)
Un jeune new-yorkais ayant quitté la ville pour devenir cowboy au Nevada, retourne à New York pour y vendre du bétail. Il retrouve de vieux amis.
Quant aux récurrences thématiques que j’évoquais dans mon premier paragraphe, elles sont particulièrement évidentes dans les deux films proposés ici. Car il s’agit souvent, durant cette première partie de la carrière de Douglas Fairbanks, de jouer sur l’opposition culturelle entre l’ouest et l’est des Etats-Unis, ce qui correspond là-bas à une opposition entre ruraux et citadins. Et en guise de moteur scénaristique, les deux films mettent en scène les difficultés d’adaptation et les incompréhensions générées par l’arrivée dans la grande ville d’un plouc du Far West. Cette confrontation classique entre « westerners » et « easterners » présente un double avantage : tout d’abord elle fournit une source quasiment inépuisable de bagarres et de gags, les deux ingrédients majeurs de tous ces films des années 1910 avec Fairbanks ; d’autre part, le cinéma étant déjà et surtout une affaire de gros sous, il y avait sans doute là un moyen pratique de pouvoir séduire un public le plus large possible sur tout le territoire. Et à cet effet, on notera bien comment, par exemple dans « Manhattan madness » (film-bonus de ce post), chaque visage de ce Janus sociologique (le plouc, le citadin) est clairement ménagé afin que la confrontation débouche sur un match nul. Mais « A modern musketeer » affectant d’être, comme on l’a vu, d’une facture plus complexe, ce mouvement géographique y prend la tournure d’un balancier, puisque la venue de Ned Thacker dans la grande ville de l’Est sera finalement suivie d’un déplacement inverse d’est en ouest, et ce sera au tour du personnage new-yorkais, confronté à des Indiens Hopis, de se retrouver dans la position de l’inadapté. Ironie de l’histoire, c’est également dans ce sens contraire que s’est effectué, lors de sa carrière, le déplacement de Douglas Fairbanks sur le territoire américain : ayant débuté à Broadway, le comédien mettra cap à l’est en 1915 pour rejoindre Hollywood. Et autant vous dire que c’est dans une forme éblouissante qu’on le retrouve ici : il n’y a qu’à le voir grimper en 30 secondes à peine du sol jusqu’au sommet de la flèche d’une église pour s’en rendre compte. Cette prodigieuse énergie de l’acteur ne semble pouvoir être domptée, dans la dernière partie du film, que par l’immensité majestueuse du Grand Canyon (ainsi que du canyon de Chelly, toujours en Arizona) au sein duquel l’équipe du film alla planter ses tentes durant plusieurs semaines ; Douglas Fairbanks déclara ensuite, en manière de plaisanterie : « J’ai été déçu par le Grand Canyon, je ne pouvais pas sauter par-dessus.»
Le sous-titrage proposé ici pour « A modern musketeer » provient d’une diffusion télé ; je l’ai simplement réadapté à un fichier vidéo de type DVDrip, de qualité acceptable sans plus. Pour le film-bonus, « Manhattan madness », la seule copie que j’ai trouvée est de mauvaise qualité, et elle est de plus incomplète : de 50 minutes, le film a été ramené à 30 minutes. Non seulement il manque des scènes, mais de nombreux plans sont amputés de plusieurs photogrammes, notamment dans les scènes d’action finales, ce qui est particulièrement regrettable. En outre, les intertitres semblent avoir subi des recadrages qui rendent illisibles certains mots. Et c’est à partir de cette copie passablement estropiée que j’ai néanmoins réalisé une traduction des intertitres anglais. A noter que « Manhattan madness » a fait l’objet d’un remake en 1925 avec, dans les rôles principaux, le boxeur Jack Dempsey et sa femme.
Un partage et une traduction de










