HD
(VOSTFR)
Réalisation : Bernard Vorhaus
Casting : Turhan Bey, Lynn Bari, Cathy O’Donnell
Durée : 77 min
Année : 1948
Pays : USA
Genre : B-thriller
Histoire : Une veuve rencontre un medium qui prétend lui permettre de rentrer en contact avec son défunt mari. Mais le séduisant escroc semble avoir d’autres projets en tête..
M4V HDLight 1080p 1.19 Go VOSTFR perso
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B-thriller… Rien de plus facile, pour qui veut faire oeuvre de classification, de faire entrer « The amazing Mr X » dans une catégorie moins fourre-tout que celle de « film noir ». En effet, nous sommes en présence d’une histoire criminelle dont le traitement emprunte largement à l’épouvante et au fantastique – voilà pour le « thriller » – et dont le budget très modéré sans être indécent ne permet pas de mettre à l’affiche des vedettes identifiables par la cinéphilie courante : voilà pour le B. Ce qui nous vaut, comme souvent dans ce genre de petit film noir, un scénario qui tente d’être astucieux dans ses retournements à défaut d’être subtil dans ses aspects plus psychologiques. Et à ce titre, la rencontre que propose cette modeste production entre l’univers du film noir et celui de la prestidigitation ne peut qu’induire une comparaison, forcément en défaveur du film de Vorhaus, avec l’incontournable « Nighmare alley » sorti l’année précédente, dans lequel Tyrone Power tenait le rôle principal. Et pourtant, « The amazing Mr X » parvient à se démarquer : c’est que son point fort se trouve ailleurs ; et lors du générique, il faut pour une fois patienter avant de voir s’afficher le nom de la véritable vedette du film.
Car ce qui frappe dès les premiers instants du film, c’est sa grande qualité graphique, l’extrême singularité de sa photographie. Et si l’on ne s’intéresse généralement qu’assez peu aux techniciens ayant officié sur les films qu’on regarde, le nom de John Alton devrait pourtant être aussi familier aux amateurs de cinéma hollywoodien de cette époque que le sont les noms d’Anthony Mann, Vincente Minnelli ou Allan Dwan, pour ne citer que quelques-uns des réalisateurs avec lesquels ce chef-opérateur hors pair aura travaillé. Dans son domaine, Alton mérite autant le qualificatif d’auteur que peut le mériter, par exemple, John Ford pour le métier de réalisateur, en cela que son style est immédiatement reconnaissable. On peut le définir en premier lieu par un goût prononcé pour les contrastes appuyés, et des noirs profonds que ne viennent percer que des sources d’éclairages ponctuelles dans des directions bien définies. Outre leur adéquation parfaite avec l’esthétique propre au film noir, ces savants jeux de clair-obscur font de John Alton, au sein de sa profession, l’équivalent de ce qu’ont été pour le grand art pictural classique des peintres comme Georges de La Tour ou Caravage. D’ailleurs, on ne sera guère étonné d’apprendre que son ouvrage théorique sur le travail de chef-opérateur, encore utilisé de nos jours, se nomme « Painting with lights ». Autre caractéristique de son travail photographique, le recours dans de nombreux plans à la profondeur de champ, laquelle était devenue à partir du début des années 40 une figure de style de plus en plus utilisée, suite à l’évolution technologique du matériel et l’utilisation très remarquée qu’en avait fait Greg Toland sur « Citizen Kane ». Une profondeur de champ que John Alton obtient, selon les plans, soit par le recours à des objectifs à courte focale (on le remarque par la déformation de perspective qu’ils induisent), soit par le recours à des trucages élémentaires (transparences). Et s’il résulte de toutes ces singularités du travail de John Alton une incontestable valeur picturale, la virtuosité de sa photographie lui permet souvent de dépasser ce point de vue strictement esthétique pour faire véritablement corps avec le travail de mise en scène. Sur ce sujet, il serait trop long ici de rentrer dans les détails, et je renvoie pour cela à certains plans largement commentés issus de la collaboration Alton/Mann ou de celle avec Lewis dans « Association criminelle », mais également au visionnage du film que je propose ici et dans lequel on trouvera une illustration satisfaisante de l’art savant de cet opérateur d’exception.
A noter que le titre dont les producteurs ont affublé le film ne lui rend guère justice, et qu’il convient donc de mentionner son titre anglais, « The spiritualist », bien plus parlant et approprié. Quant au fichier proposé ici, il s’agit d’une belle copie de type BRrip, ce qui revêt pour ce film, on l’aura compris, une importance particulière. Le sous-titrage est hybride : j’ai repris globalement la traduction réalisée pour l’édition DVD par Bach films, mais à laquelle j’ai apporté un certain nombre de corrections à l’aide des sous-titres anglais, et dont j’ai refait l’intégralité du découpage.
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