(VI + VA + SRT & VF)
Réalisation : Eugenio Martín
Casting : Carroll Baker, Michael Craig, Miranda Campa
Durée : 88 min
Année : 1971
Pays : Italie, Espagne
Genre : Thriller, Policier
Histoire : Arthur Anderson vient d’enterrer sa troisième femme morte noyée dans sa piscine. Le Commissaire Dunphy croit en sa culpabilité. Un jour, une jeune femme, Julie Spencer, rencontre Arthur…
MKV BRRIP 1080p 2.77 Go VI + VA + SRT perso
Traduction faite sur la VA
https://1fichier.com/?nl8kmbpdy34r9h84zm3f
La VF (Webrip)
https://1fichier.com/?khpv4xq1hh81yb4vxlow
1ere partie :
https://humungus-cinebisart.blogspot.com/2022/02/le-harem-1967-vf-vo-srt-dvdrip-bo.html
2ème partie :
Star pour toujours ?
Carroll Baker a donc quitté Hollywood, un contrat avec la Paramount, ainsi que son mari quelque peu encombrant, pour s’envoler vers l’Europe. Rappelons qu’elle était, alors, une star mondialement connue, avec un nom, un prestige, connu du grand public. Si son premier film européen fut un échec commercial, en dépit de sa qualité, Carroll Baker se doit de positionner sa carrière pour demeurer dans un firmament critique et commercial afin de conserver, ou même fructifier, l’aura de sa carrière. Va-t-elle vraiment y parvenir ?
Son film suivant est plus commercial, bien qu’il comporte néanmoins un risque. L’adorable corps de Deborah raconte donc le périple d’un couple qui doit affronter une menace venue du passé de l’époux de Deborah, Marcel.Film pour le grand public qui se voulait, alors, sensationnel, mondain, chic, puisqu’il joue sur le registre du grand frisson et de la romance avec un couple star, fort bien constitué, de Carroll Baker et de Jean Sorel. A noter que Jean Sorel était, alors, quelque peu sur l’acmé de sa notoriété puisque notre acteur français, de premier plan, venait de connaître son plus grand succès avec Belle de Jour. Ce film constitue d’ailleurs, pour nos deux acteurs, l’entrée dans un genre du cinéma qu’ils ont justement contribué à faire émerger : le giallo.
Pour le grand public italien, le giallo évoque les livres qui furent publiés depuis l’année 1929 par l’éditeur Mondadori. Une institution en Italie. Le terme giallo, pour les italiens n’évoquent donc pas les films, qui sont appelés communément Thriller, mais bien ces livres qui abreuvent toujours les devantures des marchands de journaux et dont raffolaient une partie du public.Pour le cinéma, des films locaux avaient parfois abordés ce registre mais c’est bien Mario Bava qui, avec le très efficace La fille qui en savait trop puis avec l’expérimental et coloré Six femmes pour l’assassin, qui avait codifié le genre au cinéma tout en lui apportant une certaine forme biscornue ainsi que morbide.
Ce fut donc notre film L’adorable corps de Deborah qui, par son succès, grand public, quelque peu mondain, sans effusion de sang, ouvrit la boite de pandore pour qu’un genre typiquement italien, le giallo, puisse commencer et, notamment grâce aux succès énormes des premiers films de Dario Argento (dans le top 10, voire même top 5 des films de l’année), de déployer ses ailes.L’avantage du giallo, somme toute, pour les producteurs, réside dans le fait que ces productions se faisaient avec un petit budget, une poignée d’acteurs mais qui reposent surtout sur un scénario carré qui se doit d’aménager son whodunit.Si les bases de ce genre doivent tout à Agatha Christie, mais également à Hitchcock pour sa forme la plus aboutie au cinéma, le giallo – appellation des amateurs du genre donc – va néanmoins constituer un troisième cycle de ce courant qui demeure, aujourd’hui encore, très efficace et, surtout, non dépassé par un cycle ou une itération postérieur. Il s’agit, à mon sens, et à l’instar même du western italien, de la raison pour laquelle ce genre demeure toujours aussi pertinent et admiré par les amateurs du cinéma de genre. Il reste, en quelque sorte, moderne et aisé d’accès pour un spectateur, même moderne.
Après ce succès, Carroll Baker livra, à mon sens, sa meilleure prestation à l’écran tout en commençant une longue collaboration avec un faiseur assez efficace. Ce sera pour Orgasmo alias Une folle envie d’aimer chez nous.Héritière de son mari très fortuné et connu, Kathryn West subit la pression des médias tout en étant terriblement affectée par son veuvage. L’homme de confiance du couple lui suggère donc de déménager dans une très belle propriété du couple, en Italie, pour un repos total.D’abord dans l’ennui, Kathryn West rencontre un couple de jeunes, joués par Lou Castel et Marie-Claire Soleville, qui vont la charmer, la divertir mais, une fois qu’elle les a convié à venir les rejoindre dans sa villa, vont l’isoler de ses domestiques, la séduire mais également la terrifier. Pour quel résultat ? Et dans quel but ?Orgasmo rappelle au spectateur que Carroll Baker était une grande actrice puisque son rôle était incroyablement complexe tant son personnage traverse des états émotionnels pour le moins extrêmes et tendus. Soutenant de manière convaincante ce rôle complexe, Carroll Baker trouve probablement son meilleur rôle avec l’efficace Umberto Lenzi sachant qu’elle était opposé, dans ce tournage, à l’acteur Lou Castel alors terriblement engagé dans l’extrême gauche et qui aurait, selon des rumeurs, fait vivre une tension psychologique réelle à Carroll Baker qui représente tout ce que notre homme, alors, détestait.
Second succès, Umberto Lenzi enchaîna avec Si douces, si perverses.Si Lenzi est un réalisateur, ainsi qu’un scénariste, très capable, pour peu que les moyens soient là, Si douces, si perverses aurait dû lui permettre de monter en gamme puisque les lieux de tournages, le crédit d’Ernesto Gastaldi au scénario, des lieux de tournages chics comme Paris, les acteurs avec Jean-Louis Trintignant (qui considère ce film comme le pire de sa carrière, ce qui semble totalement exagéré) constituent sans doute le meilleur budget qu’il n’ait jamais eu.Pourtant, Si douces si perverses est néanmoins un film qui ne décolle jamais, qui tombe à plat. Étrange eu égard aux capacités d’Umberto Lenzi qui savait, pourtant, rendre un film au scénario famélique, à l’instar de Spasmo, inquiétant et intéressant à suivre malgré le final qui rend quelque peu stérile l’intrigue de ce film étrange.Bref, Si douces si perverses constitue, malgré son standing, un film plein de promesses non tenues, au final décevant.
Pas grave, Carroll Baker refit équipe avec Lenzi pour Paranoïa, peut-être le meilleur giallo de son réalisateur avec l’« argentesque » Chats rouges dans un labyrinthe de verre. Ce giallo demeure presque la quintessence de la branche machination de notre genre, puisque toute la réalité, ou plutôt les éléments qui établissent la matérialité des faits, ainsi que les définitions des personnages principaux, ne cessent d’être réécrit. Un canon du genre ainsi que la seconde, et hélas, dernière, réunion du premier couple star du giallo, Carroll Baker et Jean Sorel.Ce dernier, que j’ai rencontré, garde un bon souvenir de l’actrice bien qu’il se souvienne quelque peu qu’elle évoluait, alors, dans des sphères mondaines.D’ailleurs, Carroll Baker gagne son procès contre la Paramount puisque, sous contrat, elle n’avait plus reçu de proposition du studio. On estime sa compensation financière à un million de dollars, et que ce procès marqua, quelque peu, la fin des stars sous contrats avec les studios. L’ère hollywoodienne avait changé, de même que les attentes du public.
En ce qui concerne la carrière en Italie de notre actrice, Carroll Baker enchaîna les gialli avec l’assez réussi et original, dans le ton, Couteau de glace avec Lenzi. Notre réalisateur, qui ne cessait jamais de chanter les louanges de cette grande actrice, continua d’ailleurs d’entretenir une relation amicale avec elle en la revoyant, si possible, de temps à autre quand celle-ci revenait à Rome.Mais les gialli de Carroll Baker avaient de moins en moins de moyens, demeuraient noyés dans la masse (quasiment un film par semaine lors de l’acmé du genre entre 1969 et 1973) et l’importance même de ses rôles passèrent du premier au second plan.Parmi ses gialli, Uncle Jack vous propose donc Meurtres dans la piscine.Si ce film retrouve quelque peu le standing des premiers gialli de Carroll Baker, avec un début assez intéressant, il convient de statuer que le réalisateur, Eugénio Martin, n’a pas la stature de réalisateur d’un Umberto Lenzi, ou même d’un Sergio Martino (qui était assez doué pour soigner un esthétisme assez novateur), bien que notre film se rapproche davantage des giallo, comprendre, donc, le genre littéraire.Vous assisterez donc, avec Meurtres dans la piscine, à un giallo classique, tendance machination, où les personnages ne sont jamais ce qui paraissent, ou prétendent, être à premier abord.Le tout étant présenté dans un superbe support qui rend hommage à la photographie colorée et inspirée qui rend totalement justice à la patine de ce film intéressant. Notons que ce giallo espagnol, cet armarillo, donc, semble quelque peu vouloir flirter vers le film britannique dans ses codes et sa narration, plutôt que de s’inscrire dans le courant italien, alors plus percutant et novateur.Un poil décevant d’Eugénio Martin, qui fit bien mieux avec Terreur dans le Shangai express !
Notre actrice poursuivit donc sa carrière en Italie pour des films de seconds plans, avec des films de moindre intérêt, comme Capitaine Apache, Le diable à sept visage, La fleur aux pétales d’acier, mais également des productions où elle tient le second rôle, comme si son aura de star sexy se diluait avec Le corps ou encore Leçons particulières et même Ne marche pas sur ma virginité. Bref, des films qui se noyaient dans la productions, alors pléthoriques, où le potentiel commercial de notre star s’émoussait alors d’années en années, de même, sans doute, que ses cachets.Le réalisateur de Baba Yaga, Corrado Farina, auteur d’un excellent Nous avons changé de visage (traduit par le Passant, gloire à lui), raconta qu’il souhaitait, pour interpréter Baba Yaga, Elsa Martinelli, mais que les producteurs lui trouvèrent alors Carroll Baker, immédiatement disponible.Eloignée du visuel de la bd de Crepax, Carroll Baker eut même des scènes de nudité intégrale, événement absolument impensable, 10 années auparavant, pour cette star, alors, Hollywoodienne.
Carroll Baker s’éloigna donc de l’Europe, du cinéma d’exploitation, pour revenir à Hollywood, par la petite porte, avec des films comme Les yeux de la forêt, où elle joua une mère de famille, en alternant des films intéressants, Star 80, toujours dans le même type de rôle, du théâtre, ou encore de la série télé. Sa fille, Blanche Baker, joua alors dans Sweet Sixteen et suivit la même inspiration que sa mère avec un talent certain. Carroll Baker arrêta sa carrière en 2001, où elle jouait la grand-mère, un type de rôle loin de son potentiel, de la gloire de sa carrière passée, ainsi que de son immense répertoire d’une actrice qui tenta l’aventure européenne pour se reconstruire, dans sa vie personnelle, mais également dans ses envies et aspirations dramatiques, dans un parcours, vous en conviendrez, pour le moins riche, complexe et quelque peu décontenançant.
Lors d’une interview relativement intéressante devant un auditoire, et disponible sur internet, Carroll Baker raconta son parcours, ses films avec son second mari, mais botta en touche, avec une certaine mauvaise foi, quand à ses gialli. Tout juste si elle consent à se remémorer ses films avec Jean Sorel, dont elle témoigne le caractère galant et la beauté de l’acteur français avec lequel elle forma l’un des plus beau, voire même le plus glamour, du giallo.
Mais Carroll Baker connut un retour intéressant, quoique dans un second rôle, avec Un flic à la maternelle, ainsi que The Game de David Fincher. Film intéressant, que l’on peut précisément comparer à un giallo de notre actrice, tendance machination, The game ne cesse de faire vaciller les repères de la réalité de son personnage principal et cela avec un certain sens du rebondissement.Salué par la critique, apprécié par le grand public, est-ce que The game, quelque part, ne fait que reformuler la recette de réécriture permanente des normes de la réalité et le dynamisme de Paranoïa avec, précisément, notre star Carroll Baker ?On peut légitimement le penser.
Un partage et une traduction de
UNCLE JACK
Une critique de
TINTERORA
(qui milite activement pour l’abandon des traductions d’Uncle Jack des films déplorables de Robert Bronzi ! Soutenez cette cause ! Rejoignez-moi ! Soutenez le grand cinéma ! Vive assassinio sul Tevere ! )