LE HAREM

(MULTiLANGUES) 

Réalisation : Marco Ferreri

Casting :  Carroll Baker, Gastone Moschin, Renato Salvatori

Durée : 92 min

Année : 1967

Pays : Italie, France

Genre : Comédie dramatique

Histoire : Une femme réunit les trois hommes principaux de sa vie. Ils s’aperçoivent qu’en fait, elle veut se constituer un harem…

MKV DVDRIP 1.22 Go VF + VO + SRT perso

https://1fichier.com/?hqy5spgup3d8x3w8q1hu

Je laisse le soin à Tintorera de vous donner son avis éclairé 

sur ce film de Marco Ferreri.


Harem : la petite perle cachée de Marco Ferreri !

Marco Ferreri ! Un auteur/réalisateur italien qui était fortement connu et reconnu dans les années 70, aussi bien des critiques que du grand public tant sa production, de même que son apparence, connaissaient un certain retentissement. Pourtant, et même inexplicablement, son souvenir semble s’être effacé, comme ignoré, du plus grand nombre tout comme les critiques de films. Cinéaste de films comme La grande bouffe, qui fut un immense scandale lors de sa sortie, ou encore de Rêve de singe ou Touche pas à la femme blanche, le cinéma de Marco Ferreri, d’auteur, ne ressemble à aucun autre et c’est précisément avec un film rare, Harem, sublimé par l’interprétation de Carroll Baker, qu’Uncle Jack vous propose un voyage dans un univers particulier mais ô combien unique.


Margherita, interprétée par Carroll Baker, refuse d’épouser son fiancé Gianni et cela le jour même de leur mariage. Malgré les suppliques de Gianni, Margherita décline tous ses arguments et cela de manière sibylline, comme si elle avait précisément choisi de prendre un autre chemin que celui qui s’offre à elle, celui de la conformité qu’attend d’elle la société. C’est alors que se dessine une autre voie avec le retour de ses anciens amants, dont Mike, René ou encore Gaetano qui aimeraient, eux-aussi, être avec la belle. Justement, par un hasard de circonstances, Margherita les invite à la rejoindre dans une propriété près d’une cité balnéaire. Curieusement, tous ces hommes, aux positions sociales relativement élevées, ne s’affrontent pas pour obtenir l’exclusivité des charmes de Margherita, qui peut les choisir pour un nuit, un  moment, à tour de rôle, comme bon lui semble. Ils vont même, dans un premier temps, jusqu’à accepter relativement, sur le ton du jeu, cette situation de harem inversé. Mais peut-on raisonnablement confiner autant d’hommes qui nourrissent, chacun, un désir d’exclusivité pour la même femme ?


Cinéaste de la transgression, d’une étude féroce sur la place de l’homme au sein d’une société et de ses paradoxes, Marco Ferreri était définitivement un réalisateur à propos et à contenu. Il mettait souvent en exergue les limites ou les scories des individus face à une situation particulière, aux limites de leur humanité, pour en tirer des films qui ont souvent marqué leur époque, ou du moins les critiques et les spectateurs. Et c’est précisément cette limite, celle de l’homme civilisé, rationnel, instruit et évolué, soumis à l’incertitude du choix d’une femme que Harem s’inscrit.  Nos personnages masculins se mettent en quelque sorte au défi de se contenir pour obtenir les charmes, en réalité soumettre une femme, au désir perpétuel de fonder une famille envers une femme qui tarde à les choisir. Une famille ? Oui. Car si le propos sexuel est bel et bien abordé dans Harem, le véritable but des personnages masculin demeure, de manière plus ou moins avoué, de perpétuer l’espèce grâce à une femme de leur choix, une femme qui, dans cette histoire, joue dans un premier temps de son pouvoir d’attraction afin de bouleverser le cœur et les sens de ses prétendants. Elle désire toutefois s’affranchir des carcans sociaux choisis pour elle et déterminés par la tradition, le poids de la société qui lui a tracé une voie balisée avec le mariage, l’enfant, l’obligation de l’élever…ce qui met bien sûr à mal notre quatuor de mâles jusque dans leur masculinité.  Et quand ce stade est atteint, c’est alors que tout peut se produire et que notre histoire prend alors tout son sens…


Film d’auteur parfois difficile, Harem nécessite la participation active de son spectateur afin ce dernier puisse en saisir le sens et la portée. Nous ne sommes donc pas dans un produit codé, ou même un divertissement,  où tout est lissé afin que l’audience ne décroche pas. Au contraire, Harem avait même pas mal décontenancé lors de sa sortie publique, qui se solda par un échec, malgré la qualité du film, tout comme ses décors, splendides, la musique d’Ennio Morricone, discrète mais envoûtante, ou encore, point fort de notre film, le jeu de ses acteurs dont sa vedette principale, l’actrice Carroll Baker !


Actrice venue de l’actors studio alors dirigé par Lee Strasberg, amie de James Dean avec lequel elle joua dans Géant, Carroll Baker connut une belle période avec des rôles variés dont, le plus fameux, celui de Baby Doll en 1955, lui permit de souffler le rôle à Marylin Monroe ou encore La conquête de l’ouest sous la direction de John Ford. Sous contrat avec la Paramount, alors en pleine redéfinition à cause du rachat par la Gulf Western, et malgré le succès de Harlow, le studio peine à lui trouver des rôles et ce fut en promotion du film lors de la Mostra de Venise que lui fut proposé une participation à Harem. Divorcée de son mari Jack Garfein qui prenait la place d’un agent trop autoritaire, Carroll Baker, en pleine reconstruction personnelle et professionnelle, tenta donc l’aventure italienne qui commença donc avec Harem, un échec cuisant, puis avec L’adorable corps de Deborah qui connut un succès qui sut mettre en avant son aura hollywoodienne. Ce film relança l’intérêt pour le giallo, ce qui permit d’en produire d’autres, dont ceux de Dario Argento, puis d’Umberto Lenzi. Le talent d’actrice de Carroll Baker est manifeste mais elle n’eut pas toujours l’occasion de le déployer pleinement. Ce fut donc dans Harem, ainsi qu’Orgasmo, d’Umberto Lenzi, qu’elle fut le mieux servie par des rôles exigeants ou qui permirent d’exprimer davantage de nuances, ou encore d’émotions fortes sinon pures. Une excellente actrice, pour laquelle il est enfin temps de saluer le véritable talent de comédienne.


Les autres acteurs d’Harem complètent fort bien ce casting exigent avec d’abord Gastone Moschin. Né en 1929, décédé en 2017, Gastone Moschin apparait dans presque 100 films ou séries avec, toujours, une incroyable présence à l’écran. S’il remplaça Fernandel lors de l’ultime Don Camillo, Gastone Moschin tourna également dans le cinéma d’auteur ou de divertissement, mais également dans des productions plus prestigieuses telles que le Parrain 2. Sa meilleure prestation fut  peut-être celle de Milan calibre 9 où il incarne, de manière magnétique et animale, le personnage d’Ugo Piazza, dans le silence, comme un fil tendu, et cela pendant tout le film. Une performance, fort belle, pour ce grand acteur populaire en Italie.


Ses autres condisciples sont William Berger, à la filmographie impressionnante, qui apporte également une réelle consiste au rôle de Mike, l’aventurier qui offre à Margherita une panthère, ou encore Michel Le Royer ou Renato Salvatori, jadis époux d’Annie Girardot, dont la composition, dans le rôle de l’avocat de Margherita, en fils soumis, demeure cocasse.


Œuvre rare, bénéficiant pour notre plus grand plaisir d’une belle restauration qui rend justice aux qualités plastiques de notre film, Harem invite donc le spectateur à un voyage intéressant qui met l’homme en face à ses limites anthropologiques. Un film d’un auteur à connaître, si ce n’est à découvrir, pour un cinéma de contenu tel que l’on n’en fait plus, hélas, aujourd’hui.

Une traduction originale de

UNCLE JACK

Un partage de

PHILIPPE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

```