AJOUT VERSION CONTINENTALE
(HD-VOSTFR)
Réalisation : Robert S. Baker, Monty Berman
Casting : Lee Patterson, Eddie Byrne, Betty McDowall
Durée : 85/81 min
Année : 1959
Pays : Angleterre
Genre : Drame, Policier, Thriller
Histoire : Londres vit au rythme des meurtres perpétrés par Jack l’Éventreur. Deux inspecteurs, le Britannique O’Neill et l’Américain Lowry, mènent l’enquête.
VERSION US
MKV HDLight 1080p 2.16 Go VOSTFR
https://1fichier.com/?kmy40o75o4jjqnt177vf
VERSION ANGLAISE
MKV HDLight 720p 744 Mo VOSTFR
https://1fichier.com/?l6cl0i9hdi8q3kehdf9q
VERSION CONTINENTALE
Cette version ne dure certes que quelques secondes de plus, mais vu que les images supplémentaires consistent en deux ou trois plans nichons ainsi que quelques coups de couteau et giclées de sang supplémentaires. A l’époque, seules les copies destinées au marché français avaient bénéficié de ce montage intégral, car c’est bien connu, nous autres bouffeurs de grenouilles, on n’est pas aussi bégueules que les avaleurs de fish and chips : on aime bien la charcuterie et le téton, et surtout les deux ensemble. Sex and violence !
MKV HDLight 1080p 1.77 Go VOSTFR
https://1fichier.com/?yiwggcmxjyl5z96w5kks
De nombreux ingrédients prédisposaient le personnage de Jack l’Eventreur à une carrière fictionnelle intense : le mystère sur son identité, ou bien son positionnement commode à la croisée des genres (entre polar et horreur, il est à lui seul une définition du « thriller ») ; quant au sordide décorum de ruelles malfamées de Londres au sein duquel il perpétue ses crimes, il peut même permettre d’introduire un discours social sur les « classes dangereuses » qui peuplaient certains quartiers des grandes villes britanniques de la fin XIXe siècle. Ajoutez à cela que quelques célèbres comparses de la fiction populaire, tels Sherlock Holmes ou Mr Hyde, rôdaient au même moment dans la même métropole londonienne : tous ont contribué alors à la création de cet espace imaginaire particulier, attaché au règne de Victoria et nourri par les mystères de la grande jungle urbaine noyée baignant dans les brumes inquiétantes du célèbre fog. La fureur criminelle et mutilatrice de Jack l’Eventreur a aussitôt enflammé les esprits, et le tueur n’avait pas encore fini de perpétrer ses 5 meurtres dits « canoniques » à la fin de l’année 1888 qu’une première fiction littéraire tentait déjà d’exploiter le sensationnalisme de l’affaire. Tout est allé très vite, et dans les années qui suivirent des histoires mettant en scène l’Eventreur ont spontanément fleuri dans les fascicules pulp du monde entier. La première œuvre marquante autour de ce mythe sera la nouvelle « The lodger », due à Marie Belloc Lowndes et publiée une première fois en 1911 dans un mensuel américain ; elle sera étirée peu après en un roman plein et entier qui servira de base aux premiers films prenant comme sujet le célèbre tueur en série : en 1927 (Hitchcock), 1932 (Elvey), 1944 (Brahm), 1953 (Fregonese). Une pièce radiophonique britannique de 1948, basée sur une intrigue similaire, est portée à l’écran deux ans plus tard par la Hammer Films : « A room to let » est une des premières incursions de la célèbre firme dans le domaine horrifique. Voilà grosso modo où en étaient les évolutions cinématographiques de Jack l’Eventreur en 1958, c’est-à-dire à la veille de la mise en chantier par Baker et Berman de leur version. Le sujet est certes porteur, mais il était encore bridé par les différentes censures, restées si frileuses que même le nom de Jack l’Eventreur avait été soigneusement éludé jusqu’ici dans les différentes productions, ce qui explique que l’on tournait quelque peu en rond autour du roman de Lowndes. Il s’agissait donc pour les deux producteurs-réalisateurs de ruer enfin dans les brancards et de proposer une histoire moins elliptique et pudibonde, ce dont ils vont certes s’acquitter mais avec une réussite plutôt mitigée comme on va le voir.
Bien que Robert S. Baker ne rechigne pas à mettre occasionnellement la main à la pâte pour la réalisation, et que Monty Berman ait eu une formation de chef-opérateur dans les années 30, les deux compères ont mené avant tout des carrières de producteurs : ils fondent ainsi en 1948 la compagnie Tempean Films, qui va proposer des films de série B plutôt de type policier dans un premier temps ; John Gilling sera un de leurs metteurs en scène attitrés. Durant toutes les années 50, Baker et Berman garderont un œil attentif sur la Hammer Films, dont ils vont suivre les évolutions tout en essayant de donner à leurs productions une touche personnelle qui les différencie un tant soit peu des œuvres de la firme concurrente : ainsi se lancent-ils dans la SF en 1956 avec « The Trollenberg terror », d’abord produit pour la télévision. Les deux producteurs restent aux aguets, et l’énorme succès en 1957 de « The curse of Frankenstein » les pousse à emboîter le pas de la Hammer sur le terrain horrifique ; ainsi l’année suivante vont-ils produire « Blood of the vampire », et se mettre aussitôt à plancher sur « Jack the Ripper ». Si le premier film constitue un parfait décalque de la Hammer, le second va s’en démarquer à la fois sur le fond, avec un thème horrifique qui ne relève pas du fantastique mais annonce plutôt « Psychose », et sur la forme avec un retour au noir et blanc. Ce sont là des traits que l’on retrouvera dans deux autres productions similaires de Baker et Berman, réalisées en 1960 : « The hellfire club », et surtout « The flesh and the fiend », seule vraie réussite de ce trio de films ayant en commun une histoire ancrée dans une certaine réalité historique. La Hammer n’est cependant jamais très loin, ne serait-ce que par les échanges de contributeurs qu’effectuent entre elles les deux compagnies : ainsi pour « Jack the Ripper » et comme précédemment pour « Blood of the vampire », on retrouve au générique le nom Jimmy Sangster, prolifique scénariste qui a contribué au succès des productions de la Hammer. Comme on l’a vu, il s’agissait pour Baker et Berman de faire prendre à « Jack the Ripper » un tout autre biais que celui de « The lodger » ; ils vont donc se baser sur une source livresque très différente, en l’occurrence un étrange article rédigé en 1926 par Leonard Matters, un journaliste australien travaillant alors en Argentine. Matters certifiait avoir mis la main sur les confessions d’un médecin londonien, qu’il surnomme Dr Stanley, et qui aurait commis les crimes de Jack l’Eventreur afin de venger son fils mort de la syphilis après qu’il a fréquenté des prostituées ; Stanley se serait ensuite réfugié en Amérique du Sud… Matters n’a jamais montré l’ombre d’une preuve à ses assertions, et l’on est aujourd’hui à peu près certain qu’il a tout inventé ; son article remporta néanmoins un certain succès, puisqu’en 1929 il en fit un ouvrage intitulé « The mystery of Jack the Ripper », lequel fut le tout premier livre de non-fiction intégralement consacré à l’Eventreur. Le film de Baker et Berman en reprend l’idée générale ; et peu importe que Matters n’ait produit qu’un canular, puisqu’il ne s’agit ici que de fournir de l’inspiration pour un simple film de divertissement. En 1964, on retrouvera une trace des élucubrations de Matters dans un krimi intitulé « Das Ungeheuer von London-City ». Hormis une entrée plus franche et directe que pour « The lodger » dans l’affaire Jack l’Eventreur, il résulte du choix effectué par Baker, Berman et leurs scénaristes le dévoilement de l’identité du tueur ; aussi le film prend-il la forme d’un whodunit, à l’issue duquel le coupable sera bien évidemment celui des protagonistes que nous suspectons le moins.
Les atouts du film sont essentiellement d’ordre plastique, avec un travail de décor et de photographie plutôt soigné, et qui sait tirer un assez bon parti du budget un peu resserré inhérent à ce type de production. Ces éléments visuels ne sont certes pas originaux : ruelles étroites et pavées, réverbères et brouillard étaient déjà des lieux communs bien établis dans le cinéma horrifique et criminel, au moins depuis les monstres de la Universal et le film noir des années 40. A ce titre, si tout cela est ici de bonne facture et a contribué à installer définitivement le mythe de Jack l’Eventreur dans ce style d’ambiance graphique, le film de Baker et Berman ne renoue pas pour autant, en terme de qualité, avec les grandes heures de l’expressionnisme et les prouesses de Karl Freund. Et dans le même effort d’inspiration, la mise en scène peine à se montrer inventive, se contentant d’effectuer quelques cadrages obliques lorsque le meurtrier entre en scène : rien de désagréable, mais tout cela ne va quand même pas chercher bien loin. Curieusement, c’est lors des scènes de cabaret que la réalisation se montre un peu plus inspirée, avec quelques mouvements d’appareil intéressants. Certains aspects du film seront repris de manière plus convaincante plusieurs années après dans l’excellent « A study in terror » : des aspects visuels, mais aussi scénaristiques, comme la présence d’un larbin difforme, tout droit sorti d’un film gothique de la Universal, au service de la médecine ; ce type de personnage était d’ailleurs présent dans « Blood of the vampire », lui aussi scénarisé par Sangster. Pour le reste, un certain nombre de caractéristiques de « Jack the Ripper » sont de toute évidence dictées par des considérations de rentabilité et de large distribution : il n’y rien là de blâmable en soi, surtout venant de producteurs de métier ; à condition tout de même que cela soit fait de manière un peu subtile… Reconnaissons pourtant que cet impératif mène au moins à une réussite : cherchant à concurrencer la Hammer qui avait su donner une identité visuelle forte à leurs créatures, et notamment à Dracula, les concepteurs du film qui nous occupe ici sont parvenu à imposer pour Jack l’Eventreur un accoutrement distinctif qui inspirera désormais toutes ses représentations, avec cape, gants et chapeau haut de forme. Notons en passant que cette tenue allait avoir pour effet d’installer définitivement dans l’imaginaire populaire le fait que Jack l’Eventreur ait appartenu à la classe bourgeoise, sinon aristocratique ; et peu importe qu’il n’y ait là qu’une simple conjecture, puisqu’elle se conforme à merveille avec un topos de la littérature de la seconde moitié du XIXe, où le destin vient souvent faire se mêler un individu des plus hautes classes sociales à ceux des plus basses : on retrouvera cet aspect du scénario dans « The hellfire club » et « The flesh and the fiend ». La recherche d’un large public pour leur film a par ailleurs incité les deux producteurs à rechercher un certain sensationnalisme ; et s’il convient généralement de se méfier de cette facilité, elle reste ici de bon aloi, contribuant aux velléités que commençait à montrer le cinéma de genre de vouloir secouer les carcans de la censure, en matière de sexe et de violence. Et comme il y avait fort à faire en la matière, la marge avec l’outrance et le mauvais goût restait encore suffisamment large pour qu’un peu d’hémoglobine et quelques discrets plans nichons fassent figure d’audaces bienvenues ; cela valut « Jack the Ripper » quelques démêlés avec le British Board of Film Classification ainsi que de multiples versions du film en fonction du niveau de tolérance de la censure des différents pays où il était distribué : je reviendrai là-dessus. Mais ces préoccupations de rentabilité ont également mené Baker et Berman à des choix beaucoup plus contestables : une large distribution aux Etats-Unis étant visiblement présente en bonne place dans le cahier des charges dès la conception du projet, il en résulte l’intégration dans le scénario d’un protagoniste américain venu seconder Scotland Yard. Outre que sa présence est parfaitement superflue et artificielle, ce personnage se voit en outre affublé d’un « look » ridiculement anachronique visant à rameuter dans les drive-in tous les adolescents adeptes des modes dernier cri des 50s finissantes ; vous aurez donc le choix entre éclater de rire ou prendre un air consterné lorsque vous verrez apparaître dans le Londres de 1888 un fringant jeune homme arborant une superbe banane à la Elvis Presley… Et pour en terminer avec les aspects plutôt fâcheux de « Jack the Ripper », force est de reconnaître que Jimmy Sangster ne fut pas toujours un scénariste très inspiré (à moins que ce ne soient les écrivains Peter Hammond et Colin Craig) : on ne peut que constater que le whodunit proposé par le film n’est tout de même pas très élaboré, et l’enquête policière fort rudimentaire ne parvient guère à susciter l’intérêt. En revanche, les annotations sociales concernant la partie la plus pauvre de la population londonienne de l’époque sont un apport bienvenu au traitement du mythe de Jack l’Eventreur, lequel se devra désormais d’intégrer systématiquement cette composante ; et bien que traité sans complaisance quant aux vices des bas quartiers, cet aspect se montre cependant encore timide dans le film, puisque la réalité historique et sociale du quartier de Whitechapel était bien plus sordide et misérable que ce que cette fiction nous donne à voir. Et dans le même ordre d’idée, c’est encore avec beaucoup de pudibonderie que les victimes du tueur nous sont présentées comme des danseuses de cabaret qui gardent malgré tout un certain chic, alors qu’il s’agissait en réalité de prostituées loqueteuses que la dernière extrémité de la misère poussait à se vendre pour quelques shillings.
« Jack the Ripper » sortit sur les écrans britanniques au milieu de l’année 1959, avec un certain nombre de coupes imposées par le BBFC, portant sur des scènes jugées soit trop dénudées, soit trop sanglantes. Et donc, pas de plans trop olé-olé pour les prudes sujets de Sa Majesté, ainsi que des scènes de meurtre plus courtes, et surtout la suppression à la fin du film d’un court plan qui, curieusement, fut tourné en couleur afin qu’on nous donne à voir du sang bien rouge. Il en résulta une version d’une durée de 81 minutes pour nos amis anglais. C’est bien connu, nous autres Frenchies n’avons en revanche pas froid aux yeux, et nos concitoyens de 1960 eurent donc le loisir de pouvoir se délecter d’une version dite « continentale » d’une durée de 88 minutes incluant les poitrines dénudées ainsi que l’intégralité des coups de couteau de l’Eventreur, et la giclée de sang en couleur : si j’avais été cinéphile anglais, rien que pour ça j’aurais traversé la Manche… Quant aux Etats-Unis, le film y trouva réellement une seconde vie après que Joseph E. Levine en a racheté les droits pour son pays. Levine était un producteur-distributeur au sens le plus financier du terme, auquel le sens des affaires donna l’idée, au milieu des années 50, d’importer des films étrangers et grand public, d’investir dans une promotion tapageuse pour les œuvres en question et de les soumettre à quelques retouches, afin d’en tirer le meilleur parti possible en terme de rentabilité lors de leur diffusion sur le nouveau continent. Cela commença avec « Godzilla », et atteint son sommet lorsqu’en 1959 Levine investit 1,5 millions de dollars en doublage et en publicité pour distribuer dans son pays le « Hercules » avec Steve Reeves, qui rapporta ainsi pas loin de 5 millions de dollars… Levine devint ainsi l’inventeur du matraquage publicitaire en matière de promotion des films, une technique encore très en vogue de nos jours. Et hop, c’est reparti avec « Jack the Ripper » : après avoir fait recomposer tout l’accompagnement musical du film, créé un nouveau générique, ajouté l’amorce en voix-off durant les premières secondes, le financier a mis un million de dollars sur la table (au sens propre du terme, si l’on en croit une anecdote) afin d’organiser une promotion de choc pour le film. Cependant, l’accueil du public fut un peu mitigé, et Levine ne réalisa pas les profits escomptés, tout en rentrant quand même dans ses frais ; aussi l’opération fut-elle considérée rétrospectivement comme un échec. En terme de coupures, cette version américaine est intermédiaire entre les versions britanniques et continentales : d’une durée de 85 minutes, elle ne montre toujours pas de plans nichons (ah ben mince alors !), mais un peu plus de violence que sur les écrans anglais, notamment en réintégrant la séquence en couleur.
Les sous-titres ne proviennent pas d’une traduction personnelle, mais sans doute d’une édition DVD ou d’une diffusion TV ; je me suis contenté de quelques minuscules améliorations, ainsi que de refaire le timing et le découpage afin de les adapter au mieux aux versions proposées, britannique et américaine. Pour les sources vidéo, il s’agit dans les deux cas de BRrip ; la version continentale semble avoir été reconstituée elle aussi, et a bénéficié d’une édition BR plus confidentielle, mais sur laquelle je n’ai pas pu mettre la main. Il s’agit donc pour ces deux versions de fichiers de bonne qualité, mais attention, il y a quand même quelques bémols dus au fait que les négatifs 35 mm de « Jack the Ripper » ont tous été perdus. Concernant ce qui est proposé ici, la version américaine a pour avantage d’être plus complète tant en terme de montage (quelques plans supplémentaires) que de cadrage (ratio originel), et le fichier a un poids approprié ; cependant, la numérisation ayant été effectuée à partir d’une copie d’exploitation passablement usée, non seulement un certain nombre de taches et de rayures viennent perturber le visionnage, mais plus encore l’image a perdu une grande partie de ses contrastes. Quant à la version britannique, que je vous propose également, elle présente une image globalement moins dégradée ; en revanche, elle n’est pas aussi complète, et surtout elle a subi un regrettable recadrage en 4:3. Enfin, en ce qui concerne le fichier lui-même, son poids est cette fois insuffisant : je n’ai pas trouvé mieux que 700 Mo, et il en résulte une trop grande pixellisation au moindre mouvement. Vous choisirez ce qui vous convient le mieux ; en ce qui me concerne, j’ai opté pour la version américaine lorsque j’ai revu le film pour écrire ces lignes.
Un partage de












