DOUBLE DOWN

 (VO + SRT)


Réalisation : Neil Breen

Casting : Neil Breen, Laura Hale, Mike Brady, Robert Di Francesco, Bonnie Carmalt, George Kerr,….

Durée : 93min

Année : 2005

Pays : USA

Genre : Expérimental, espionnage dans le désert, divine intervention ratée


A Las Vegas, un génie en informatique hacke la ville tout en affrontant ses démons intérieurs…



MKV DVDRIP 1.52 Go VO + SRT perso

https://1fichier.com/?eaub9h4jraab55z2f9wb


La critique ultime de JOE PATRONIE 


I CAN’T BELIEVE THIS


Il faut le voir pour le croire

Il faut y croire pour le voir


Une première œuvre magistrale,

Séminale.

La naissance d’un auteur.


Naissance/Histoire

Si le tout premier plan du film (ni le deuxième) n’est pas de lui mais d’une banque d’images, ce n’est pas un hasard.

Sans histoire du cinéma, un déni.

Neil Breen ignore consciemment ou non qu’avant lui le cinéma existait.

Il s’en bat les roustons avec la force d’un Titan.

À quoi bon ?

Parce qu’après lui, le cinéma sera à jamais changé.

Il est là pour le grand reboot.

Sa place se fait naturellement.

Car il EST son cinéma.


Sable/Thon

Neil Breen erre dans le désert, ne mangeant que du thon, pianotant sur des PC pas allumés et entouré de téléphones à clapet.

Dit comme ça, c’est rigolo, mais le voir est une autre expérience. On admire la toute-puissance technologique de la rage froide faite homme.

Escaladant des rochers en s’essuyant discrètement les fesses, il espionne la planète, aide, surveille, juge et tue parfois.

Il se change dans des chiottes du désert, dernier îlot de pureté avant d’arriver à Vegas, capitale du Mal, pour ourdir un plan dont lui seul connaît les tenants et les aboutissants.


Qui/Lui

Il est un super soldat, pas du tout athlétique (pourquoi faire ?), bourré d’implants électroniques, un cyborg du futur mais toujours terriblement humain par le déchirement douloureux de son amour perdu.

Un peu un soldat de l’hiver, mais sans neige et sans hiver.

De soldat, il a les médailles. Plein.

Le désert est son royaume, il en connaît chaque pierre, chaque roche, chaque ombre.

Il grimpe, court, dort, mange, tue, hurle, recherche du réseau, soliloquant, nous immergeant dans sa diarrhée mentale, dans ce maelstrom de pensées absconses.

La mort en flashback de sa femme est un moment terrible, aussi violent que poignant.

Un sommet d’acting hors des standards qu’on nous a inculqués de force toute notre vie.

On y voit les fesses impériales de NB et c’est un cadeau qu’il nous fait, pour notre joie la plus érotique.


Rencontre/Miroir

Plus tard, il rencontre un vieux qui est peut-être un lui du futur, un aigle, ses parents.

Il est seul avec ses fantômes.

Il se voit jeune. On le reverra enfant dans d’autres films.

Il ne va pas bien, il est frêle et blanchâtre, sans doute une boîte de thon périmée.

Puis vient le moment du Breen guérisseur, le mage, le titan, l’agent de l’ombre et de la lumière, déjà double, comme dans les deux cadres de ses deux derniers films.

On y retrouve même la fausse barbe en plastique, synonyme de confusion et de tromperie.



Cadre/Action

Chez Breen, un dialogue est un plan fixe, le contrechamp est inexistant.

Pas de fioritures.

On y complote sur des parkings de supermarchés, on manipule de l’anthrax pépouze et on vole des Rolls en empoisonnant des fraises à la seringue pour les plonger dans du champagne. Car l’Amérique c’est aussi ça…

La dernière boîte de thon périmée terminée, il pète un plomb, court, tombe, saute, rampe et crie dans le désert, se roule dans la poussière en parlant à des flashbacks et montrant un maximum de plans Shutterstock achetés en pack promo.

Il filme la non-action comme un non-James Cameron, il n’y a pas encore d’explosions YouTube Chromakeys. Chaque chose en son temps. Les artifices seront pour la suite.

Restons vrais.


Obsessions/Récurrence

Visions de son aimée, amour d’enfance perdu à jamais cette fois, amour qui guide sa vengeance.

L’aigle.

L’aigle, toujours.

Il commente ce qu’on aurait aimé voir, il commente pour qu’on ne voie pas. Il nous montre la raie de ses fesses.

La dernière demi-heure est l’annonce séminale des 5 films suivants. Dans ce film, il est double en 1.


Rêve/le désert des possibles

Sommes-nous dans une réalité ou dans le délire d’un homme intoxiqué par du thon en boîte ayant trop longtemps séjourné dans un coffre de voiture en plein soleil du désert du Nevada ?

On pourrait lire ce film comme ses visions fiévreuses et malades. On ne peut en être certain tant la réalité se dérobe sous nos pieds.

Pour autant, Breen semble (sur)vivre dans un désert qui pourrait bien être un bout de la Zone 51, ce qui pourrait nous mettre sur une piste…



Premier/Dernier

Le Maître s’est dit que ce serait sans doute son premier et dernier film, alors il a tout mis, brutalement, en vrac, comme une bouée jetée dans un océan de chaos, et s’il en fait un autre, il développera ses visions.

Ce qu’il a fait.

Si bien.

Nous sommes affamés de ses images.


Nous sommes dans son monde.


Nous voyons et nous croyons

Nous croyons et nous voyons

Enfin.


Un partage et une traduction de

GAGOON


Le lien nanarland : 

https://www.nanarland.com/chroniques/aux-portes-du-nanar/experimental/double-down.html

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