LA CARAVANE

 HD

(VOSTFR)


Réalisation : Lambert Hillyer

Casting : William S. Hart, Jane Novak, Robert McKim, Lloyd Bacon

Durée : 68 min

Année : 1919

Pays : USA

Genre : Western


Histoire : Buckskin Hamilton guide un convoi de pionniers vers la Californie . Il a accepté cet emploi et en a les capacités , mais son but inavoué est de retrouver l’assassin de son frère qui se cache parmi les émigrants …



MP4 HDLight 720p 1.45 Go VOSTFR perso

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C’est avec un émoi tout particulier que je vous soumets le post de cette semaine ; car après plus d’un an de rendez-vous hebdomadaires sur Warning Zone, tout se passe un peu comme si ma démarche n’aurait eu pour seul but que d’avoir le plaisir d’évoquer un jour – enfin ! – une grande figure du 7e art, aujourd’hui un peu oubliée mais qui est chère à ma cinéphilie : celle de William S. Hart. Comme vous peut-être, je fais partie de ceux qui considèrent qu’on peut tout à fait aimer le cinéma sans aimer telle ou telle catégorie de films, mais certainement pas sans aimer les westerns ; or si l’on ajoute à cela que Hart fut non pas le premier à en tourner ou en interpréter, mais celui qui aura inventé LE western, au sens le plus noble du terme, vous comprendrez toute l’importance que revêt l’affaire… C’est donc empli d’un sentiment de timide déférence envers ce grand monsieur, né durant la conquête de l’Ouest et ami de Wyatt Earp, que je m’apprête à lui rendre un humble hommage par quelques paragraphes dont la maigre prose ne saurait de toute façon être à la hauteur de la dignité cinéphilique de son sujet ; cette réserve nécessaire étant faite, je me lance malgré tout afin d’évoquer les principaux aspects d’une carrière d’acteur, de producteur, de réalisateur, d’écrivain et de collectionneur, centrée presque exclusivement autour de la mythologie de l’Ouest américain, et vous présenter également quelques-uns des films marquants de sa somptueuse carrière. Et comme il serait bien sûr tout à fait indécent de ma part de ne consacrer qu’un unique petit post à une figure aussi imposante et respectable, nous retrouverons donc William S. Hart dès la semaine prochaine et sans doute plus longtemps encore, avec à chaque fois un long-métrage accompagné d’un petit « two-reels » (deux bobines) en guise de bonus. C’est parti.


Ni Tom Mix ni William Hart ne furent les premiers cow-boys à l’écran, au sens de héros récurrents, puisque Broncho Billy Anderson les précéda dès 1903 ; mais ils en furent les successeurs immédiats, réclamés par un public déjà très friand de ce que l’on appelle pas encore le western, le terme n’apparaissant qu’en 1912 dans la presse spécialisée, et n’accédant à un usage populaire qu’à la toute fin des années 1910. Avec Broncho Billy, un certain ton est donné qui affectera pour longtemps le western, et c’est avant tout le cliché qui va dicter sa loi au genre. Son manichéisme est appuyé, les costumes du héros sont toujours impeccables, et lui-même est moralement irréprochable : personne ne veut entendre parler de réalisme historique, l’Ouest est avant tout un mythe qu’il s’agit d’idéaliser à tout prix. De ce point de vue, Tom Mix va se situer dans le sillage direct de Broncho Billy, en lui apportant ce sens de l’action virevoltante qui le caractérise : nous verrons bientôt tout cela en détail, j’ai prévu de lui consacrer un post ou deux. Or c’est cette ligne directrice qui va durablement handicaper le western en le privant de toute élévation thématique et formelle, le maintenant dans l’étroitesse de vue d’une production de masse répétitive et sans ambition, destinée pour l’essentiel à distraire un jeune public. Pourtant, quelqu’un aura tenté très tôt de parer le western d’une certaine noblesse ; il s’agit donc de William Surrey Hart, dont le succès fut tout à la fois immédiat mais de courte durée : apparu à l’écran en 1914, il sera déjà sur le déclin au début des années 20, le public lui préférant en fin de compte les facéties de Tom Mix… En 11 ans de carrière cinématographique, Hart tourna dans 65 films (dont plus d’une vingtaine de courts-métrages), presque exclusivement des westerns ; il y fut non seulement l’interprète principal, mais dans la plupart des cas il prit également part à la production et à la réalisation aux côtés de metteurs en scène attitrés (Lambert Hillyer, Reginald Barker, Clifford Smith, etc), tant et si bien que sa filmographie en tant que réalisateur ou coréalisateur reste difficile à établir avec certitude. Toujours est-il que l’influence de son œuvre n’allait se révéler déterminante que bien plus tard, lorsque le western allait enfin se décider à passer à l’âge adulte ; ses films furent alors réappréciés à leur juste valeur, en tant que précurseurs incontournables de toute une nouvelle génération : William S. Hart allait ainsi devenir rien de moins que l’inventeur de toute la richesse thématique et stylistique du genre-roi du cinéma hollywoodien. Il semble qu’on puisse dégager quatre caractéristiques principales de son œuvre, la plus importante étant son attachement pointilleux au réalisme historique. Très fin connaisseur de l’Ouest (j’aborderai la semaine prochaine certains éléments biographiques), ce cow-boy emblématique n’aura eu de cesse de veiller à ce que décors, costumes, accessoires et annotations diverses soient conformes dans ses films à ce qu’il avait connu dans les contrées sauvages de sa jeunesse ; et à l’opposé des prouesses acrobatiques de Tom Mix, William S. Hart a toujours sacrifié l’action à la vraisemblance historique. Le deuxième signe distinctif de son œuvre réside dans le moralisme parfois édifiant mais toujours sincère qu’il prêtait à ses personnages sur l’écran, et les dilemmes auxquels ceux-ci étaient confrontés servaient de charpente à des intrigues qui tranchaient avec le simplisme univoque des héros de westerns d’alors. Son personnage le plus récurrent, et qui le rendit célèbre, fut ainsi celui du « good bad man », un bandit en voie de rédemption que l’amour d’une jeune fille pure va bientôt faire rentrer dans le droit chemin ; le court-métrage en bonus de ce post est une bonne illustration de cette thématique, de même que le personnage de Rio Jim sous lequel William S. Hart se fit connaître auprès du public français des années folles. Le troisième aspect qui singularise ses westerns réside dans le jeu, la stature et le physique de Hart, figure du cow-boy hiératique par excellente : son interprétation très travaillée (nous y reviendrons la semaine prochaine) alterne entre une expressivité propre au cinéma muet et une sorte d’impassible granitique, doublée d’une gestuelle mesurée, qui serviront évidemment de modèle bien plus tard à tous les Randolph Scott, les Gary Cooper et autres Joel McRea par lesquels nous sommes tous entrés dans l’univers du western. Et il est émouvant de redécouvrir aujourd’hui, grâce à la nouvelle diffusion des œuvres que permet le numérique, que tous nos héros de « La dernière séance » de M. Eddy ont eu ce même vénérable ancêtre à qui nous devons donc à peu près tout de nos émerveillements d’enfance. Enfin, la dernière caractéristique que je souhaitais mettre en avant est une résultante naturelle des deux précédentes : elle concerne la touchante poésie qui se dégage indubitablement des œuvres de William S. Hart, pour peu que nous jouions le jeu des préoccupations morales qui affectent le personnage du cow-boy rugueux aux yeux clairs. Sur ce sujet, mieux vaut laisser la parole au célèbre critique Jean Mitry qui écrivait à propos de Hart : « Tout ce que l’expression de sentiments frustes peut évoquer, suggérer, éclate ici avec cette ferveur naïve, cette sincérité, cette évidence qui est la poésie même ». Vous en jugerez vous-même, car maintenant, place aux œuvres.


Il me faut d’emblée reconnaître que le choix de « Wagon tracks » en guise d’introduction à l’univers de William S. Hart est discutable, le film n’étant ni le meilleur dans lequel il ait tourné, ni surtout représentatif du type d’histoire qu’il aimait tourner, car pour cela je vous renvoie plutôt au court-métrage bonus, et surtout au post de la semaine prochaine qui sera cette fois consacré à un authentique chef-d’œuvre. Ce sont des considérations bien plus pragmatiques qui m’ont fait adopter ce choix, « Wagon tracks » étant le seul film de Hart ayant bénéficié d’une belle édition HD. Pour autant, il s’agit d’un western de très bonne qualité (comme toujours avec cet acteur), et qui tient comme on va le voir une place importante dans l’évolution du genre. De plus, si Hart n’y incarne pas son habituel « good bad man », l’œuvre reste très emblématique de son interprète principal par le fait qu’elle résulte du travail d’une équipe déjà très soudée autour de notre héros de l’Ouest. A la production du film, hormis Hart lui-même on trouve ainsi le nom de Thomas H. Ince, personnage d’une importance capitale non seulement pour Hart qu’il lança sur les écrans en 1914, mais plus généralement pour le western dont Ince fut le premier grand pourvoyeur, et même pour le cinéma en général puisqu’on lui doit l’invention du métier de producteur, excusez du peu ; j’ai déjà eu l’occasion de vous parler sur ce blog de cette personnalité de premier plan dans les débuts du cinéma américain, je vous renvoie pour cela à « On secret service ». De l’entourage filmographique habituel de William S. Hart, on retrouve également sur « Wagon tracks » le scénariste C. Gardner Sullivan, importante figure du cinéma muet qui travailla sur au moins six des grands films de Hart ; quant au réalisateur Lambert Hillyer, au chef opérateur Joseph H. August et au directeur artistique Thomas A. Brierly, ils avaient également officié à de nombreuses reprises sur les plateaux de tournage de notre fameux cow-boy. Du côté de la distribution, la belle Jane Novak a joué dans cinq de ses films (leur collaboration s’est arrêtée après qu’elle lui ait flanqué un râteau…) ; quant à Robert McKim, qui interprète le méchant, il a joué au moins sept fois aux côtés de Hart, et fera merveille l’année suivante face à Fairbanks dans « The mark of Zorro ». Bref, on ne répétera jamais assez qu’au cinéma, il n’y a pas d’auteur sans équipe solide et stable, et à ce titre William S. Hart a toujours su s’entourer fidèlement ; ces présentations faites, passons au film lui-même.


« Wagon tracks » se présente comme une histoire de vengeance construite en deux parties distinctes. Le premier tiers du film relève d’un type marginal de western ayant trait à un imaginaire sudiste particulier, celui des bateaux-casinos qui sillonnaient le fleuve Mississippi dans les décennies précédant la Guerre de Sécession : parties de poker (où l’on triche, bien sûr), roues à aubes, élégance des manières et à fond de cale, des Noirs qui chantent des airs du Sud… On reverra cela par la suite, dans les différentes versions de « Mississippi gambler » et autres « Show boat » ; le film de William S. Hart en présente donc une des premières occurrences. La seconde partie, elle, est bien plus importante non seulement en longueur mais surtout d’un point de vue thématique : mettant en scène le cheminement d’une caravane de pionniers, elle est elle-même pionnière puisqu’elle va clairement servir d’inspiration pour un jalon important du western tourné 4 ans plus tard, « The covered wagon », lequel fut la toute première superproduction du genre et que je vous avais présenté il y a quelques mois ici sur Warning Zone. Avec « Wagon tracks », William S. Hart va se trouver au plus près de cette vérité historique qu’il a toujours recherchée, et c’est donc en empruntant cette fameuse piste de Santa Fe qu’il va ainsi ouvrir la voie à tous les futurs réalisateurs de westerns épiques. L’influence de ce film est d’ailleurs si déterminante que la première œuvre majeure du western parlant, « The big trail » (de Walsh, avec John Wayne), allait reprendre explicitement cette trame scénaristique de vengeance sur fond de convoi vers l’Ouest. En tant qu’acteur, c’est dans toutes les scènes de tension, de soupçon et de colère rentrée que Hart est le plus convaincant ; cela tranche en tout cas favorablement avec les expressions beaucoup trop larmoyantes qu’il affecte dans la première partie, lorsqu’il découvre la mort de son frère. Ce qui est tout à fait fascinant chez lui, c’est la grande unité formelle qui caractérise ses œuvres, et qui résulte probablement de cette cohésion que j’évoquais de l’équipe technique qui officie autour de lui ; or c’est justement cette unité formelle qui permet l’éclosion de cette touchante poésie qui émane de ses films. « Wagon tracks » est ainsi l’occasion de mettre en scène les grands espaces de l’Ouest américain ; mais contrairement à « The big trail » qui semble rechercher davantage les paysages boisés, le film de Hart privilégie les lieux désertiques et sablonneux, afin de corréler la sécheresse des sentiments qui animent le personnage, obsédé par sa vengeance, avec l’aridité de ces paysages austères où le sublime côtoie la désolation. Cette subtile cohésion trouve son point d’orgue dans la célèbre Vallée de la Mort, au cours d’une scène paroxystique suffisamment étonnante (elle semble anticiper sur « Greed » de Stroheim) pour qu’on en pardonne les invraisemblances scénaristiques, et au cours de laquelle le personnage joué par Hart met en œuvre un stratagème inattendu pour découvrir le meurtrier de son frère. A ce sujet, il est intéressant d’évoquer un film mineur bien ultérieur, « The showdown », que j’avais proposé précédemment dans un post et dont le scénario est très clairement calqué sur celui de « Wagon tracks » : alors que cette petite série B des années 50, surfant sur la vague du film noir, proposera la désignation d’un coupable après une enquête en bonne et due forme, William S. Hart procède d’une toute autre logique lorsque son personnage met en œuvre, pour cette désignation, une sorte d’ordalie des temps anciens, surprenante mais très évocatrice ; or cette étrange poésie barbare qui s’en dégage n’est autre que l’essence même du western, lequel ne fait au fond que relater les actions d’hommes frustes en proie à la rudesse d’une nature hostile. Sortes d’œuvres d’art totales, les films de Hart résultent donc de composantes qui contribuent chacune à l’effort poétique de l’ensemble ; et dans « Wagon tracks », même les intertitres, dus au spécialiste Irvin J. Martin, viennent aider à cette élaboration artistique d’ensemble : formellement très travaillés dans leur lettrage et leurs fonds peints, ils sont le plus souvent rédigés dans un beau style élégiaque. Enfin, et comme je l’avais évoqué de manière plus générale dans l’œuvre de William S. Hart, le dilemme moral qui s’impose invariablement à ses personnages explose ici dans la dernière partie du film, à la fois comme contrepoint et complément à la dureté primitive des passions tristes d’un héros traînant comme un boulet sa haine et son désir de vengeance. D’aucuns verront trop d’outrance dans le caractère très édifiant de toutes ces tergiversations ; pour ma part, je n’y vois que le parachèvement moral d’une entreprise esthétique qui a toute mon estime, quand bien même l’exaltation de la vertu y prendrait le risque d’une certaine démesure. Enfin, dans cette évocation de la puissance poétique de « Wagon tracks », il convient de mentionner l’apport essentiel de Joseph August, dont le travail photographique est de toute beauté ; mention spéciale aux scènes nocturnes de la dernière partie du film, donnant lieu à des images particulièrement réussies.


KNIGHT OF THE TRAIL (1915)

Jim Treen, un cowboy, a caché à sa fiancée Molly son passé de brigandage et de rapines. Lorsque celle-ci l’apprend, folle de colère, elle se décide à épouser un inconnu. Mais ce dernier n’en veut qu’à l’argent de la jeune femme…


Court-metrage (23 min) VOSTFR perso

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Sorti en août 1915 par la Mutual Film, « Knight of the trail », que je vous propose en bonus, est un des nombreux courts-métrages de deux bobines que William S. Hart tourna sous l’égide de Thomas H. Ince, également ici scénariste. Ce sera aussi l’un des derniers, l’engouement du public tant pour Hart que pour les long-métrages faisant passer rapidement leur tandem à des productions de format plus ambitieux. Ce petit film est emblématique du type de personnage récurrent incarné par Hart, celui du bandit en passe de reprendre le droit chemin par amour pour une jeune dulcinée. Pour vous rendre compte du succès de cette formule scénaristique, revoyez donc « Straight shooting » que j’avais proposé sur ce blog, et vous vous apercevrez que le premier long-métrage de John Ford ressemble à s’y méprendre dans sa conception aux films de William Hart ; d’ailleurs, Ford va carrément jusqu’à reprendre un plan figurant dans « Knight of the trail », celui où Hart/Carey se retrouve face à une affiche mettant sa tête à prix et s’en amuse. Ces courts-métrages de Hart étaient d’ailleurs si populaires qu’ils furent exploités jusque dans les années 20, parfois remontés et munis de nouveaux intertitres, comme c’est le cas ici : la version de « Knight of the trail » que vous verrez n’est donc pas celle de la Mutual, mais celle que ressortit la Tri-Star en 1923 ; entre-temps, il y avait même eu une autre ressortie en 1918 par la W.H. Cie. Symptôme évident d’un type de production très sériel, la concision de ces bandes n’empêche pas pour autant les approximations de scénario ; ainsi dans « Knight of the trail », je défie quiconque de m’expliquer pourquoi le méchant décide bêtement de se trahir en envoyant une lettre dévoilant sa fuite… Qu’importe, tout cela reste distrayant, et c’est surtout l’occasion de jouer les prolongations en ayant le plaisir de voir à nouveau évoluer sur l’écran la figure magnétique de Hart, avec ses gestes sûrs et ses affectations sans excès, véritable statue antique que l’on aurait équipée d’un chapeau et de deux colts à ceinturons : effet garanti. Ah, oui, au fait, le méchant, c’est Frank Borzage, qu’on voyait souvent jouer dans les productions de Ince.


« Sous-titrage maison » selon l’expression consacrée, avec bien sûr traduction directe des intertitres anglais. Concernant la partie vidéo, j’ai utilisé pour « Wagon tracks » un rip de la très belle édition blu-ray concoctée par Olive Films ; à noter que la durée originelle du film était de 78 minutes, que certains sites mentionnent une version de 64 minutes et que celle-ci fait 68 minutes… Cependant rassurez-vous, rien ne semble manquer dans l’intrigue. Pour « Knight of the trail », c’est beaucoup moins luxueux pour la qualité de l’image, mais ça reste quand même regardable ; j’ai fait de mon mieux pour sélectionner la meilleure copie que j’ai pu trouver. Et dites-vous bien que tout cela n’était qu’une aimable mise en bouche ; si vous l’avez appréciée, alors rendez-vous la semaine prochaine pour un nouveau post sur William S. Hart, et je vous garantis que cette fois ça sera du grand, du beau, du lourd, du dantesque… Du cinéma, quoi !



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