HD
(VOSTFR)
Réalisation : Miguel Faria Jr.
Casting : Joaquim de Almeida, Anthony O’Donnell, Maria de Medeiros
Durée : 118 min
Année : 2001
Pays : Bresil, Portugal
Genre : Comédie, Policier
Histoire : À Rio de Janeiro, en 1886, un violon stradivarius qui devait être offert par Sa Majesté l’empereur du Brésil à l’une de ses maîtresses est volé. Ce crime, inoffensif en soi, défie les autorités et, plus important, embarrasse grandement l’empereur. Sur les conseils de Sarah Bernhardt, qui est en tournée en Amérique du Sud, on demande au grand Sherlock Holmes de venir de Londres pour résoudre cette affaire…
M4V HDLight 1080p 1.85 Go VOSTFR
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Je n’aime pas qu’on se moque du docteur Watson. Certes, cette énième variation cinématographique sur les péripéties de Sherlock Holmes n’est pas sans qualités, en se proposant notamment de sortir le célèbre enquêteur de son habituel brouillard londonien pour lui faire découvrir un décor plus ensoleillé. Car tout en restant bien ancré dans son époque victorienne, le célèbre personnage prend cette fois le bateau pour arriver sous les tropiques brésiliennes, en vue de faire profiter de ses capacités déductives la police locale dépassée par une série de meurtres. Or cet ancrage chronologique s’avère d’une part assez habilement transposé dans l’histoire du pays, la fin des années 1880 étant marquées au Brésil par l’abolition (enfin !) de l’esclavage, et d’autre part son illustration est plaisamment étoffée par la convocation de quelques autres personnages clés liés à l’imaginaire de cette époque. Mais si, à cet effet, l’irruption dans le scénario de Sarah Bernhardt en tournée dans ces chaudes contrées est une surprise réjouissante, celle de Jack l’Eventreur est en revanche bien moins originale : la confrontation de ces deux figures victoriennes que sont Holmes et l’Eventreur ayant déjà été largement usitée par le cinéma (« Murder by decree », « A study in terror »), elle perd ici de sa pertinence et donne une fâcheuse impression de déjà-vu. Mais bon, malgré ces quelques réserves, auxquelles on peut ajouter une mise en scène pas très inventive et un humour pas toujours finaud, voici malgré tout un divertissement qui reste de bon aloi, dont les péripéties se suivent sans encombre et prennent place dans des décors soignés et correctement photographiés. Alors certes, toute la communauté holmésienne est ravie de retrouver son héros dans ce cadre exotique assez inattendu, et cela sans que ne soient omis quelques attributs notoires du célèbre détective (pipe, violon et cocaïne) qui peuvent garantir au film d’être validé par les instances les plus strictes de la holmésologie ; cependant, je me permets d’apporter une réserve très personnelle à cette certification, et par conséquent à la satisfaction que procure le visionnage du film, et cela malgré la relative modestie de mes qualifications dans la science holmésienne. Car je n’en démordrai pas : je n’aime pas qu’on méprise le docteur Watson.
Car, sans même vouloir tourner en ridicule le personnage comme c’est le cas dans le présent film, le simple fait de vouloir réduire Watson au rôle de faire-valoir pour Sherlock Holmes constitue déjà à mes yeux une erreur d’interprétation, si ce n’est une faute. J’estime en effet que ce personnage rempli de tact et de d’attention à l’autre n’incarne rien moins, dans le duo imaginé par Conan Doyle, que la part d’humanité et la touchante modestie qui font le plus souvent défaut à son génial comparse ; de ce point de vue Holmes et Watson sont complémentaires, même si c’est le premier qui résout les enquêtes. Oui, car alors que le bouillonnant Sherlock Holmes fait souvent peser sur son entourage bien des désagréments liés à sa qualité d’être d’exception, Watson me plaît par la loyauté qu’il montre et qui n’a rien d’une soumission servile, mais relève plutôt d’une attitude bienveillante et presque paternelle envers les turbulences fantasques de son ami excentrique. D’ailleurs, la suprême marque d’intelligence de Holmes réside dans le fait que, au fil des nombreuses péripéties qu’affrontent les deux acolytes, jamais il ne se départit du respect qu’il doit au docteur. Ce dernier, alliant simplicité et dignité, possède en outre tout le courage et l’honneur qui sied à son statut d’ancien militaire revenu de guerres lointaines, et aujourd’hui modestement pensionné suite à une blessure par balle qu’il en a rapportée. Et qu’on ne vienne surtout pas me dire que sa modestie et sa gentillesse font de Watson un être falot : une lecture attentive des nouvelles vous montrera qu’il peut lui aussi avoir ses vices et ses excès (le jeu), et qu’il sait volontiers jouir du succès qu’il a auprès des femmes (sur 3 continents !), ce qui tranche singulièrement avec l’énigmatique chasteté de son compère. Non, décidément, voir le réalisateur de ce « Xangô de Baker Street » faire de l’excellent Watson ce pitoyable bouffon qu’il nous donne à voir m’indigne au plus haut point. Car ne nous y trompons pas : en faisant du digne docteur le témoin patient et le rapporteur généreux des aventures d’un personnage aussi irréel que Sherlock Holmes, c’est toute une foi en l’homme que nous transmet Conan Doyle. Ce que je veux dire, c’est que Watson, c’est vous, c’est moi, c’est le quidam qui vient de passer à l’instant dans la rue, bref c’est l’homme du commun, celui dont les aptitudes ne sont pas celles d’un être d’exception comme Holmes ; Watson ne se prénomme pas Sherlock, lui, mais John ou James, selon les épisodes… Et par l’attention bienveillante qu’il porte à ce docteur tout en modestie, j’aime croire que le grand Conan Doyle ne nous méprisait pas, nous autres les monsieur-tout-le-monde qui parfois, à l’image de ce personnage, se font les humbles scribes gribouillant çà et là quelques phrases maladroites à la gloire de ceux dont nous admirons les œuvres. Par conséquent, je n’aime pas qu’on se paye la tête de Watson.
Allons, revenons quand même un peu à ce film, pour en mentionner un aspect qui, curieusement, le rend daté alors même qu’il n’a été tourné il y a deux décennies à peine. En effet, l’imaginaire populaire de l’époque était encore encombré par cette figure exaspérante du « serial killer », et toute cette fichue Hannibal-Lecter-American-Psycho-mania battait encore son plein. Il était alors impossible de tourner le moindre film criminel, d’écrire le moindre polar sans y faire figurer a minima un de ces ridicules psychokillers enchaînant les tueries gores qu’ils agrémentaient d’énigmes tarabiscotées tout en se roulant dans leur caca ; emporté lui aussi par cette mode prégnante, « O Xangô de Baker Street », tout en prenant l’air de les traiter avec une certaine ironie, ne peut s’empêcher malgré tout de nous en servir quelques clichés compassés. Pour le reste, et comme je le disais au début, ce métrage sud-américain constitue une aimable distraction devant laquelle les holmésiens et holmésiennes de toute obédiences auraient tort de bouder leur plaisir, bien que certains semblent estimer qu’il y aurait davantage de satisfaction à trouver dans la lecture du roman de Jô Soares dont le film est adapté, et qui a été publié par chez nous sous le titre « Elémentaire, ma chère Sarah ». Peut-être l’éloge que l’on fait de ce livre comparativement au film, il faudrait le vérifier, tient dans le fait qu’on y cède moins à certaines facilités, ou qu’on ne cherche pas à nous y amuser aux dépens de ceux dont la rectitude et l’effacement sont les marques de la sagesse des humbles ; car au risque certain de me répéter – mais ne faut-il pas enfoncer tous les clous même les plus insignifiants ? – je me permets de vous l’asséner une dernière fois, au cas où vous prendriez tout cela en route, et j’adopte pour cela le ton de l’indignation la plus sincère : je n’aime pas qu’on se moque du docteur Watson.
Sous-titrage hybride : j’ai repris une traduction effectuée par captain midnight, que j’ai un peu corrigée, partiellement reformulée, redécoupée et adaptée au BRrip. Notez d’ailleurs que cette première mouture était de qualité fort honorable, le captain ayant le bon goût de concocter des sous-titres largement au-dessus de la moyenne ; si je me suis permis d’élaguer et de reformuler, c’est que j’estime qu’au-delà de 20 ou 22 caractères à la seconde, la lecture d’un sous-titrage devient vite un exercice pénible. Et le tout a fini réincrusté (eh oui !) sur une belle copie HD qui vous permettra d’apprécier, ou pas, ce petit film malgré tout sympathique.
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