Voici une petite poignée de courts-métrages auxquels il sera vain de trouver un point commun : ils sont de thématiques, techniques, époques et lieux différents, et ne correspondent qu’à des hasards de choix de sous-titrages. Je les présente dans l’ordre décroissant et subjectif de l’intérêt que je leur ai trouvé.
PAVONCELLO (1969)
M4V 182 Mo 27 min VOSTFR
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Tourné pour la télévision polonaise en 1967, « Pavoncello » est le troisième et dernier court-métrage qui précède, dans la filmographie d’Andrzej Zulawski, le passage au long-métrage qu’il effectuera 4 ans plus tard. Etant à peu près étranger à l’œuvre de ce cinéaste, je ne saurais dire si ce curieux petit essai contient en germe des thématiques ou des figures de style qui préfigurent la carrière du cinéaste pour le grand écran ; toujours est-il que « Pavoncello » semble vouloir jouer sur la mise à rude épreuve des sentiments (amour érotique et amour propre), en les faisant côtoyer les frontières de la perversion, tout en se gardant toutefois de les dépasser. Réalisée avec un goût certain, cette petite fable distille donc de manière très subtile le poison psychologique mais sans jamais rendre trop évidentes ses intentions. L’expérience se situe à deux niveaux, celui du sentiment amoureux et celui de l’opposition des classes sociales ; or le premier se déroule sur fond de frustration sexuelle et le second sur fond de mépris et d’humiliation. Et ces deux registres, bien entendu, sont subtilement intriqués ; dans ce discret jeu de massacre, ce sont les classes aristocratiques et de haute bourgeoisie qui en prennent pour leur grade, la classe laborieuse bénéficiant de l’innocence virginale : ouf, la morale marxiste est sauve ! Très intéressant, assurément, d’autant plus que la mise en scène sait installer avec brio un climat d’étrangeté parfois proche du surréalisme. On suspecte donc fortement l’influence de Buñuel, pour la tonalité dominante ; ce qui n’exclue pas quelques teintes additionnelles : telle cette scène durant laquelle le mari « de confort », réduit à une voix inquiétante derrière la porte, hésite à s’immiscer dans la chambre des amants, une scène qui m’a paru relever du cinéma gothique. On remarquera par ailleurs une intéressante mise en abyme induite par la profession exercée par le protagoniste fauché : il est musicien dans un cinéma dans les années 1910, ce qui nous vaut d’ailleurs quelques images extraites d’un film muet avec Pola Negri. Pour finir, signalons que « Pavoncello » est à l’origine une nouvelle du grand écrivain Stefan Zeromski, issu de la noblesse ruinée (thème présent dans l’histoire), et que cette adaptation réussie (mais fidèle ? ça je ne sais pas…) par Zulawski sera réemployée au début des années 70 comme épisode d’une série anglo-polonaise, « Theatre macabre », présentée par Christopher Lee. Pour le sous-titrage, j’ai effectué une traduction indirecte d’après des sous-titres anglais, ainsi qu’un retiming complet, le tout sur une copie TVrip de qualité très moyenne avec deux logos de chaîne en haut de l’écran. Pas trouvé mieux…
ON SECRET SERVICE (1912)
M4V 430 Mo 32 min VOSTFR
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Moins subtil mais plus remuant, « On secret service » met en scène une histoire d’espionnage dont l’action se situe durant la guerre civile américaine. Et puisque le renseignement est depuis toujours une composante décisive des conflits armés, ce genre de sujet n’a rien qui puisse surprendre a priori ; or si l’on peut malgré tout paraître étonné, c’est parce que ce thème se situe à cheval (c’est le cas de le dire) entre deux genres cinématographiques depuis lors soigneusement jalonnés, le western et le film d’espionnage. Deux genres que l’historiographie du 7e art verra pourtant encore se croiser occasionnellement : qu’on songe par exemple à « Springfield rifle » d’André De Toth, avec Gary Cooper. Mais on n’en est pas encore là : daté de 1912 et d’une ambition plus modeste, « On secret service » est surtout intéressant par le fait qu’il est assez représentatif de l’œuvre de Thomas Harper Ince, un réalisateur, scénariste puis producteur particulièrement prolifique, co-équipier de Griffith et considéré ni plus ni moins comme l’inventeur du western en tant que genre cinématographique ; autant vous dire que ce dernier point propulse immédiatement Ince dans mon Panthéon personnel des gens qui ont compté ici-bas. D’ailleurs, petite parenthèse en passant, tous ceux qui croient que Delmer Daves a inventé le western pro-Indien pourront utilement aller jeter un œil à « The Indian massacre », réalisé par Ince la même année que « On secret service ». Inventeur du film fabriqué en série, Ince va donc être l’auteur d’une œuvre abondante au sein de laquelle le thème de la guerre de Sécession occupe une place de choix. Or malheureusement, sa réalisation majeure sur le sujet, « The battle of Gettysburg », compte parmi la liste regrettée des chefs-d’œuvre du cinéma muet dont plus aucune copie ne semble avoir subsisté ; ce n’est donc qu’une manière de pis-aller que je peux vous proposer avec « On secret service ». A noter la présence dans le casting de Frank Borzage, dont les débuts au cinéma se firent en tant qu’acteurs, et le plus souvent sous les hospices de Ince, justement. Quelques incertitudes quant à la copie dont je dispose : le site IMDB mentionne deux bobines, or la présente version dure plus d’une demi-heure. Il n’y aurait donc pas à se plaindre de ce côté-ci, sauf que le final très abrupt suggère qu’il doit manquer quelques images à la fin du film ; je fais donc l’hypothèse de trois bobines. Quant aux intertitres, je nourris des suspicions à leur sujet : la présence de fautes d’anglais manifestes me fait douter qu’il s’agisse bien des cartons d’origine ; de plus, les noms des personnages ne correspondent pas à ceux donnés dans le résumé de l’histoire donné sur IMDB. C’est louche… Toujours est-il que faute de mieux, ce sont ces intertitres que j’ai traduits pour le sous-titrage, la copie provenant d’un TVrip de qualité convenable avec des logos de chaîne plutôt discrets.
BOBBY BUMPS’ LAST SMOKE (1919)
M4V 96 Mo 4 min VOSTFR
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Changeons de style, avec un peu de dessin animé. Réalisée par Earl Hurd, la série des « Bobby Bumps » constitue une étape très importante dans l’évolution technique du cinéma d’animation, puisqu’elle correspond aux premières utilisations du celluloïd. Pour rappel, les pionniers de l’animation comme Emile Cohl ou Winsor McCay travaillaient sur des feuilles de papier opaques, ce qui empêchait tout réemploi d’un dessin lors du passage d’un photogramme au suivant ; il s’ensuivait l’absence de décors, ou tout au moins l’emploi de décors très succins. Le travail sur de l’acétate de cellulose, dont le brevet fut déposé en 1914 par Earl Hurd et son producteur John R. Bray, constitue donc une innovation capitale puisque la transparence du matériau permit d’utiliser le dessin d’un décor fixé une fois pour toutes et sur lequel on pouvait alors se contenter de n’animer que les seuls personnages. Il s’ensuit la création de dessins d’arrière-plan plus élaborés, comme vous pouvez le voir par exemple dans le présent épisode aux alentours de 1’00’’ avec le décor « à la turque ». Les studios Van Beuren et Walt Disney durent d’ailleurs verser jusqu’en 1932 des royalties à Hurd et Bray pour pouvoir utiliser cette technique révolutionnaire pour leurs propres productions. Les studios de John Randolph Bray accueillirent également les premières réalisations des frères Fleischer avant qu’ils ne décident de travailler de manière autonome ; et Hurd reprend d’ailleurs ici un de leurs procédés scénaristiques, celui du jeu entre le personnage animé et la main qui le dessine, au tout début du film. Quant à Bobby Bumps, c’est un petit garçon espiègle inspiré de l’univers de la bande dessinée, et qui accompagné de son chien Fido s’adonne à un plaisir que nous autres austères cinéphiles d’un autre âge ne pouvons plus nous accorder depuis longtemps, celui de faire des bêtises ! Rien d’indispensable là-dedans, certes, mais avec un peu de bonne volonté, ces petites aventures s’avèrent tout de même assez plaisantes, et parviennent sans peine à provoquer chez nous quelques sourires, à défaut d’une franche rigolade. Parmi les nombreux épisodes de la série (de 1915 à 1925), mon choix s’est porté sur « Bobby Bumps’ last smoke » pour le côté rétrospectivement inattendu et corrosif de son histoire, puisque qu’ici notre petit garnement, qui ne semble pas même avoir 10 ans, se met à avoir des hallucinations après avoir fumé une drôle de cigarette… Il se croit alors être arrivé en Turquie ; il s’ensuit un gag tout à fait mystérieux, puisque le chien lui répond : « Non, nous sommes en Hollande » ! Assurément, la blague fait sens aujourd’hui, mais je m’interroge encore sur ce que ce gag a bien pu signifier à l’époque… En tout cas, le rapport aux stupéfiants semble avoir été, au début du XXe siècle, d’une étrange complaisance ; quiconque a vu un jour « The mystery of the leaping fish » de Tod Browning, où l’addiction devient un sujet de rigolade, ne pourra qu’en convenir. Copie restaurée ; quant au travail de sous-titrage, il n’aura pas été cette fois trop harassant, comme vous pouvez l’imaginer ; et même si Bobby m’avait fait goûter à sa trouvaille, j’y serai parvenu quand même !
THE MAD LOCOMOTIVE (1922)
M4V 43 Mo 3 min VOSTFR
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Attention, on descend en gamme avec les deux derniers films de ce programme. Ayant lui aussi fait ses premières armes dans le cinéma d’animation sous la houlette de John Randolph Bray, Walter Lantz deviendra par la suite un des grands noms du cartoon, et travaillera entre autres aux côtés de Walt Disney et de Tex Avery. Son titre de gloire reste la création du personnage de Woody Woodpecker et son célèbre cri, dont il animera les excentricités jusqu’en 1972. Mais comme beaucoup de grands, il a commencé petit, notamment avec la série « Jerry on the job » issue d’un comics trip de Walter Hoban. C’est donc au sein des studios Bray que Lantz va mettre en animation, au rythme d’un toutes les deux semaines, les aventures du garçonnet travailleur des chemins de fer. Un travail d’abattage qui se ressent quelque peu sur la qualité du résultat, le dessin restant assez sommaire, pour des aventures gentiment surréalistes, et dont « The mad locomotive » constitue le dernier épisode : une petite curiosité sympathique, mais vite oubliée. Et comme pour le « Bobby Bumps », c’est un travail de sous-titrage très pépère que j’ai effectué, sur copie restaurée.
SAVED BY THE PONY EXPRESS (1911)
M4V 173 Mo 14 min VOSTFR
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Enfin, retour aux prises de vue réelle avec le dernier film de cette programmation, « Saved by the Pony Express », médiocre western qui trouve le moyen de se montrer ennuyeux alors même qu’il ne dure qu’un quart d’heure ; je n’y ai porté intérêt que parce qu’il fait figurer en tête d’affiche Tom Mix, un acteur pourtant fort estimable, ne serait-ce que pour le rôle fut essentiel qu’il a tenu dans l’essor du western. Ce film de 1911 ne lui rend donc pas justice, mais ce tort sera bientôt réparé, car j’ai de toute façon en projet de vous présenter bientôt Tom Mix sous un jour plus favorable : son importance en tant que pionnier d’un genre que j’affectionne tant lui vaudra dans quelques semaines un post pour lui tout seul, il ne mérite pas moins. Et histoire d’éviter un impitoyable gunfight at Warning Zone Canyon, son confrère William S. Hart aura aussi le sien, pas de jaloux ! Vidéo type TVrip de qualité pas terrible mais regardable, avec deux logos de chaîne relativement discrets ; comme il s’agit d’une copie avec intertitres néerlandais, les sous-titres résultent d’une traduction très indirecte que j’ai réalisée, si mes souvenirs sont bons, d’après des sous-titres tchèques… Bref, du gloubiboulga, heureusement que l’intrigue n’est vraiment pas dure à comprendre.
Un partage et une traduction de







