RIDERS TO THE STARS

 VERSION COULEUR & N&B

(VOSTFR)


Réalisation : Richard Carlson

Casting : William Lundigan, Herbert Marshall, Richard Carlson

Durée : 79 min

Année : 1954

Pays : USA

Genre : Science-fiction


Histoire : Au milieu des années 50, les scientifiques américains ont décidé d’employer les métaux contenus dans les météores pour construire des vaisseaux spatiaux qui puissent résister aux rigueurs du voyage dans l’espace. Dans ce but, il est recruté 12 scientifiques auxquels on fait subir toute une série de tests. Ces hommes ne connaissent pas exactement la finalité de ces tests mais à la fin, trois seront sélectionnés pour partir dans l’espace. La mission est un succès, mais tous ne reviendront pas…



M4V DVDRIP 1.36 Go VOSTFR perso

VERSION COULEUR

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VERSION N&B

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Un nanar de temps à autres, ça n’a jamais fait de mal à personne, voire même cela permet de remettre un peu de sel à notre cinéphilie : se taper tout le temps des chefs d’œuvres, quel ennui ! D’autant qu’on le sait bien, le nanar se démarque favorablement du mauvais film. Les deux ont bien sûr comme point commun d’être ennuyeux à regarder ; mais alors que le mauvais film ne fait que nous exaspérer, le nanar, lui, a quelque chose de réjouissant qui nous porte à la mansuétude, qui peut même aller jusqu’à une certaine sympathie. Et dans le Hollywood des années 50, le cinéma fantastique est incontestablement le plus gros pourvoyeur de nanars. Or, les monstres gothiques ne sortant plus guère de leur caveau depuis la fin de la seconde guerre mondiale, c’est désormais la SF qui va avoir les faveurs du public adolescent. Les modes de consommation changent eux aussi : le drive-in est alors en plein essor, et c’est là que dorénavant on vient en famille regarder du space opera, en faisant semblant (ou pas) de frissonner devant des monstres à pinces de crabes venus d’une autre planète pour attaquer des jolies pépées en pull moulant. Du gros n’importe quoi, oui, mais il faut avouer qu’on rigole bien…


Pur produit de cette mouvance, « Riders of the stars » semble pourtant avoir l’ambition de se démarquer de la production courante, son sujet prétendant même à un certain sérieux. Peine perdue, car comme on le verra, le résultat est tout aussi involontairement drôle que la première créature martienne venue ; toujours est-il qu’au sein de l’univers SF, le film peut faire figure d’objet chimiquement pur, puisqu’il ne contient pas d’élément fantastique à proprement parler : on est dans le sous-genre du « film de conquête spatiale », dont « Destination moon » semble avoir posé les bases de décollage en 1950. Il s’ensuit que « Riders of the stars » semble moins vouloir être un pur divertissement qu’un film présentant un certain aspect documentaire, voire éducatif. Ainsi les séquences les plus intéressantes, centrales dans le déroulement de l’action, sont celles ayant trait au recrutement et surtout à l’entraînement des astronautes, avec bien sûr l’inévitable passage dans la centrifugeuse. On notera d’ailleurs que dans le cinéma fantastique, l’abandon que j’ai déjà évoqué au tout début des années 50 de l’univers gothique pour celui plus coloré de la SF a induit un changement radical de statut pour la figure du scientifique : au classique savant fou des films de la Universal, avec son œil torve, sa démarche claudicante et son laboratoire sinistre, va succéder l’image opposée du jeune beau gosse sportif et fort en maths, menton relevé et regard fier tourné vers l’avenir. Une figure essentielle, car ce scientifique à la tête bien faite se retrouve en pointe dans la lutte engagée contre le bloc soviétique ; ainsi, à l’instar de presque tous les autres films américains de SF des années 50, « Riders of the stars » contient son lot d’allusions au contexte de la guerre froide. Toutefois, comme vous le verrez, lesdites allusions se font ici plutôt discrètes, se limitant à une ou deux répliques sans grande méchanceté ; on est en tout cas bien en deçà, sur ce sujet, du caractère agressif et teigneux que revêtent certains rejetons de la fameuse « série anti-rouge » bien connue des amateurs de film noir.

Sortie en 1954, cette toute première réalisation de l’acteur Richard Carlson se situe dans les années pré-Spoutnik, ou pré-NASA, au cours desquelles le sujet du voyage spatial, tout en se voulant l’anticipation d’une réalité de demain, recouvre encore une dimension très spéculative. A ce titre, malgré un certain nombre de ces incongruités scientifiques inhérentes aux nanars de SF, le film s’avère malgré tout d’une surprenante lucidité prémonitoire lorsqu’il évoque le problème de l’impact du rayonnement de particules sur les voyages spatiaux, puisque la ceinture de Van Allen ne sera mise en évidence et étudiée qu’en 1958, suite aux premières missions Apollo. Le scénario écrit par Curt Siodmak propose alors qu’une mission spatiale habitée aille s’emparer d’un météore afin que celui-ci révèle le secret de sa résistance au rayonnement. Ce thème de la capture d’une roche céleste n’est cependant pas tout à fait nouveau, et « La chasse au météore », roman écrit par Jules Verne en 1901, aurait fort bien pu servir de titre au film : il s’agissait aussi de s’emparer d’une météorite afin d’en connaître la constitution. Cependant, la comparaison s’arrête là, puisque le but de l’écrivain était avant tout de produire une fable morale au cours de laquelle on s’en allait simplement chercher l’astre là où il était tombé ; ici, l’opération va être nettement plus acrobatique, puisqu’il va falloir aller l’attraper en vol… On notera aussi que le film constitue en fait le deuxième volet d’une trilogie imaginée par Ivan Törzs, un producteur de télévision spécialisé dans ce type de SF : on lui doit notamment la série bien connue « Voyage au fond des mers », très vernienne elle aussi. Quant à la trilogie en question, elle est dite « trilogie de l’O.S.I. » (Office of Scientific Investigation) ; le premier volet est « The magnetic monster » (1953) et le troisième est « Gog » (1954). On retrouve dans ces trois films certains interprètes, ainsi que les noms de Curt Siodmak ou Herbert Strock comme scénaristes ou coréalisateurs.

Bon, mais tout cela paraît bien sérieux, me direz-vous… Qu’on se rassure : c’est un nanar en bonne et due forme que je vous ai promis, et vous verrez que je tiens parole. Tout d’abord, les effets spéciaux, critère inévitable pour ce genre de film. Bien évidemment, il ne s’agit pas de les juger à l’aune de notre ère numérique, cela serait bien injuste ; mais même pour l’époque, il faut dire qu’ils sont de toute évidence assez bancals, faute sans doute d’un budget suffisant. Cela nous vaut quelques plans assez rigolos avec des fusées en plastique toutes tremblotantes sur leur fil de nylon ; en comparaison, « Destination moon » bénéficiait du savoir-faire de George Pal, ce qui lui conférait une toute autre allure. Alors pour le côté spectaculaire, il faudra ici plutôt se rabattre sur quelques stock-shots à base de décollages de fusées V2, histoire de ne pas s’étouffer avec les pop-corn à force de rire. Mais tout cela n’est encore rien face à la manière dont le scénario dessine les personnages, car on sait bien qu’en la matière, la finesse psychologique n’est pas le point fort de ce type de film. Ainsi, dès qu’on sort du domaine scientifique, le sérieux impassible avec lequel les comédiens débitent les clichés les plus ineptes s’avère être une source inépuisable de rigolade, ce qui permet en fin de compte de mieux contourner l’ennui que suscite immanquablement ce genre de production d’arrière-garde. A elles seules, les intrigues (?) amoureuses qui parsèment « Riders of the stars » sont d’une bêtise si truculente qu’elles m’ont ravi au plus haut point : de la physicienne sexy qui roucoule d’improbables répliques spatio-sentimentales devant les exploits athlétiques de son spationaute favori, jusqu’aux frissons énamourés ressentis par un astronome pour une bimbo qui pose en maillot de bain pour des pubs de bagnoles (préparez vos mouchoirs, il va se prendre un râteau !), je vous assure qu’il y a de quoi tenir les 80 minutes du film tout en restant de fort bonne humeur.

« Riders of the stars » existe en deux versions. Initialement tourné en couleurs, il va bénéficier à partir de 1956 d’une exploitation télévisuelle pour laquelle ce sont des copies en noir et blanc qui seront utilisées. Or j’ai bien trouvé une version couleur, dont l’image est de qualité moyenne, mais dont la bande son est de très mauvaise qualité. C’est pour cette raison que je vous propose également une seconde version, noir et blanc cette fois-ci, là encore de qualité moyenne pour l’image mais bénéficiant d’une bande son moins dégradée : vous pourrez donc faire votre choix. Le sous-titrage est de ma main, par traduction directe d’après les sous-titres anglais, avec retiming complet et incrustation sur les deux fichiers vidéo. Le film était déjà disponible pour les internautes, l’UFSF l’ayant publié il y a quelques années. Mais outre que leur version était amputée d’une minute au milieu du film (peut-être une coupure pub), le sous-titrage que proposait le blog était par ailleurs assez fantaisiste, donnant à lire des choses souvent fort éloignées de ce qui se disait réellement à l’écran : réalisés d’après des sous-titres russes alors seuls disponibles (ce qui n’est pas un reproche), ces sous-titres français avaient de plus été faits sans aucun soin (là, c’en est un).

Un partage et une traduction de

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