(VOSTFR)
Réalisation : Robert Z. Leonard
Casting : Clark Gable, Constance Bennett, Stuart Erwin
Durée : 71 min
Année : 1935
Pays : USA
Genre : Policier, Drame
Histoire : Jeune journaliste issue de la haute société, Sharon Norwood commence à sortir avec un homme en instance de divorce. Mais son épouse est retrouvée assassinée…
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Autant le dire d’emblée : je n’ai pas aimé ce film… Bien entendu, je ne suis pas ni assez farfelu ni suffisamment inoccupé pour aller passer des heures et des heures à sous-titrer un film qui ne me plaît pas, aussi ce ratage mérite peut-être quelques explications. Il y a tout d’abord l’affiche très alléchante, sur laquelle nous reviendrons ; ensuite les critiques qu’on peut lire ça ou là sur le film donnent un avant-goût tout à fait favorable : celles rédigées sur IMDB sont globalement bonnes, et celle qui figure dans Tulard est franchement dithyrambique. Mais, surtout, les dialogues pétillants signés par Herman Mankiewicz (frère de Joseph, excellent scénariste, et producteur de comédies, notamment des Marx Brothers) laissaient présager, lors du travail de traduction, un résultat des plus enthousiasmant. Patatras ! Le visionnage a mis en évidence un parti pris de réalisation qui m’a fortement déplu : il s’agissait visiblement pour les producteurs de donner à voir une comédie menée tambour battant, pourquoi pas, mais cela n’aboutit qu’à un film épouvantablement bavard (1500 lignes pour 70 minutes, cela aurait dû me mettre la puce à l’oreille), avec une direction d’acteur qui semble avoir imposé aux comédiens d’adopter un état de surexcitation permanent les amenant à nous hurler leurs dialogues dans les oreilles… Tout ce survoltage m’a paru particulièrement pénible, factice et vain, et au fond fort peu cinématographique, d’autant plus que les rares moments de répits de cette épuisante logorrhée relèvent quant à eux du burlesque le plus lourdingue : Gable imitant Popeye lorsqu’il se bagarre avec le méchant, ou bien juché sur le guidon d’une moto de police. Mouais…
L’origine du projet saute aux yeux : il s’agissait pour la MGM de tirer parti de l’énorme succès remporté l’année précédente par « New York Miami », pour lequel Clark Gable (que la MGM avait « prêté » alors à la Columbia) avait reçu un Oscar. Depuis le film de Capra, l’acteur était devenu la star parmi les stars, surnommé « King of Hollywood ». Le revoilà donc dans le rôle du journaliste haut en couleurs, « bad boy » en quête de scoops mondains, faisant tourner sa direction en bourrique, et qui va sortir le grand jeu pour séduire une belle héritière. Mais là où « New York Miami » prenait la forme d’un road-movie (on me pardonnera l’anachronisme du terme), le film de Robert Z. Leonard prend celle d’une comédie policière, un sous-genre très en vogue depuis le succès l’année précédente de « L’introuvable ». L’ombre morose de la Grande Dépression plane à cette époque sur les choix faits par les grandes firmes de production, d’où cette propension à tourner des comédies : s’ajoutant à l’application du code Hayes, une certaine censure non dite impose alors l’abandon des sujets jugés trop sinistres. Ainsi « New York Miami » peut apparaître comme une sorte de pendant comique du formidable « Wild boys of the road » de Wellman ; quant à son succédané qui nous occupe ici, les allusions à la crise passent plutôt par les dialogues : critique sociale bien présente (hormis l’héroïne, les riches sont soit des imbéciles comme la mère, soit des alcooliques cocus, soit des criminels), et une réplique fort drôle où il est question du New Deal, et que je vous laisse le plaisir de découvrir. Précisons pour finir que le prestige de l’affiche ne s’arrête pas à la simple présence de l’incontournable Clark Gable ; car si Constance Bennett semble aujourd’hui avoir été complètement oubliée par une bonne partie de nous autres cinéphiles, certains la mentionnent pourtant comme une des stars les mieux payées d’Hollywood dans les années 30. Et si son visage vous évoque malgré tout quelque chose, c’est certainement pour quelques comédies fantastiques à base d’hommes et de femmes invisibles. Enfin, preuve encore que le casting a réellement souhaité mettre les petits plats dans les grands, quelques seconds rôles et « characters » de qualité viennent faire le complément : Billie Burke, Stuart Ewin, Henry Travers, William Demarest… C’est très bien, tout ça ; mais encore eût-il fallu qu’on s’abstienne de pousser tout ce beau monde à une véritable hystérie collective qui n’aboutit qu’à nous casser les oreilles. Les miennes, tout au moins.
Sous-titres réalisés avec une traduction personnelle (ou plutôt adaptation, histoire que ça soit lisible) d’après les sous-titres anglais, accompagnée d’un retiming précis ; le tout incrusté sur une vidéo de qualité moyenne. Un sous-titrage français pour ce film était déjà disponible sur le net, de qualité immonde ; vous ne perdrez donc pas au change je crois. Quant à la qualité du film en lui-même, j’espère que vous saurez mieux l’apprécier que moi…
Un partage et une traduction de









