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(VOSTFR)
Réalisation : Herbert Wilcox
Casting : Anna Neagle, Trevor Howard, Marius Goring, Peter Ustinov
Durée : 117 min
Année : 1950
Pays : Angleterre
Genre : Guerre, Drame
Histoire : Odette est une Française réfugiée à Londres durant la Seconde Guerre mondiale, mais on la renvoie en France pour une mission d’espionnage. Elle est bientôt arrêtée par les Allemands et envoyée en camp de concentration. Ayant prétendu être la femme de Peter Churchill qui dirigeait la résistance française, on la croit membre de la famille du Premier Ministre britannique et on l’épargne…
MKV HDLight 1080p 1.95 Go VOSTFR
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Comme je l’avais mentionné il y a quelques temps au sujet de « Vainqueur du ciel », le cinéma britannique d’après-guerre fut très préoccupé par la célébration de ses héros du conflit mondial, donnant lieu à une multitude de petits films de guerre principalement destinés au marché intérieur. Loin des mâles et démonstratives péripéties aériennes qui faisaient le sujet du film susnommé, « Odette » se présente lui aussi sous la forme d’un biopic hagiographique et s’attache à un type de personnage tout aussi essentiel pour l’accès à la victoire que celui de « Vainqueur du ciel », mais d’un caractère diamétralement opposé : une femme de l’ombre… Nous voilà donc dans un film d’espionnage en bonne et due forme, le sous-genre étant celui du « film de résistants », puisque l’action se déroule principalement dans le sud-est de la France occupée.
De ce qu’on peut lire de leurs biographies respectives, il apparaît que « Odette » retrace avec exactitude ce que furent les parcours respectifs durant la guerre des deux héros du film, Odette Sansom et Peter Churchill, qui convolèrent en justes noces une fois la paix revenue. Missions, arrestation, déportation, tel se présente le terrible enchaînement pour chacun d’eux, et qui fait ainsi office de découpage pour le film qui en revanche passe très rapidement sur les premières phases de leur engagement (recrutement par le SOE puis entraînement militaire). La première moitié du film, qui retrace donc les missions effectuées par les agents britanniques, revêt une tonalité semi-documentaire qui aurait pu être du plus vif intérêt si elle avait été accompagné d’un simple effort de mise en scène ; mais la platitude de la réalisation ne fait que la rendre répétitive et ennuyeuse. Par une cruelle ironie propre au cinéma, c’est lorsque les choses s’enveniment pour nos deux personnages que ça commence à aller mieux pour nous : bien calés au fond de notre canapé, nous sortons enfin de notre torpeur pour les voir entrer, eux, dans les couloirs de la Gestapo… Dès lors, la banalité atone de la mise en scène a beau se poursuivre, elle ne constitue plus une gêne car le traitement réaliste du sujet se poursuit lui aussi, et implacablement : interrogatoires, tortures, mise à l’isolement, duplicité des officiers allemands, vie dans le camp de Ravensbrück, tout est montré avec une froideur ni complaisante ni démonstrative qui rend cette seconde partie du film bien plus marquante et convaincante que ne l’était la première, et donne tout son intérêt à l’ensemble.
Réalisateur du film, Herbert Wilcox fut surtout un producteur, typique de ceux qui s’attachent à leur marché national : ses films sont essentiellement destinés à intéresser les sujets britanniques, et leurs thématiques ne les destinent généralement pas à l’exportation. Comme metteur en scène, Wilcox ne fut réellement inspiré que pour « La reine Victoria », le reste de sa filmographique étant plus anecdotique. J’ai souligné précédemment l’absence de relief de sa mise en scène pour « Odette » ; mais au fond, c’est de sa part ce qu’il y a de mieux à attendre, car dès qu’il tente de sortir de l’ordinaire, ne serait-ce que quelques secondes, on frôle la catastrophe. Et si « Odette » reste d’une bonne tenue générale, il contient tout de même de ce fait quelques dangereuses incursions, heureusement très rapides, dans l’humour involontaire. Ainsi ce dialogue entre deux gardiens allemands dans un camp : « Les Anglais sont fainéants. Ils ne savent même pas parler allemand. » L’autre : « Mais il paraît que Winston Churchill parle 10 langues. » Le premier : « Oui, mais il ne sait pas dire nazi. » Aïe, aïe, aïe, mais qu’est-ce qu’il lui a pris… Fort heureusement, le film possède d’autres atouts, en particulier sa distribution : dans le rôle principal, Anna Neagle est tout à fait convaincante. Peu connue par chez nous, cette actrice a eu comme particularité de ne jouer que pour un seul réalisateur, Herbert Wilcox donc, avec qui elle s’était mariée. Dans le rôle de Peter Churchill, l’inusable Trevor Howard joue pour la énième fois les héros de guerre, avec un talent qui ne se dément jamais ; sa filmographie est d’ailleurs très éloquente : « Commando par ici », « Opération par là-bas », il y en a des dizaines comme ça, il ne devait plus savoir où mettre ses croix de guerre… Enfin, surprise, un des seconds rôles est tenu par Peter Ustinov dans un curieux contre-emploi : connu pour ses interprétations de personnages tout en couardise et veulerie, le comédien tient ici le rôle d’un vaillant et courageux agent-émetteur qui finira exécuté par les Allemands. A noter que l’univers du renseignement était familier à Ustinov : d’abord espion allemand durant la première guerre mondiale, il avait ensuite changé de camp et été recruté par le MI5 anglais au milieu des années 30, puis avait officié pour le MI6 pendant le second conflit mondial.
Les sous-titres ne résultent pas d’une traduction personnelle mais proviennent d’une diffusion télé ; les ayant trouvés de bonne qualité, je n’y ai rien retouché, pas même le découpage, je me suis donc contenté de réadapter le timing à la copie blu-ray.
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