+ COURTS-METRAGES
(HD-VOSTFR)
Réalisation : John Ford
Casting : Harry Carey, Duke R. Lee, George Berrell
Durée : 62 min
Année : 1917
Pays : USA
Genre : Western
Histoire : Flint engage Cheyenne Harry pour chasser Sweetwater Sims et ses deux enfants Joan et Ted de leur terre. Après un grave incident, Cheyenne décide de changer de camp et d’aider les fermiers.
MUET
MKV HDLight 1080p 1.03 Go VOSTFR perso
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Longtemps genre-roi du 7e art avant sa tombée en désuétude dans les années 60, le western est aussi vieux que le cinéma lui-même, tout au moins quand celui-ci s’est mis à nous conter des histoires : ainsi le fameux « Great train robbery » de 1903 passe pour être le premier film de fiction qu’on ait tourné. On l’aura oublié depuis, mais le temps du cinéma muet fut celui de la réalisation d’une très grande quantité de westerns, en général de format court, tournés rapidement et dont la plupart sont aujourd’hui perdus. Au milieu de cette production foisonnante mais de faible qualité, quelques oeuvres plus ambitieuses et de format plus long furent également tournées, et qui permirent à certains futurs grands noms associés au genre de se faire leurs premières armes.
John Ford est un tout jeune metteur en scène de 22 ans lorsqu’il réalise « Straight shooting », son premier long-métrage. Parmi les 9 westerns qu’il a tournés en 1917, c’est le seul avec « Bucking Broadway » à avoir survécu à l’épreuve du temps et nous être parvenu complet. C’est un film surprenant à plus d’un titre, et que tout bon amateur de western devrait avoir la curiosité de regarder : en premier lieu par sa très bonne tenue générale, ensuite par le sérieux de sa tonalité qui tranche avec la relative futilité qui était de mise dans la production courante des westerns d’alors, enfin parce que de manière très surprenante certains aspects du film portent déjà la marque caractéristique de Ford et anticipent sur ses œuvres de maturité ; c’est ni plus ni moins que l’éclosion d’un grand auteur à laquelle « Straight shooting » nous permet d’assister. A ce sujet, la littérature cinéphilique a largement glosé sur ces fameux plans vus par l’encadrement d’une porte et qu’on retrouvera bien plus tard dans les œuvres majeures de Ford comme « The searchers », ou encore cette scène typique du réalisateur durant laquelle les personnages viennent se recueillir et dialoguer avec les disparus (voir par exemple l’ouverture de « Liberty Valance »). Quant à l’intrigue générale, elle n’est pas propre à Ford mais repose sur une confrontation aussi vieille que la préhistoire, ou que la Genèse (Abel et Caïn) : il s’agit de celle qui oppose les éleveurs aux agriculteurs, et qui sous-tendra les intrigues de bon nombre de westerns à venir.
Le sérieux du film que j’évoquais plus haut tient à différents facteurs, par exemple dans les nombreuses notations réalistes qu’introduit Ford dans sa description de l’Ouest : voilà donc un western où il pleut, et où le duel dans la ville (façon « High noon ») se règle au fusil de chasse… Mais cela tient aussi à la complexité du personnage incarné par Harry Carey : en proie au doute permanent, il est tout en nuances et en hésitations ; sa recherche de rédemption semble être de l’ordre de l’inconscient, et il y a quelque chose de réellement touchant dans son irrésolution face à la possibilité qui s’offre à lui de pouvoir se sédentariser, lui le lonesome cowboy errant par nature. Et c’est là l’occasion pour nous d’être subjugués par le charisme indéniable d’Harry Carey, formidable incarnation du « westerner » bien avant les John Wayne et autres Gary Cooper, et auquel Ford rendra des hommages appuyés durant toute sa carrière (voir par exemple « Three godfathers »). Encore marqué par les pionniers que furent Tom Mix et surtout W.S. Hart, le jeu de Carey s’en démarque cependant par ces nuances de gravité mélancolique qu’il a su apporter. On peut d’ailleurs noter, à ce propos, qu’une fin bien moins heureuse que celle finalement tournée avait été prévue par Ford et son scénariste pour clore « Straight shooting » ; mais la dictature du happy end, déjà à l’œuvre, en a voulu autrement. En tout cas, on l’aura compris, voilà un film de 1917 qui s’avère d’une étonnante modernité, et cela malgré certains aspects beaucoup plus archaïques, comme le statisme de la caméra et un découpage parfois hasardeux.
En bonus, je vous livre deux autres westerns muets beaucoup plus anecdotiques, petites oeuvrettes d’une bobine comme il en florissait dans les années 1910. Dans « Three million dollars » réalisé par Allan Dwan en 1911, le Far West n’est que le décor pauvrement exploité d’une petite comédie sentimentale sans envergure. Daté de la même année, et en lui-même sans grand intérêt, « De wigwam » a cependant pour lui d’être une vraie curiosité : d’abord parce qu’il a été tourné par un gamin de 13 ans, attestant par là de la forte empreinte qu’ont longtemps eues les histoires de cowboys et d’Indiens sur l’imaginaire des gamins, ensuite parce que la provenance néerlandaise de ce western nous rappelle que le genre-roi du cinéma a très tôt traversé l’Atlantique. Quant à Joris Ivens, le réalisateur en culottes courtes de cette petite bobine naïve, il deviendra plus tard un des grands noms du cinéma documentaire.
Sous-titrage faits avec une traduction personnelle des cartons anglais pour les films de Ford et de Dwan, et d’après des sous-titres anglais et les cartons néerlandais pour « De wigwam ».
THREE MILLION DOLLARS (1911)
MKV 89 Mo (16 min) VO + SRT perso
https://1fichier.com/?q7r2o1ckfptfr825ypmd
DE WIGWAM (1911)
MKV 93 Mo (7 min) VO + SRT perso
https://1fichier.com/?y6b28rkx8811ty8du50d
Un partage et une traduction de













