HD
(VOSTFR + VF)
Réalisation : Stelvio Massi
Casting : Tomás Milián, Gastone Moschin, Ray Lovelock
Durée : 94 min
Année : 1974
Pays : Italie
Genre : Thriller, Policier
Histoire : À Pavie, le gang d’un bandit dangereux « le Marseillais » vole une voiture dans laquelle se trouvent des centaines de millions de lires, laissant sur le sol, entre autres, le corps d’un policier. L’enquête est confiée à l’inspecteur d’Interpol Tomas Ravelli, venu spécialement de Marseille. Cependant, en raison de ses méthodes drastiques, Ravelli est contrecarré par l’inspecteur Calò .
M4V HDLight 1080p 1.47 Go VOSTFR
https://1fichier.com/?mi4054jr03evg9aew0d7
VF
https://1fichier.com/?vkytxmytfn2hhgzcoq6j
Allez hop, un nanar ! Une fois n’est pas coutume… Parce qu’après tout, le cinéma, ça n’est pas (toujours) sérieux, et que c’est même parfois un peu bas du front : le cinéma bis italien aura, à ce titre, abreuvé jusqu’à plus soif toute une génération de cinéphiles avec du sensationnel bon marché. Certes, l’avis qui suit n’engage que moi, mais disons que le poliziottesco est au film noir ce que le Big Mac est à la gastronomie : c’est moche, vite avalé, fabriqué à la va-vite, bourré de cochonneries, mais allez savoir pourquoi, on a quand même envie d’en reprendre ! Et « Brigade volante », alors, c’est ketchup ou mayo ? Avec Stelvio Massi, pas la peine de se poser la question, c’est les deux à la fois, tous les ingrédients bourratifs de ce sous-genre mal famé étant là pour composer le plat. Il ne reste plus qu’à souhaiter bon appétit, et entamer le service : écriture à la va-comme-je-te-pousse, mise en scène foutraque, dialogues putassiers, personnages dessinés au marteau-piqueur, racolage éhonté du spectateur à grand renfort d’hémoglobine et de plans nichons complètement gratuits, j’en passe et des meilleures, bref on ne peut pas dire que l’ambiance soit guindée ! Et c’est pourtant un des authentiques mystères de l’âme humaine que recèle cet hallucinant inventaire du mauvais goût, car on s’aperçoit qu’en le regardant, on ne s’ennuie pas une seconde… Mais là, après tout, c’est peut-être ceci qui explique cela. Et pour un peu, on en redemanderait ! Pauvre de nous…
Un de mes amis, fin connaisseur de ces bas-fonds de la cinéphilie, ayant autrefois entrepris de m’initier au poliziottesco, l’avait fait en ces termes : « Rassure-toi, c’est pas compliqué. Il y a le poliziottesco de droite, et celui de gauche. Le premier, le facho, cherche à singer Dirty Harry, et on le reconnaît tout de suite sur l’affiche parce qu’il y a Maurizio Merli et qu’il porte une moustache. Dans le second, le gaucho, c’est Serpico qu’on cherche à imiter, et sur l’affiche on voit Tomas Milian et il porte la barbe. Simple, non ? ». C’est donc fort de cet enseignement pointu mêlant politique et pilosité que j’ai cru pouvoir opérer sans encombre un classement pertinent pour « Brigade volante ». Las ! C’était faire fi de toute la profondeur sémantique de l’oeuvre, puisque d’une part on y voit Tomas Milian arborer une superbe moustache, et que d’autre part en matière d’orientation politique, je suis tombé sur un film qui pratique le « En même temps »… Oui, je sais, la formule vous rappelle quelqu’un de plus actuel, mais ne partez pas pour autant en courant, car Stelvio Massi, pas en reste sur le mauvais goût, n’aura cependant pas poussé celui-ci jusqu’à donner dans le centrisme mou, ce qui aurait été bien ennuyeux. Non ! « En même temps », parce que le film se propose d’être tout à la fois gaucho ET facho. Comme ça, tout le monde est content, et on peut rigoler deux fois plus : le cinéma bis est avant tout un art de la générosité… En outre, cette réunion inattendue des extrêmes nous vaut, dans ce film décidément passionnant, un enchaînement surréaliste au cours duquel l’infatigable Milian, après être allé fumer des joints au fond d’un squat avec des étudiants anars en plein trip, s’en va tout de go, dans la demi-heure qui suit, faire régner l’ordre et la sécurité de manière bien plus expéditive que marxiste… Et lors de la scène finale, il se range à l’opinion d’un certain Charles B., grand penseur qui estimait qu’en matière de justice, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Quant à mon pote bisseux, il avait tort : le poliziottesco, c’est en fin de compte un sujet complexe qui reste difficilement accessible, à moins d’avoir fait science-po ET une formation de barbier. En même temps.
Sous-titrage hybride : j’ai repris une traduction réalisée précédemment par Ginovilapierre (merci à lui), dont j’ai refait un tiers des répliques afin de corriger diverses erreurs de forme. Je ne sais pas sur quelle base cette traduction avait été faite, peut-être les sous-titres anglais, en tout cas c’est ceux-là que j’ai utilisés lorsque j’ai parfois retouché le sens. Refonte complète du timing, as usual, et synchronisation sur la HD. Bon film !
Un partage de
& SADE pour la VF











