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(MULTILANGUES)
Réalisation : Joe D’Amato
Casting : Jack Palance, Laura Gemser, Gabriele Tinti
Durée : 92 min
Année : 1976
Pays : Italie
Genre : Drame, Aventure, Érotique
Histoire : Un vieux play-boy vit entouré de reptiles. Un jour, il découvre un spectacle érotique au cours duquel une fascinante jeune femme asiatique danse avec un cobra.
MKV HDLight 1080p 2 Go MULTILANGUES
Audio : Français & Anglais
Sous-titres FR traduit de l’italien
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Eva Nera/Voluptueuse Laura : Le petit Joe D’Amato made in Hong-Kong !
Joe D’Amato alias Aristide Massaccesi n’avait vraiment connu, pour les titres, les sujets, ou la folie cinématographique qui nous intéressent vraiment, qu’une période dorée qui couvrait les années 1975 jusqu’à 1983. Avant 1975, Aristide Massaccesi était surtout au service des producteurs, tournait toute œuvre de commande en faisant ses classes, c’est-à-dire en se montrant extrêmement professionnel, concis dans le tournage, avec un maximum de rendu à l’écran, le tout avec un budget parfois modeste. Un très solide travail de professionnel, afin de se distinguer de ses pairs concurrents puisqu’il s’agissait incontestablement d’une compétition pour devenir réalisateur, puis se confirmer. Aristide Massaccesi, lui, voyait déjà plus loin. Il mijotait un modèle économique qui lui aurait permis, une fois que celui-ci serait bien rôdé, de devenir son propre producteur et de gagner en indépendance. Justement, Eva Nera/Voluptueuse Laura contient toutes les qualités, mais également les défauts, de ce futur business plan made in Joe D’Amato.
Eva est une superbe danseuse exotique qui évolue dans le monde interlope de la nuit à Hong-Kong. En revenant d’un vol, elle fait la connaissance de Jules Carmichael, interprété par Gabriel Tinti. Son frère, Judas, joué par Jack Palance, la remarque et s’entiche d’elle. Il commence à la couvrir de cadeaux, de présents, pour lui offrir une promesse d’existence aisée sans guère de contrainte. Toutefois, Judas présente quelques singularités, dont celles d’être manifestement très riche d’une part et de posséder un vivarium où évoluent des serpents extrêmement mortels d’autre part. La venue d’Eva, qui aime pourtant les femmes, va provoquer un bouleversement dans la relation entre les deux frères, jusqu’à ce que celle-ci deviennent vénéneuse et, même, emprunte un chemin mortel pour Laura et son entourage.
Eva Nera/Voluptueuse Laura demeure incontestablement une très petite production. On devine sans mal que l’essentiel du budget est passé dans le cachet du grand Jack Palance dont il s’agit d’ailleurs de l’une des plus faibles productions à laquelle il participa. Effectivement, Hong-Kong fait figure de terre promise pour Joe D’Amato : il n’y avait pas besoin de permission de tournage et les lieux étaient donc…gratuits ! En outre, l’action demeure mince, le casting est fort réduit avec seulement trois personnages principaux puis quelques courtes présences à l’écran, ici ou là, du reste de la distribution anonyme et donc peu chère. Sachant que Joe D’Amato était capable d’assurer lui-même la photographie à l’écran, de même qu’il avait conçu un système d’harnachement pour tenir la caméra lui-même et, de fait, se passer d’un chef-opérateur, il s’agissait d’un tournage flexible, fait à l’économie, avec peu de monde derrière la caméra. L’autre très grande compétence de notre réalisateur résidait dans son aptitude à enchainer les films, et incidemment, les pseudonymes, en nombre conséquent !
Toutefois, les trois têtes d’affiches demeurent des plus intéressantes et notamment le grand Jack Palance. Ancien mineur, reconverti après la seconde guerre mondiale, et une reconstruction faciale due à des blessures de guerre, Jack Palance gagna en importance, et en talent, dans des films divers, généralement d’action, des polars ou des westerns, où sa présence physique, doublée de solides compétences dramatiques qui ne cessèrent de s’affiner avec les années. Justement, il vint quelque peu au cinéma européen avec Le mépris, de Goddard, ou encore Léon Klimonsky, ou encore Sergio Corbucci pour au moins deux films…Le grand Fernando Di Léo raconta de lui qu’il enchainait les tournages sans réellement lire les scripts ou même sélectionner réellement les films. Seules comptaient les dates de tournages, les lieux, et les émoluments. Effectivement, Jack Palance avait tellement de métier que sa présence envahissait et emplissait l’écran, le tout sans effort…

Laura Gemser commençait alors réellement sa carrière, qui ne dura, en tout et pour tout, qu’une bonne dizaine d’années. En effet, croiser le chemin de Joe D’Amato lui fut bénéfique, après le tournage du premier Black Emanuelle de Bito Albertini, ce fut sur le second Black Emanuelle puisqu’elle collabora trente fois avec notre tumultueux réalisateur producteur, et il était avéré que de solides souvenirs, ainsi qu’une forte estime réciproque lia ses deux personnes.
En France, les fans se souviennent surtout de la carrière de Gabriel Tinti par ces collaborations continues avec son épouse depuis 1976, Laura Gemser. C’est injustement méconnaitre la quantité de films que tourna, auparavant, notre acteur alors à l’aise dans tout type de rôle, et cela avec une très belle variété de réalisateurs (Victorio De Sica, Carlos Saura, Jean Girault, Robert Lamoureux…) et de genres. Si Laura Gemser et lui tournèrent ensemble, pour beaucoup, avec Joe D’Amato pendant une intense période, la carrière de Laura Gemser pâlit dès le terme de sa position en tête d’affiche tandis que celle de Tinti continua jusqu’à sa mort en 1991 causée par un infarctus.
L’autre point fort de Eva Nera/Voluptueuse Laura demeure incontestablement la musique du grand Piero Umiliani. Très grand jazzman italien, capable aussi dans la bossa nova, productif, les participations d’Umiliani apportèrent incontestablement une belle plus-value, ainsi qu’un charme certain aux films qui surent s’assurer de sa participation. Bien que l’essentiel de sa production fut dédiée aux années 60 et 70, Piero Umiliani sut s’adapter à tous les genres et tous les styles. Son titre de gloire, paradoxalement, fut un titre Mah-nà Mah-nà que la télévision américaine ou anglaise, avec les Muppet show, 1 rue Sésame, ou même Benny Hill surent s’approprier pour l’élément comique et de décalé de cette musique (alors faire un tour sur Youtube pour vous en souvenir ou même la découvrir). Les bandes originales de Joe D’Amato offraient alors une qualité qui demeure absente depuis le terme de cette génération de grands musiciens (Morricone, Cipriani, Umiliani, Ortolani…) qui ne sera que très faiblement compensée, notamment par les frères De Angelis. Regrettons que plus aucune production moderne n’offre une telle qualité, et cela pour un budget infiniment supérieur !
Rappelons également qu’ Eva Nera/Voluptueuse Laura s’inscrit dans un courant commercial très important des années 70 : celui des films érotiques ! Lancé par le succès fulgurant d’Emmanuelle, Joe D’Amato reprit alors la série des Black Emanuelle avec, à la fois, opportunisme et professionnalisme. Si ce courant de productions au nombre important demeure presque totalement oublié de nos jours, il semble en effet qu’il n’y ait pas de fans pour nous entretenir de ce courant, c’est principalement parce que ces films étaient assez soporifiques, ternes et, pire que tout, passaient à côté de leur objet premier, à savoir titiller la libido du spectateur. Joe D’Amato s’en tire haut la main avec sa série de films Black Emanuelle et, même, paradoxalement, présente une image de la femme qui choisit son destin, ses amants, son appétit avec une réelle maîtrise. Un schéma intéressant qui fut proprement ignoré par les médias à part, rendons lui hommage, Norbert Moutier qui analysa cette donnée avec une splendide acuité.
Pour conclure, concevons Eva Nera/Voluptueuse Laura pour ce que ce film vaut : une très petite production, dotée de solides atouts, peu, mais qui dégagé un certain charme, révolu, d’un cinéma de jadis. De bons acteurs, un réalisateur compétent, mais un script aux enjeux un peu faibles, avec cependant un élément horrifique pour le moins retentissent. Mais notre film peine quelque peu de maintenir l’intention pendant toute sa durée.
Vous vous y laisserez séduire si vous prendrez le temps de vous pencher sur notre réalisateur, pendant sa période la plus intéressante s’entend. Celle-ci avait d’ailleurs commencé avec l’assez bon Françoise et Emmanuelle, avec déjà George Eastman devant la caméra et Bruno Mattei au montage, et qui finit en feux d’artifices avec Caligula, la véritable histoire ! Après ce fut l’assez terne aventure de Filmirage et, après son naufrage, la période pornographique de notre réalisateur/producteur qui avait pourtant tellement, tellement mieux à délivrer au monde du cinéma.
Un repack de
DAN
Une traduction de
NICOLAS HERNANDES
Une presentation de
TINTERORA




















